Tri Sapin 2006 : expériences de course
Photo par Olivier Mely
Mes deux premières prestations (relatées sur mon blog dans Mes
Courses) m’ont enthousiasmé même si très difficiles (surtout la
1ère…) et je compte bien, comme l’année dernière, améliorer
nettement mon temps final, c’est pas pour rien que j’ai bossé le
vélo et la CàP cette année !
OK ma préparation de ces dernières 4 semaines a été quelque peu
chaotique pour cause d’1 petite crève persistante et de
déplacements dans le midi mais le plus gros était déjà fait
alors…
8h15, je me dirige avec ma combi à moitié enfilée du parc à vélo
vers le départ natation, sur la petite presqu’île du lac. Nous ne
sommes pas loin de 700 triathlètes à nous aligner là et le
public, toujours aussi nombreux et chaleureux, applaudit et
encourage déjà toute cette troupe d’hommes et
femmes-néoprènes.
Après un traditionnel chant d’anniversaire pour 3 triathlètes
(y’en a toujours !) et les applaudissements généraux pour
s’encourager, la corne de brume retentit et nous nous élançons
dans l’eau, sans précipitation et même plutôt tranquillement !!
Placé à gauche du pack comme à mon habitude, je trouve vite (au
bout de 300m !) mon rythme, très peu gêné par les autres nageurs.
Je ne peux ni ne veux pousser la machine plus fort mais malgré le
nombre, je ne trouve pas vraiment de nageurs à suive dans les
pieds, ou trop « rapides » ou trop « lents » (!!!), je double
donc, doucement mais sûrement (pour une fois !).
Mon épaule gauche me lance de temps en temps (tendinite
persistante), heureusement pas trop, j’allonge le bras au maximum
pour limiter la douleur et optimiser la glisse (eh oui !).
J’ai l’impression de nager assez droit (ce qui me change de mes
dernières natations en tri), ce qui n’est pas le cas de
quelques-uns qui m’entourent et qui viennent régulièrement se
rabattre sur moi… peut-être le soleil levant que nous avons en
pleine face les aveugle-t-il ?
Je sort de l’eau en fin de premier ¼ (178ème) ce qui n’est pas
trop mal pour moi et file vers le parc à vélo, le public est là
pour nous encourager, c’est le pied !
Transition moyenne (vive les gravillons), 1' je pense mais ma
course ne se joue pas là-dessus ! Entame du vélo, on boit un peu
et roule ma poule. Le parcours je connais, faut pas s’emballer de
trop mais chauffer les jambes et trouver le rythme. Les 3
premiers kils sont assez cools avant d’attaquer les choses
sérieuses.
Dès la première grimpette, je vois revenir derrière moi 4 gus qui
encapent un rythme vraiment fort, je n’essaye pas de m’accrocher
car 1/ ils sont vraiment plus costauds que moi et je vais me
mettre dans le rouge et 2/ ils croient qu’il n’y a que 40 bornes
tranquilles et là, ils vont les sentir passer et enfin 3/ ils ne
connaissent pas le parcours et je vais les revoir en travers sous
peu…
Le revêtement est toujours aussi moyen (remarquez d’une année sur
l’autre…) mais il est le même pour tous donc on réfléchit pas et
on grimpe. 10km plus loin, revoilà-t-y pas 2 des 4 champions qui
m’ont doublé plus bas. Je ne change pas le rythme mais observe
tout en les doublant s’ils s’accrocheront ou pas. Pas beaucoup
d’écart de vitesse, 1 ou 2 km/h, mais la différence est là et
croyez-moi, quand ça grimpe, c’est loin d’être évident
d’augmenter même de peu sa vitesse. Sur 100m ouais, s’il reste
80km, négatif. Comme de juste, ils s’accrochent, un peu, puis me
lâchent les basques.
Chacun est dans son trip, les descentes font du bien mais restent
trop courtes ou trop encombrées pour qu’on en profite vraiment.
Les bénévoles sur le parcours sont top, aussi bien pour les
ravitos à la volée que pour l’aiguillage du parcours, merci à eux
!
Enfin, voici le sommet. J’attaque la dernière descente du
parcours avant d’attaquer la 2ème boucle de 51km. Cette
descente-là est assez cool malgré la pente peu prononcée : en
bref, faut mouliner pour dépasser les 50km/h, autant dire que la
récup sera pour plus tard…
2ème passage donc dans le village qui surplombe la lac des
sapins, le public est monté jusqu’à nous sur le bord de la route
et hurle à tout va. J’entends mon prénom et ai juste le temps
d’apercevoir ma Stef avec des potes venus de Lyon pour me voir…
passer (au taquet bien sûr, quand le public est là, vous gagnez
facile 10km/h sur votre vitesse de pointe !).
