Pardon, il s'agit de l'épreuve Open. Le Grand Prix n'aura lieu que l'après-midi… Ok !
Donc, on regarde Stephan Bignet s'imposer sur une épreuve Découverte (un sprint au départ, qui avait failli se transformer en Duathlon, mais qui conserve finalement une partie natation). Quoiqu'il en soit, cela ne change rien, ils auront beau se mettre à plusieurs pour essayer de revenir sur leurs 2 roues… le maître s'appelle BIGNET ce matin-là !
Par contre, lorsque nous arrivons à 14h15, c'est bien vrai, ils commencent à déferler aux abords du parc…
Ils, ce sont ces monstres sacrés, aussi nombreux et affamés que
les requins des "Dents de la mer". Sans se faire peur (ils se
connaissent), ils impressionnent les spectateurs… D'évidence, ils
semblent tous bien affûtés… et l'on a hâte.
Hâte, non pas de voir ce qu'ils ont dans le ventre, simplement de
savoir dans quelle langue le peloton va parler, quels maillots
vont le plus s'illustrer, bref, quels sont ceux qui marqueront le
public Jardais, très mobilisé lui aussi pour un tel
évènement.
On n'a tellement pas l'habitude de voir une World Cup en France,
et ça ne s'est jamais vu sur un format sprint.
Du reste, à quelques minutes du départ, le coach personnel de
Bruno Pais nous confiera la formule exacte de cette épreuve :
"Une demie Coupe du Monde" (en évoquant son format olympique
réduit de 50 %).
Le plateau est bel et bien là. Belaubre, Fleureton, Riederer,
Unger, Don, Frodeno, Henning, Polikarpenko, Clarke, Amey, Moulai…
Des 28 étrangers prévus, seul le mulhousien Javier Gomez Noya
manque à l'appel. Du même coup, l'équipe du MOT ne prendra donc
le départ qu'à quatre (une équipe affaiblie qui terminera tout de
même 5ème !).
La mer fait ses caprices et pour bénéficier d'une marée maximale,
on décale même le départ de 15 minutes. Après tout, les vedettes
se font tellement attendre dans la plupart des concerts, que
personne ne râle de pouvoir les regarder "gratuitement" un quart
d'heure de plus.
Dans les boxes, la tension est grande car le départ est imminent…
Musique, silence, puis, BOUM ! Le départ est donné…
La distance natation (785 m au GPS) sera vraiment très correcte
et sans doute encore trop courte pour que l'on voit des écarts
réels se produire. Une file interminable (1'15'' entre le premier
à sortir du parc et le dernier) passe devant nous. Ca va vite,
très vite, on sent que chacun se dit, en regardant celui devant
lui : "C'est le bon wagon, il me faut le chopper !!!"
Après le premier des 5 tours vélo de 4 km, le champion d'Europe a
décidé de faire un peu de rythme… pas mal même puisqu'il possède
30 secondes d'avance sur la chasse (25/30 éléments) où Cédric
Fleureton semble vouloir rouler pour revenir. Après tout pourquoi
pas se disent certains ?
Derrière, les groupes, au nombre de 3, s'organisent, afin de
revenir, ou plutôt, limiter la casse, tout en sachant qu'il
faudra être encore plus fort à pied.
La jonction se fera juste à la fin du 4ème tour. Même si le dépôt
des vélos au parc verra trois hommes à nouveau échappés, dont
Anthony Pannier (Autun) qui s'y brûlera (peut-être pas les ailes)
les cuisses.
Une chute dans le dernier tour nous privera de voir Riederer en
course à pied, et permettra aux adversaires du Pisciacais Moulai
de poser le vélo quelques 24 secondes avant lui (le coude en
sang).
L'effervescence est toujours là, elle s'intensifie même. On
s'excite un peu plus à chaque homme qui passe, en essayant de
savoir s'il est plus frais que celui d'avant.
Un groupe de gros costauds, dans lequel on retrouve Don,
Kalhefeld, Unger, Fleureton, Clarke, prend le commandement assez
vite, et il est (il faut bien le reconnaître) difficile de ne
voir les autres stars qu'après, comme si elles ne pouvaient pas
suivre ce train d'enfer…
Ils ont pourtant ralenti, puisque de plus de 40 km/h (vélo), ils
ne passent qu'à environ 20 km/h maintenant !
Et pourtant, il faut voir avec quel talent, quelle détermination,
tous se battent…
Le dénouement est grandiose, avec le racingman australien devant
les autres, le néo beauvaisien son dauphin, et la confirmation
d'un vice-champion d'Europe 2005 en regain de forme.
Vous l'avez compris : "Gagner un Grand Prix, t'as Kalhefeld toi
même ! Ensuite, la 2ème place, tu me la Don ! Enfin, il est
possible que le 3ème Fleur Bon la victoire par équipe"
Alors, si les résultats sont connus de tous, les images n'auront
elles, été vues que par les personnes présentes. Et quelles
images :
De cette journée, je me souviendrai particulièrement :
- De la bonne et saine ambiance qui régnait entre tous les
clubs.
- De la remontée extraordinaire en course à pied de Tony Moulai
après sa chute.
- Des quelques mots échangés avec Sven Riederer, privé de la joie
du podium avec Sartrouville, à cause d'un départ pour l'hôpital
(à toi comme à Tony, prompt rétablissement).
- De la communion avec un public très présent et
encourageant.
- Des remerciements de Mr. Fred B., envers ce public Jardais,
sans qui les triathlètes n'auraient pas eu envie de donner
autant.
- De l'organisation sans faille, la disponibilité et l'humour de
Bruno Chavantré, son assistante Laura, et toute son équipe durant
ces 2 jours…
- De la gentillesse de tous, athlètes pour leurs interviews,
public pour leur écoute… avec deux speakers qui étaient très
heureux de (re)débuter un Championnat de France des clubs dans
cet endroit si sympa !
See you the next time in Beauvais !
Ici Speaker'Oliv, à vous XTriathlon !
Photos : Organisation Jard sur Mer (Laura Mouillé)
Départ natation masculin, arrivée de Brad Kahlefeld








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