Publié le: 13 Juin 2006
Par: Sophie Teper
Lien: http://www.dijontriathlon.com/

William Haettich : le sport à tout prix

Photo par Sophie Teper

Que faire quand on sort de deux années de galère après avoir été un enfant sportif de haut niveau ? On rebondit. Portrait d'un jeune triathlète comme les autres… ou presque
Les jeunes de mon âge, on ne joue plus au tarot…
J’avais donné rendez-vous à William à la Concorde, l’incontournable café-brasserie du centre ville de Dijon. Il m’attendait à quelques mètres de là, au pied de la porte Guillaume.
Une fois assis et la commande passée au garçon gominé, j’ai expliqué à William que la Concorde, pendant des décennies, avait été le bistrot où les étudiants de Dijon, désertant les amphis, affectionnaient de venir "plumer les vieux" au tarot.
Ce désintérêt pour les études et cet intérêt pour le tarot ont paru l’étonner et William m’a assuré que maintenant, les jeunes ne jouaient plus du tout au tarot !

Dix huit ans, deux mètres exactement, pour 90 kilos
Si l’on veut présenter William, on ne peut pas passer le fait sous silence : avec sa taille de deux mètres pour 90 kilos, il impressionne et l’on doit se tordre le cou pour lui parler. Lui, semble tout à fait à l’aise dans ce grand corps et s’en amuse : "Depuis la maternelle, je suis plus grand que tous les autres et en CM2, j’étais déjà plus grand que le maître !
C’est vrai que pour la course à pied, je suis un peu lourd mais j’ai appris à courir en utilisant davantage la pointe des pieds…
"

Encore enfant et déjà sportif de haut niveau
William ne peut pas vivre sans faire de sport. D’ailleurs, il en fait depuis l’age de quatre ans ! Du patin à glace, très exactement du short track, pendant 4 ans, associé à du roller skating, avec plusieurs participations à des championnats de France dans ces deux disciplines avec des résultats plus qu’honorables.
Accessoirement, du bicross pendant deux ans et du foot quelques années…

A Dijon-triathlon depuis l’âge de 13 ans
William a fini par connaître la saturation au niveau du roller et du short track, en raison de multiples blessures graves et, bon en course à pied et en vélo, il s’est inscrit à Dijon Triathlon à l’âge de treize ans, suivi, deux ans plus tard, par… son père, devenu son compagnon d’entraînement. Son point faible, c’est la natation et sa progression dans cette discipline déterminera son orientation préférentielle future vers le triathlon ou le Duathlon.
Et maintenant, rebondir !
Arrêté depuis deux ans pour des pathologies du genou qui l’ont conduit sur la table d’opération, avec un arrêt complet d’activité pendant neuf mois, William, qui ne s’en ressent presque plus, veut mettre cette année les bouchées doubles à l’entraînement pour être au top niveau l’an prochain, lorsqu’il sera junior deuxième année.

L’entraînement et la compétition
William essaie de s’entraîner tous les jours, soit dans le cadre des entraînements du club, soit, et c’est souvent le cas, seul. Il alterne piscine, course à pied, vélo et home trainer.
Avec deux filles du club, il vient de participer au stage "jeunes" de la ligue, à Lamoura, dans le jura. Sept heures par jour d’entraînement dans les trois disciplines… "Nous avons fait un bike and run dans la neige. C’était super dur", dit-il. "C’était tellement difficile de courir dans la neige que tu te demandais des fois si tu ne reculais pas.
La semaine dernière, je suis allé faire un Duathlon à Pugey, près de Besançon, dans le Doubs. Six kilomètres de course à pied, dont trois en côte, 30 km de vélo roulant et 3km de côte pour finir.
J’ai souffert. Beaucoup de participants étaient des triathlètes qui se préparaient pour des longues distances ou des Ironman : des cuisses énormes.
Je suis arrivé dans la première moitié du classement, j’avais beaucoup souffert mais j’étais content.
Je vais enchaîner sur des sprints et peut-être un courte distance en fin de saison et, bien sûr, des courses sur route.
Je rêve de faire un marathon, c’est évident, car on souffre mais on se fait plaisir. Un Ironman ? Il y a quelques années, je me disais que c’était irréalisable, mais, en avançant en âge, je commence à me dire que c’est faisable…"

Le club
Que dire du club ? Nous sommes très peu de jeunes au club et c’est dommage car on comprend bien qu’il ne peut y avoir des entraînements spécifiques pour un si petit nombre. Alors, je participe aux séances communes mais ce n’est pas l’idéal car quand on débute, on a besoin de beaucoup d’explications.
Pourtant Dijon est une grande ville, il devrait y avoir davantage de jeunes au club…

Des admirateurs au lycée ? Non, pas du tout
William vient d’avoir dix huit ans "un âge où l’on est enfin tenu pour responsable" et est en classe de première sciences médico-sociales dans un lycée de Dijon. Une section où ils sont très peu de garçons, trois seulement pour 30 filles. Ce n’est pas toujours évident, d’ailleurs me dit William, il faut adapter son comportement, son langage…
Son activité sportive lui donne-t-elle un certain prestige ? Pas du tout, me répond-il. Ca n’impressionne personne. Les autres n’en ont manifestement rien à faire et ne comprennent pas lorsque j’évoque la fatigue et la difficulté de gérer conjointement le soir les entraînements et les devoirs.

Un projet de vie bien arrêté
Pourquoi William a-t-il choisi cette section médico-sociale au lycée ?
La réponse est simple, il veut devenir infirmier et travailler dans un bloc opératoire.

La fréquentation des hôpitaux à l’occasion de ses multiples accidents ne semble pas l’avoir dégoûté. Au contraire, ce qu’il recherche dans ce métier, c’est de vivre au contact des situations d’urgence et du stress qui va avec. Il a effectué, dans le cadre de ses études, un stage de 5 semaines en clinique et cette expérience lui a énormément plu.

Comme je m’étonne de cette attirance pour ce monde qui est plutôt celui de la souffrance, William m’explique que cela correspond à un besoin d’aider les autres. "On les réconforte, on les soigne, on arrive même, et c’est extraordinaire, à leur faire momentanément oublier la douleur rien qu’en leur parlant."

En réponse à ma question, William précise qu’il n’est pas attiré par des études de médecine et il l’explique par un raccourci un peu lapidaire : "Faire 9 ans d’études pour prescrire un analgésique, cela ne m’intéresse pas !"

On ne vit pas tous dans le même monde
Notre entretien est terminé. William se lève, déploie son grand corps qui occupe soudain tout l’espace et nous franchissons l’entrée en même temps qu’une colonne bien rangée de petites touristes asiatiques en chaussettes blanches.
Amusé, je regarde William et ses deux mètres croiser sans les voir ces femmes au gabarit de petites filles et je me dis : on ne vit pas tous dans le même monde…

> fin de l'article

commentaires


19 Juin 2006, par : vic aka da dunkin\' mashin lolouai moi g un commentaire c ke le mec a pas du digérer ta taille hein cousin MDR !et sinon bah bonne chance pr les ironman psk tu va en chier !


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