La route s’est bien écrémée en nombre de vélos, on est plus que
quelques-uns à rouler au même rythme, la fatigue commence à se
faire sentir et se lit déjà sur les visages. Ca grimpe toujours
et encore, le soleil tape fort et j’ai soif, très soif.
Donc je bois mais trop. Pas trop à la fois mais trop souvent
semble-t-il, une gorgée toute les 5' ne me suffit pas. Je fais
bien gaffe à m’alimenter (gel puis barre) mais j’ai un mauvais
pressentiment. Rien de très concret mais il y a un truc qui me
dérange vraiment et je n’arrive pas à savoir quoi (je
comprendrais vite en CàP…).
Ce qui me plait, c’est que je reprends régulièrement quelques triathlètes et que les sensations sont bonnes. Dernier col, dernière descente, la route nous est ouverte aux carrefours dangereux, reste 3 km de plat avant d’entrer dans Cublize et de rejoindre le parc.
Je pose le vélo derrière un gus qui a laissé ses chaussures sur
son bike : il court donc en chaussettes. Bien mal lui en prend
car pour rejoindre le parc, c’est une courte descente en
gravillons et terre suivie de 100m de terre-caillasses, mauvais
plan. Je suis pas sûr que ça vaille le coup de se manger les
pieds pour gagner (et encore) quelques secondes…
Transition rapide pour moi (30"), je file en courant vers le
départ CàP à bonne allure, tout va bien. Petite boucle de 2,5km
vallonnée avant de rejoindre les berges du lac où mes
admiratrices font crépiter les flashes (y’en a qu’une en fait et
c’est ma Stef !). 3km de fait, reste 18. Premiers ravito en vue
et là, je commence à sentir un point de côté à droite. Partit
trop vite ? Je ne pense pas, j’ai l’habitude maintenant du rythme
qui me va. Trop bu sur le bike. Sûr ! Et c’est pas fini. Je
ralentis la cadence en soufflant à fond mais rien n’y fait. Je
suis obligé de marcher et même de m’arrêter 10" pour souffler,
mon ventre me tirant de trop.
Damned, c’est pas le moment, pas un point de côté en 6 mois
d’entraînement et 2 triathlons sprint et CD et bingo,
aujourd’hui, qui voilà ?
Je repart en courrotant à 10 à l’heure (max !) en essayant de pas
y penser mais allez essayer de ne pas penser à ce type de
douleur. Autant courir avec 2 crampes aux cuisses !
Je me dit que ça va passer d’ici 1km ou 2 alors je m’accroche,
non pas aux wagons de triathlètes qui me doublent, mais à cette
idée que ça va aller mieux dans pas longtemps.
Je vous passe les détails, on se retrouve 10km plus loin, j’ai
passé le ½ tour tant attendu, et mon point de côté qui avait
surgi à droite puis migré sur la gauche semble me laisser un peu
tranquille. Enfin !
J’accélère l’allure mais je sais déjà que je ne rentrerai pas
dans le temps que je m’étais fixé soit 1h35-1h40. Même si je
passe la Monstress en courant (tout est relatif bien sûr mais je
ne marche pas), je ne peux plus vraiment accélérer, j’arrive vers
le parc à vélo et je me dis "OK, reste 400m et c’est plié".
Erreur, nos G.O. ont eu l’excellente idée de nous faire refaire
la petite boucle de 2,5km du début.
Je décide d’accélérer encore un peu l’allure car les jambes vont
pas mal mais 500m plus loin, les 2 points de côté me rappellent à
l’ordre et c’est à 12 à l’heure en forçant comme une mule que je
boucle les 2kils restants.
Je franchis la ligne en 6h04', temps amélioré par rapport à
l’année dernière certes mais je pensais atteindre les 5h45'… le
mal de bide en aura décidé autrement.
Après coup, je suis déçu de ma course mais je ne regrette pas
d’être venu : mon objectif pour cette année, c’est Embrun et
mieux vaut se "planter" ici que là-bas (on croise les doigts
!).
Toujours les ravitos à bien gérer, me reste 1 mois et demi pour
bien faire…
En tout cas, bravo et merci aux bénévoles et organisateurs pour ce moment de sport et d’efforts, et merci aux masseuses qui ont pris soin de mes jambes après course… le meilleur moment de la journée à n’en pas douter (avec le bisou de ma petite Stef) !





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