Publié le: 30 Juin 2006
Par: Olivier Mely
Lien: http://www.blogg.org/blog-29724.html

Tri Sapin 2006 : expériences de course

Photo par Olivier Mely

Me voici de nouveau au bord du lac des sapins, à Cublize (69) pour ma troisième édition du fameux Tri Sapin. Le temps samedi n’était pas vraiment au top (gros orage passager sur le lac) mais ce dimanche laisse présager une belle journée, bien ensoleillée et bien chaude
Cette troisième édition est quelque peu différente des 2 précédentes pour moi, en effet cette année voit l’arrivée d’un format très très long (l’Iron sapin de 3,8km de nat’, 180kmde vélo et 42km de CàP). Et pour nous, triathlètes du format très long, les distances sont un peu changées : 1,9km en nat’ (en fait plus de 2,2km !), 102km à vélo (là on ne change rien) et 21km de CàP soit 3km de plus mais avec un seul passage de la Monstress au lieu des 3 habituels…

Mes deux premières prestations (relatées sur mon blog dans Mes Courses) m’ont enthousiasmé même si très difficiles (surtout la 1ère…) et je compte bien, comme l’année dernière, améliorer nettement mon temps final, c’est pas pour rien que j’ai bossé le vélo et la CàP cette année !
OK ma préparation de ces dernières 4 semaines a été quelque peu chaotique pour cause d’1 petite crève persistante et de déplacements dans le midi mais le plus gros était déjà fait alors…

8h15, je me dirige avec ma combi à moitié enfilée du parc à vélo vers le départ natation, sur la petite presqu’île du lac. Nous ne sommes pas loin de 700 triathlètes à nous aligner là et le public, toujours aussi nombreux et chaleureux, applaudit et encourage déjà toute cette troupe d’hommes et femmes-néoprènes.
Après un traditionnel chant d’anniversaire pour 3 triathlètes (y’en a toujours !) et les applaudissements généraux pour s’encourager, la corne de brume retentit et nous nous élançons dans l’eau, sans précipitation et même plutôt tranquillement !!

Placé à gauche du pack comme à mon habitude, je trouve vite (au bout de 300m !) mon rythme, très peu gêné par les autres nageurs. Je ne peux ni ne veux pousser la machine plus fort mais malgré le nombre, je ne trouve pas vraiment de nageurs à suive dans les pieds, ou trop « rapides » ou trop « lents » (!!!), je double donc, doucement mais sûrement (pour une fois !).
Mon épaule gauche me lance de temps en temps (tendinite persistante), heureusement pas trop, j’allonge le bras au maximum pour limiter la douleur et optimiser la glisse (eh oui !).

J’ai l’impression de nager assez droit (ce qui me change de mes dernières natations en tri), ce qui n’est pas le cas de quelques-uns qui m’entourent et qui viennent régulièrement se rabattre sur moi… peut-être le soleil levant que nous avons en pleine face les aveugle-t-il ?
Je sort de l’eau en fin de premier ¼ (178ème) ce qui n’est pas trop mal pour moi et file vers le parc à vélo, le public est là pour nous encourager, c’est le pied !

Transition moyenne (vive les gravillons), 1' je pense mais ma course ne se joue pas là-dessus ! Entame du vélo, on boit un peu et roule ma poule. Le parcours je connais, faut pas s’emballer de trop mais chauffer les jambes et trouver le rythme. Les 3 premiers kils sont assez cools avant d’attaquer les choses sérieuses.
Dès la première grimpette, je vois revenir derrière moi 4 gus qui encapent un rythme vraiment fort, je n’essaye pas de m’accrocher car 1/ ils sont vraiment plus costauds que moi et je vais me mettre dans le rouge et 2/ ils croient qu’il n’y a que 40 bornes tranquilles et là, ils vont les sentir passer et enfin 3/ ils ne connaissent pas le parcours et je vais les revoir en travers sous peu…

Le revêtement est toujours aussi moyen (remarquez d’une année sur l’autre…) mais il est le même pour tous donc on réfléchit pas et on grimpe. 10km plus loin, revoilà-t-y pas 2 des 4 champions qui m’ont doublé plus bas. Je ne change pas le rythme mais observe tout en les doublant s’ils s’accrocheront ou pas. Pas beaucoup d’écart de vitesse, 1 ou 2 km/h, mais la différence est là et croyez-moi, quand ça grimpe, c’est loin d’être évident d’augmenter même de peu sa vitesse. Sur 100m ouais, s’il reste 80km, négatif. Comme de juste, ils s’accrochent, un peu, puis me lâchent les basques.
Chacun est dans son trip, les descentes font du bien mais restent trop courtes ou trop encombrées pour qu’on en profite vraiment. Les bénévoles sur le parcours sont top, aussi bien pour les ravitos à la volée que pour l’aiguillage du parcours, merci à eux !

