Publié le: 28 Juillet 2006
Par: Yannick Henri
Lien: http://www.duathlonvaldaran.com/

Eternel Val d'Aran

Photo par Yannick Henri

Ce dimanche 23 juillet se déroulait le 14ème duathlon international du Val d’Aran, au cœur des Pyrénées. L’épreuve, organisée de main de maître par l’équipe de Pascal Sancho, est annoncée comme étant la dernière édition
Est-ce une conséquence de cette décision, car l'événement accueillait pour l’occasion un plateau très relevé ainsi qu’un nombre de participants très important.
400 athlètes ne s’y sont pas trompés et ont ainsi voulu profiter d’un parcours exceptionnel par sa beauté et sa difficulté.

Au menu : 9km à pied empruntant routes et chemins avec 300 m de dénivelé positif en guise de mise en bouche. Suivent 85km de vélo agrémentés de 400m de dénivelé positif avec l’ascension par deux fois du célèbre Col de Menté (1ère catégorie) par ses deux versants et qui constitue le plat de résistance. Enfin, en dessert une course à pied de 16km (180m de dénivelé positif) exclusivement en chemin, et qui termine ce menu fort copieux. Et c’est bien là, dans la difficulté du parcours que le « Val » a bâti sa légende, au delà des frontières de l’hexagone. Et c’est vrai que les favoris tant français qu’étrangers sont nombreux à vouloir inscrire leur nom parmi les vainqueurs de cette épreuve mythique.
Laurent Galinier (ESMGO) Nicolas Capoferi (MEAUX) Laurent Dodet (TEAM MERMILLOD), Vincent Aldebert (ESMGO), Cyril Balester (CESSON) tous membres de clubs pensionnaires de la première division des Grands Prix de duathlon représentent les meilleures chances françaises. Les portugais Serras Alcino, Custodio Antonio, les suisses Marco Buri, Jonas Baumann, les espagnols Manesterio Mikel, Urisar Otamendi et Satxi se placent comme les plus sérieux prétendants étrangers à la victoire.

Pourtant tous ces athlètes font preuve d’humilité et de prudence lorsqu’on les interroge sur leurs prétentions sportives, lors de la soirée de présentation la veille de l’épreuve, tant le Val d’Aran est une épreuve spécifique, si particulière qu’elle a donné lieu par le passé à des scénarios riches en rebondissements, accablants les uns, couronnant les autres, mais délivrant toujours en vainqueur un athlète assurément de haut rang.
Pour ma part, j’éprouve à l’égard du Val d’Aran un véritable attachement : c’est l’épreuve qui m’a initié au duathlon en 2003, et m’a ainsi permis de découvrir par la suite le triathlon. Mes prétentions sont ambitieuses : après une 19ème place en 2003, une 13ème place en 2004, puis une 15ème place en 2005 je rêve d’accrocher le Top 10 cette année. Mais en pleine préparation pour Hawaii et avec 19h30 d’entraînement hebdo au compteur avant le départ, je n’ignore pas que la tache sera rude, très rude.

9h30 : le départ est donné sous un soleil voilé et une atmosphère lourde. Des brumes typiquement pyrénéennes s’accrochent aux sommets environnants. L’imposant peloton s’étire avant même l’entame de la partie ascendante du parcours, malmené par le rythme déjà rapide imposé par les favoris. Les sensations ne sont pas au rendez-vous mais je ne m’affole pas, la course est longue. Nous quittons la route après 1km pour emprunter un chemin qui s’élève au milieu des prés, et nous mener jusqu’au hameau de Melles, point culminant de cette première course à pied. Les appuis sont fuyants, je n’aime pas ça et perds beaucoup de places. A Melles nous retrouvons la route qui descend pendant deux bons kilomètres jusqu’à Fos, village de départ. Cette partie est particulièrement difficile à négocier car très traumatisante musculairement. J’essaie de ne pas me laisser entraîner en survitesse pour limiter ce phénomène et préserver ainsi mes forces pour la suite. Au bas de la descente, Km 6, il reste 3km en chemin légèrement vallonné.
C’est en 36ème position que je rentre au parc pour enfourcher le vélo et attaquer la partie cycliste du "Val", le cœur de l’épreuve. Les 8km de plat jusqu’au pied du Col de Menté sont avalés rapidement. Se présentent alors les premières pentes du Col de Menté, véritable juge de paix du parcours cycliste que nous gravirons par ses deux côtés. Col de 1ère catégorie, 10km de long, 9,2% de moyenne, le col de Menté donne aux concurrents du Val d’Aran l’impression de renter dans un mur dés les premiers mètres : le contraste de vitesse et de braquet employé avec la portion de plat précédent est énorme; de plus la 1ère course à pied a déjà laissé des traces. Je ne parviens pas à trouver mon rythme, moi qui affectionne pourtant les parcours montagneux. Inexorablement, je lâche prise et laisse filer des adversaires redoutables et expérimentés. Le suisse Marco Buri est l’un d’eux. Prudent lors de la 1ère partie pédestre, l’athlète helvète grimpe en souplesse avec la régularité d’un métronome. Je le garde longtemps à vue avant de céder définitivement. Je passe au sommet aux alentours de la 50ème place. La descente qui suit est technique et rendue dangereuse par une chaussée humide et une visibilité réduite par la brume. Mal à l’aise, crispé, je concède encore quelques places avant de gravir à nouveau le Col de Menté (par le côté que nous avons descendu); le parcours nous emmène faire 30km aller-retour avec le Col de Buret, roulant, que nous escaladerons deux fois. Je croise alors la tête de la course : c’est Vincent Aldebert qui est en tête et mène un train d’enfer. De mon côté, les sensations reviennent doucement et j’espère alors retrouver mes jambes dans le seconde ascension du Menté comme ce fut le cas en 2005 où j’étais passé de le 35ème à la 19ème place. Malheureusement ce n’est pas le cas et l’embellie entrevue au pied du col ne se confirme pas : je bascule en 31ème position. Nouvelle descente technique, sur route sèche cette fois-ci, avec des vitesses dépassant allègrement les 80km/h et nous voici de retour dans l’unique portion à peu près plane du parcours qui mène au parc à vélo où je pénètre en 28ème position. Je comprends définitivement que le Top 10 est hors d’atteinte. Je croise Vincent Aldebert à mi-parcours de sa première des deux boucles de la dernière course à pied. Je l’encourage, il est encore en tête, poursuivi par Nicolas Capoféri. De mon côté la foulée est assez rapide et je gagne du terrain sur les concurrents qui me précèdent. Tout se complique sur la partie technique de la course où nous empruntons une succession de courtes montées et descentes en sous-bois sur des chemins fort caillouteux. Je ne trouve pas mes appuis, et crains une nouvelle entorse après celle du mois de mars. Malgré tous mes efforts je ralentis et me fait doubler par quelques concurrents, je suis à nouveau 28ème à la fin, du premier tour. Comme souvent ma fin de course est rapide et mon deuxième tour passe comme une lettre à la poste : j’ai l’impression que le moteur s’est débridé, cela me permet de remonter 8 d’entre eux et de franchir la ligne en 20ème position, juste derrière l’inusable Yves Tabarant, 19ème et V4 !
La victoire revient à Vincent Aldebert qui a su résister au retour de Nicolas Capoféri 2ème, le portugais Alcino Serras complétant le podium.

