Publié le: 10 Juillet 2006
Par: Penel Arnaud
Lien: http://www.osymetric.com

O’symetric, l'avenir des plateaux vélo ?

Photo par Xtriathlon

Nous vous proposons, grâce à Laurent Guivarc'h, de mieux connaître aujourd'hui les plateaux O’symetric, véritable révolution dans l'art du pédalage. C'est un de ses concepteurs, Jean-Louis Talo, qui répond à nos questions

 

Xtriathlon : Bonjour Jean-Louis Talo, vous êtes un des concepteurs des plateaux « O'symetric » pourriez-vous vous présenter aux lecteurs d’Xtriathlon ?
Jean-Louis Talo : Nous sommes deux sur le projet : Michel Sassi ingénieur et innovateur reconnu (auteur des 1er forages en grande profondeur) et moi même, Jean-Louis Talo mécanicien à la base (BTS bureau d’étude). Je me suis spécialisé dans la biomécanique, notamment avec la création de machine de musculation.

Xtriathlon : Pour quelle(s) raison(s) avez-vous développé la marque « O’symetric » ?
Jean-Louis Talo : Pour commencer, d’un point de vue philosophique, le monde du vélo se concentre plus sur des problèmes de marketing plutôt que sur des problèmes biomécaniques… Cela aboutit à de nombreuses aberrations, au niveau de la position, de la rigidité du vélo… Et j’avoue que cela me gêne.
Donc, le pédalage avec un plateau rond me posant un problème au regard de la mécanique humaine (avec le passage du point mort), nous avons essayé de le résoudre du mieux possible.

Xtriathlon : Ce système de plateau a été très « à la mode » à une période dans le peloton du tour, qu’en est-il aujourd’hui ?
Jean-Louis Talo : Nous avons été présent avec l’équipe Castorama., nous avons commencé à avoir des résultats énormes (2ème sur le CLM au Championnat du monde à Palerme avec Thierry Marie 1994). Du coup, nous avons subi des pressions énormes pour nous interdire de compétition sur le Tour.
Nous avons fait pression sur les instances. Cela a donné lieu à un procès que nous avons gagné, mais dans l’esprit, les gens sont persuadés que nous ne sommes pas homologué. En fait, parallèlement à cette affaire, les marques ont commencé à payer en plus de fournir l’ensemble du matériel. Et financièrement nous n’avons pas pu suivre….
Ce qui est amusant, c’est qu’il y a eu un précédent « ovale » qui n’a pas marché pour des raisons cause biomécaniques.

Xtriathlon : Alors, comment ça marche ?
Jean-Louis Talo : Pour commencer, il faut modifier sa vision d’un plateau : nous allons parler en rayon donc en centimètre et non en dents. Nous allons remplacer chaque dent par plusieurs bras de levier (1 bras de levier par dent) et pour chaque bras de levier nous allons calculer le meilleur rapport entre couple résistant et couple moteur.
Avec un plateau rond, on observe que lors des points morts la jambe est trop faible et inversement quand la manivelle est à l’horizontale : la jambe est trop forte.
Donc nous avons eu l’idée de créer un plateau à géométrie variable. Nous allons enlever du travail là où on est faible et en rajouter là où on est fort !

Les calculs de l’efficacité maximale (entre couple résistant et couple moteur) lui donnent une forme de « patatoïde » et non ovale. Car avec l’ovale on ne peut pas suivre point par point le travail de la jambe.
Exemple concret :
Pour un plateau 52 dents, lors des points morts vous allez produire le même effort que pour un plateau de 48 dents. Lorsque la manivelle est à l’horizontale, vous allez produire le même effort que pour un plateau en 56 dents.

Xtriathlon : Ce système a-t-il été validé scientifiquement ? Et quels ont été les résultats ?
Jean-Louis Talo : Cinq études ont validé notre produit. Ces études étaient axées dans différents domaines : physiologie, électromyographie, mathématique, biomécanique ainsi que sur le terrain et toutes étaient concordantes.
Les résultats ont montré un gain de 10% au niveau de la puissance maximale aérobie, 10% de puissance au seuil lactique en plus et 10% d’acide lactique en moins. Ce qui explique l’intérêt pour les triathlètes car ils arrivent plus « frais » sur la course à pied.
Il n’y a pas de différence significative entre les débutants et les experts au niveau des résultats.

Xtriathlon : Quelles différences faites-vous avec le système « Rotor » ?
Jean-Louis Talo : Pour le « Rotor Crank », le cycliste doit s’aider de la jambe droite pour passer le point mort avec la jambe gauche : ainsi vous prenez l’énergie de la jambe opposé pour passer le point mort… donc il n’y a pas de gain d’énergie, juste un transfert…
De plus, il y a un système de came à l’intérieur du pédalier pour permettre de donner de l’avance à la manivelle : cette came frotte ce qui aboutit à une perte de puissance.
Pour le Q-Rings, nous avons vu plus haut que l’ovale ne fonctionne pas. Notre modèle étant déposé, ils n’ont pu le copier. Pour l’anecdote, ils ont lancé ce modèle suite à notre rencontre au salon de Las Vegas 2004. D’ailleurs, je crois qu'aucune étude n’a validé leur système.
Rotor est un bel exemple de ce que l’on peut faire avec du marketing…

Xtriathlon : Avez-vous observé des expériences négatives suite à l’utilisation de ces plateaux ?
Jean-Louis Talo : Au risque de passer pour un menteur, je dois avouer que non. Par contre je suis à l’écoute de toutes les remarques sur le système.

Xtriathlon : Quels athlètes utilisent votre système ? et pourquoi ne sont-ils pas plus nombreux ?
Jean-Louis Talo : En cyclisme : Bobby Jullich, Alexandre Vinokourov, Andrey Kashechkin, pour les plus connus.
En triathlon : Hervé Faure, François Chabaud, Xavier le Floch, Gille Reboul…
En VTT : Fabien Barel (champion du monde de descente)

Les athlètes ne sont pas plus nombreux car ils sont souvent sous contrat avec les marques. Et actuellement, si nous voulions avoir une équipe du pro tour, les sommes à verser seraint astronomiques.

Xtriathlon : Question technique : comment faire pour installer ces plateaux, devons-nous changer le boîtier de pédalier, changer la taille des manivelles, et est-ce compatible avec les marques Shimano et Campa ?
Jean-Louis Talo : Il n’y a rien à changer. Il faut parfois adapter les pédaliers et les réglages par rapport aux plateaux ronds. Il faut remonter le dérailleur avant, il faut parfois écarter les plateaux à l’aide de rondelles au niveau des cheminés.
J’avoue que la diversité des pédaliers rend difficile la création d’un produit universel. Cependant, la mission n’est pas impossible.
Pour finir, j’aimerais terminer par un exemple concret : lors du l’arrivée du vélo à l’Ironman de Nice, sur les 5 premiers à arriver au parc vélo, il y en avait 4 à rouler avec les plateaux O’symetric…

En photo le vélo de Bobby Julich (CSC Cervelo Soloist 2005)
Auteur : ©: Hedwig Kroner/Cyclingnews

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commentaires


17 Octobre 2006, par : prbonjour je suis actuellement en licence STAPS et je fais une recherche en physiologie sur ce type de p


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