Enfin, voici le sommet. J’attaque la dernière descente du parcours avant d’attaquer la 2ème boucle de 51km. Cette descente-là est assez cool malgré la pente peu prononcée : en bref, faut mouliner pour dépasser les 50km/h, autant dire que la récup sera pour plus tard…
2ème passage donc dans le village qui surplombe la lac des sapins, le public est monté jusqu’à nous sur le bord de la route et hurle à tout va. J’entends mon prénom et ai juste le temps d’apercevoir ma Stef avec des potes venus de Lyon pour me voir… passer (au taquet bien sûr, quand le public est là, vous gagnez facile 10km/h sur votre vitesse de pointe !).
La route s’est bien écrémée en nombre de vélos, on est plus que quelques-uns à rouler au même rythme, la fatigue commence à se faire sentir et se lit déjà sur les visages. Ca grimpe toujours et encore, le soleil tape fort et j’ai soif, très soif.
Donc je bois mais trop. Pas trop à la fois mais trop souvent semble-t-il, une gorgée toute les 5' ne me suffit pas. Je fais bien gaffe à m’alimenter (gel puis barre) mais j’ai un mauvais pressentiment. Rien de très concret mais il y a un truc qui me dérange vraiment et je n’arrive pas à savoir quoi (je comprendrais vite en CàP…).

Ce qui me plait, c’est que je reprends régulièrement quelques triathlètes et que les sensations sont bonnes. Dernier col, dernière descente, la route nous est ouverte aux carrefours dangereux, reste 3 km de plat avant d’entrer dans Cublize et de rejoindre le parc.

Je pose le vélo derrière un gus qui a laissé ses chaussures sur son bike : il court donc en chaussettes. Bien mal lui en prend car pour rejoindre le parc, c’est une courte descente en gravillons et terre suivie de 100m de terre-caillasses, mauvais plan. Je suis pas sûr que ça vaille le coup de se manger les pieds pour gagner (et encore) quelques secondes…
Transition rapide pour moi (30"), je file en courant vers le départ CàP à bonne allure, tout va bien. Petite boucle de 2,5km vallonnée avant de rejoindre les berges du lac où mes admiratrices font crépiter les flashes (y’en a qu’une en fait et c’est ma Stef !). 3km de fait, reste 18. Premiers ravito en vue et là, je commence à sentir un point de côté à droite. Partit trop vite ? Je ne pense pas, j’ai l’habitude maintenant du rythme qui me va. Trop bu sur le bike. Sûr ! Et c’est pas fini. Je ralentis la cadence en soufflant à fond mais rien n’y fait. Je suis obligé de marcher et même de m’arrêter 10" pour souffler, mon ventre me tirant de trop.
Damned, c’est pas le moment, pas un point de côté en 6 mois d’entraînement et 2 triathlons sprint et CD et bingo, aujourd’hui, qui voilà ?

Je repart en courrotant à 10 à l’heure (max !) en essayant de pas y penser mais allez essayer de ne pas penser à ce type de douleur. Autant courir avec 2 crampes aux cuisses !
Je me dit que ça va passer d’ici 1km ou 2 alors je m’accroche, non pas aux wagons de triathlètes qui me doublent, mais à cette idée que ça va aller mieux dans pas longtemps.

Je vous passe les détails, on se retrouve 10km plus loin, j’ai passé le ½ tour tant attendu, et mon point de côté qui avait surgi à droite puis migré sur la gauche semble me laisser un peu tranquille. Enfin !
J’accélère l’allure mais je sais déjà que je ne rentrerai pas dans le temps que je m’étais fixé soit 1h35-1h40. Même si je passe la Monstress en courant (tout est relatif bien sûr mais je ne marche pas), je ne peux plus vraiment accélérer, j’arrive vers le parc à vélo et je me dis "OK, reste 400m et c’est plié". Erreur, nos G.O. ont eu l’excellente idée de nous faire refaire la petite boucle de 2,5km du début.
Je décide d’accélérer encore un peu l’allure car les jambes vont pas mal mais 500m plus loin, les 2 points de côté me rappellent à l’ordre et c’est à 12 à l’heure en forçant comme une mule que je boucle les 2kils restants.
Je franchis la ligne en 6h04', temps amélioré par rapport à l’année dernière certes mais je pensais atteindre les 5h45'… le mal de bide en aura décidé autrement.

Après coup, je suis déçu de ma course mais je ne regrette pas d’être venu : mon objectif pour cette année, c’est Embrun et mieux vaut se "planter" ici que là-bas (on croise les doigts !).
Toujours les ravitos à bien gérer, me reste 1 mois et demi pour bien faire…

En tout cas, bravo et merci aux bénévoles et organisateurs pour ce moment de sport et d’efforts, et merci aux masseuses qui ont pris soin de mes jambes après course… le meilleur moment de la journée à n’en pas douter (avec le bisou de ma petite Stef) !

> fin de l'article

commentaires


Pas de commentaires pour le moment

Ajouter un commentaire :

Vous devez posséder un compte et être authentifié pour déposer un commentaire.