Vincent qui s’impose pour la première fois au Val d’Aran a eu la gentillesse de me raconter sa course :
« Lors de la première course à pied, j’ai simplement cherché à garder le contact avec la tête de la course en étant prudent dans la descente après Melles. En vélo, j’ai été vite dans le rythme tout en temporisant dans les premiers kilomètres. Suite à l’attaque de Laurent Galinier dans la première ascension du Col de Menté, nous ne sommes plus que trois en tête avec Nicolas. Je suis distancé dans la descente mais reviens avec le col des Ares, je mets un bon tempo : Galinier cède le premier, puis Capoféri est à son tour est distancé. Je me retrouve seul en tête. Je roule fort sur la partie roulante qui précède la seconde ascension du Menté que je gravis avec de bonnes sensations. Après une descente prudente, je rentre au parc avec 4 min. d’avance sur Capoféri, Galinier ayant abandonné. Je n’étais pas serein sur la 2ème à pied, craignant le retour de Capoféri qui est rapide. Je me suis accroché. C’est une grande satisfaction pour moi que de remporter le Val d’Aran : c’est une épreuve à part, très spécifique, et après plusieurs podiums, m’imposer ici me comble. »
Vincent sera au départ de l’Embruman le 15 août.

Chez les filles, en l’absence d’Alexandra Louison vainqueur en 2005, c’est Magalie Lopez qui s’impose devant l’ancienne championne cycliste, au palmarès très fourni, Marion Clignet. Anne Valero monte sur la 3ème place du podium.

Encore une fois, le duathlon international du Val d’Aran a tenu ses promesses : un plateau de haut niveau (seulement dix français dans les 20 premiers), un parcours exceptionnel et une organisation sans failles. Les 200 bénévoles accueillent tous les athlètes avec la même gentillesse, un enthousiasme et un sourire qui vous ravissent.

Pascal Sancho, président du comité d’organisation, a présenté l’édition 2006 comme étant la dernière. C’est impossible, cela ne doit pas être. Le Val est unique et occupe une place à part dans le calendrier. Tout amateur du « long » se doit de participer au moins une fois au Val.

Alors s’il vous plait M. Sancho rendez-vous à Fos fin juillet 2007 pour la 15ème édition.

En photo : Vincent Aldebert

Duathlon Longue Distance International du Val d'Aran
Val d'Aran, France

Dimanche 23 juillet 2006
Course 9km Vélo 85km Course 16km

Top 10 masculin :
1 ALDEBERT Vincent FRA 4h17'28
2 CAPOFERI Nicolas FRA 4h18'54
3 SERRAS Alcino POR 4h23'23
4 URIZAR OTEMENDI Patxi ESP 4h27'00
5 MANESTERIO Mikel ESP 4h28'13
6 HUMBERT Thibaut FRA 4h29'01
7 BAUMANN Jonas SUI 4h29'24
8 CUSTODIO Antonio POR 4h30'07
9 BURRI Marco SUI 4h31'51
10 RETZLAFF Sebastian ALL 4h32'17

Top 3 féminin :
1 LOPEZ Magalie FRA 5h14'17
2 CLIGNET Marion FRA 5h19'31
3 VALERO Anne FRA 5h36'36

> fin de l'article

commentaires


28 Juillet 2006, par : phiphiTiens ,Marion Clignet ,la "Pistarde" ,2 ième !?


28 Juillet 2006, par : arnaudMarion Clignet "la pistarde" était bien présente. aprés une grosse perfrmance sur le parcour velo elle céde la 1ere place en course a pied.
Trés abordable et souriante aprés l'épreuve elle a l'air de prendre beaucoup de plaisir en duathlon.


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