O’symetric, l'avenir des plateaux vélo ?
Photo par Xtriathlon
Nous vous proposons, grâce à Laurent Guivarc'h, de mieux connaître aujourd'hui les plateaux O’symetric, véritable révolution dans l'art du pédalage. C'est un de ses concepteurs, Jean-Louis Talo, qui répond à nos questions
Xtriathlon : Bonjour Jean-Louis Talo, vous êtes
un des concepteurs des plateaux « O'symetric » pourriez-vous vous
présenter aux lecteurs d’Xtriathlon ?
Jean-Louis Talo : Nous sommes deux sur le projet
: Michel Sassi ingénieur et innovateur reconnu (auteur des 1er
forages en grande profondeur) et moi même, Jean-Louis Talo
mécanicien à la base (BTS bureau d’étude). Je me suis spécialisé
dans la biomécanique, notamment avec la création de machine de
musculation.
Xtriathlon : Pour quelle(s) raison(s) avez-vous
développé la marque « O’symetric » ?
Jean-Louis Talo : Pour commencer, d’un point de
vue philosophique, le monde du vélo se concentre plus sur des
problèmes de marketing plutôt que sur des problèmes
biomécaniques… Cela aboutit à de nombreuses aberrations, au
niveau de la position, de la rigidité du vélo… Et j’avoue que
cela me gêne.
Donc, le pédalage avec un plateau rond me posant un problème au
regard de la mécanique humaine (avec le passage du point mort),
nous avons essayé de le résoudre du mieux possible.
Xtriathlon : Ce système de plateau a été très «
à la mode » à une période dans le peloton du tour, qu’en est-il
aujourd’hui ?
Jean-Louis Talo : Nous avons été présent avec
l’équipe Castorama., nous avons commencé à avoir des résultats
énormes (2ème sur le CLM au Championnat du monde à Palerme avec
Thierry Marie 1994). Du coup, nous avons subi des pressions
énormes pour nous interdire de compétition sur le Tour.
Nous avons fait pression sur les instances. Cela a donné lieu Ã
un procès que nous avons gagné, mais dans l’esprit, les gens sont
persuadés que nous ne sommes pas homologué. En fait,
parallèlement à cette affaire, les marques ont commencé à payer
en plus de fournir l’ensemble du matériel. Et financièrement nous
n’avons pas pu suivre….
Ce qui est amusant, c’est qu’il y a eu un précédent « ovale » qui
n’a pas marché pour des raisons cause biomécaniques.
Xtriathlon : Alors, comment ça marche ?
Jean-Louis Talo : Pour commencer, il faut
modifier sa vision d’un plateau : nous allons parler en rayon
donc en centimètre et non en dents. Nous allons remplacer chaque
dent par plusieurs bras de levier (1 bras de levier par dent) et
pour chaque bras de levier nous allons calculer le meilleur
rapport entre couple résistant et couple moteur.
Avec un plateau rond, on observe que lors des points morts la
jambe est trop faible et inversement quand la manivelle est Ã
l’horizontale : la jambe est trop forte.
Donc nous avons eu l’idée de créer un plateau à géométrie
variable. Nous allons enlever du travail là où on est faible et
en rajouter là où on est fort !
Les calculs de l’efficacité maximale (entre couple résistant et
couple moteur) lui donnent une forme de « patatoïde » et non
ovale. Car avec l’ovale on ne peut pas suivre point par point le
travail de la jambe.
Exemple concret :
Pour un plateau 52 dents, lors des points morts vous allez
produire le même effort que pour un plateau de 48 dents. Lorsque
la manivelle est à l’horizontale, vous allez produire le même
effort que pour un plateau en 56 dents.
Xtriathlon : Ce système a-t-il été validé
scientifiquement ? Et quels ont été les résultats ?
Jean-Louis Talo : Cinq études ont validé notre
produit. Ces études étaient axées dans différents domaines :
physiologie, électromyographie, mathématique, biomécanique ainsi
que sur le terrain et toutes étaient concordantes.
Les résultats ont montré un gain de 10% au niveau de la puissance
maximale aérobie, 10% de puissance au seuil lactique en plus et
10% d’acide lactique en moins. Ce qui explique l’intérêt pour les
triathlètes car ils arrivent plus « frais » sur la course Ã
pied.
Il n’y a pas de différence significative entre les débutants et
les experts au niveau des résultats.
Xtriathlon : Quelles différences faites-vous
avec le système « Rotor » ?
Jean-Louis Talo : Pour le « Rotor Crank », le
cycliste doit s’aider de la jambe droite pour passer le point
mort avec la jambe gauche : ainsi vous prenez l’énergie de la
jambe opposé pour passer le point mort… donc il n’y a pas de gain
d’énergie, juste un transfert…
De plus, il y a un système de came à l’intérieur du pédalier pour
permettre de donner de l’avance à la manivelle : cette came
frotte ce qui aboutit à une perte de puissance.
Pour le Q-Rings, nous avons vu plus haut que l’ovale ne
fonctionne pas. Notre modèle étant déposé, ils n’ont pu le
copier. Pour l’anecdote, ils ont lancé ce modèle suite à notre
rencontre au salon de Las Vegas 2004. D’ailleurs, je crois
qu'aucune étude n’a validé leur système.
Rotor est un bel exemple de ce que l’on peut faire avec du
marketing…
Xtriathlon : Avez-vous observé des expériences
négatives suite à l’utilisation de ces plateaux ?
Jean-Louis Talo : Au risque de passer pour un
menteur, je dois avouer que non. Par contre je suis à l’écoute de
toutes les remarques sur le système.
Xtriathlon : Quels athlètes utilisent votre
système ? et pourquoi ne sont-ils pas plus nombreux ?
Jean-Louis Talo : En cyclisme : Bobby Jullich,
Alexandre Vinokourov, Andrey Kashechkin, pour les plus
connus.
En triathlon : Hervé Faure, François Chabaud, Xavier le Floch,
Gille Reboul…
En VTT : Fabien Barel (champion du monde de descente)
Les athlètes ne sont pas plus nombreux car ils sont souvent sous contrat avec les marques. Et actuellement, si nous voulions avoir une équipe du pro tour, les sommes à verser seraint astronomiques.
Xtriathlon : Question technique : comment faire
pour installer ces plateaux, devons-nous changer le boîtier de
pédalier, changer la taille des manivelles, et est-ce compatible
avec les marques Shimano et Campa ?
Jean-Louis Talo : Il n’y a rien à changer. Il
faut parfois adapter les pédaliers et les réglages par rapport
aux plateaux ronds. Il faut remonter le dérailleur avant, il faut
parfois écarter les plateaux à l’aide de rondelles au niveau des
cheminés.
J’avoue que la diversité des pédaliers rend difficile la création
d’un produit universel. Cependant, la mission n’est pas
impossible.
Pour finir, j’aimerais terminer par un exemple concret : lors du
l’arrivée du vélo à l’Ironman de Nice, sur les 5 premiers Ã
arriver au parc vélo, il y en avait 4 à rouler avec les plateaux
O’symetric…
En photo le vélo de Bobby Julich (CSC Cervelo Soloist
2005)
Auteur : ©: Hedwig Kroner/Cyclingnews


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commentaires
17 Octobre 2006, par : prbonjour je suis actuellement en licence STAPS et je fais une recherche en physiologie sur ce type de p