Publié le: 27 Avril 2006
Par: Eric Bidat

La Course du Cœur Paris/Courchevel

Photo par Eric Bidat

Que faire quinze jours après un Ironman ? Pourquoi ne pas rallier, en équipe, Paris à Courchevel soit 750 km. Le dijonnais, Gilles Reboul n’a donc écouté que son cœur et vient de participer, avec une équipe de la SNCF, à la course du Cœur et a pris une "leçon de vie"
Lorsqu’il y a presque vingt ans, les fondateurs de l’association Trans-Forme, sollicitèrent l’appui des médecins "greffeurs" pour faire du sport, ils n’eurent que du scepticisme pour réponse.
Il était encore moins envisageable d’obtenir alors du corps médical son aval au principe de la course du cœur qu’il voyait comme une folie.
Aujourd’hui, 20 ans après, il n’est pas un médecin ou un organisme de santé publique qui ne valide le bénéfice de la pratique d’une activité physique et sportive pour les transplantés.
Tous valident le sport comme une thérapeutique efficace tant pour le recouvrement de leurs capacités physiques et psychiques après la greffe que pour l’amélioration de leur qualité de vie.

Inventée par des journalistes sportifs avec le soutien indéfectible depuis la première heure du Professeur Christian Cabrol, pionnier français de la greffe du cœur, la première édition de la course a, malgré tout, vu le jour en 1986. Cette course à pied a pour objectif de sensibiliser le grand public à la réussite de la greffe et à la nécessité du don d’organes. Son but est d’interpeller les hommes et les femmes transplantés de tout âge, de les informer et de leur montrer que la pratique d’un sport, adaptée à leurs contraintes médicales les aide à reconquérir une qualité de vie après une greffe.

Cette course consiste à courir sans interruption pendant 4 jours et 4 nuits, de Paris à Courchevel soit 750 km sur des étapes de 10 à 80 km. Cette course "pas comme les autres" a traversé plusieurs régions et a même fait étape en Suisse.
Sous la forme d’épreuves de relais ou de course en ligne, des étapes spéciales sont aussi prévues comme un biathlon (course + vélo), le "Marathon du crépuscule", et d’autres épreuves difficiles et redoutées des coureurs comme le "Super Marathon volant des cimes" soit 54 km à effectuer en 4 heures, l’étape "Top grimpeur" entre le département du Doubs et la Suisse, ou encore celle de l’arrivée, la montée sur Courchevel.

Bien sûr, toutes les personnes transplantées ne peuvent courir sans interruption et ce sont seize entreprises qui se sont s’engagées aux côtés de Trans-Forme. Un record ! On y retrouve des fidèles à la Course du cœur comme le Groupe DASSAULT, BAXTER, HP, mais aussi pour la première fois, La SNCF, à l’initiative de l'Association Nationale des Cheminots pour le Don Bénévole de Sang et d’Organes, et à la Fondation Solidarité SNCF.
Aux cotés de 14 cheminots, la SNCF a fait appel à deux de ses employés, triathlètes de haut niveau et surtout sportifs au grand cœur, le Dijonnais Gilles Reboul et Cyrille Neveu.

Mais comment gérer la Course du Cœur quand on est triathlète de haut niveau ? C’est simple, avec le sourire ! Cinq fois Champion du Monde par équipe de triathlon longue distance, double champion de France, premier français vainqueur du triathlon de Nice, Gilles Reboul a participé pour la première fois à la Course du Cœur. On pourrait croire qu’avec un tel palmarès, ce membre de l’équipe SNCF aurait été blasé. Mais non… "Ce que j’ai vu ici est une fantastique leçon de vie" murmure-t-il. En effet, durant toute la course et dans tous les villages traversés la solidarité et la fraternité a battu son plein. Alors quand Gilles voit arriver main dans la main les coureurs SNCF et Gaz de France, le sportif hoche la tête :
"J’ai tout à apprendre de la Course du Cœur. Néanmoins, sur le plan sportif, le rythme est resté éprouvant".
D’autres personnalités du sport comme Yannick Noah a rejoint les transplantés sur le parcours. Franck Picard et Jean-Luc Crétier, anciens champions olympiques de descente à ski ont accueilli les transplantés sur leurs terres, le dernier jour de la course, près de Courchevel. Karine Herry, championne de France du 100km depuis 5 ans à rejoint les coureurs les deux derniers jours de la course et Eric Boisse, champion olympique d’épée par équipe, porte drapeau convaincu de la cause, a été aux côtés de sa compagne transplantée rénale qui a effectué la course pour la première fois.

Pour le public présent dans les villes étapes, sur le bord des routes, dans les communes, les villes et villages traversés par le convoi, l’exploit des transplantés a été frappant. C’était le but. Cette course est la preuve de la réussite de la greffe pour un malade et le moyen de montrer toute l’utilité du geste généreux et combien nécessaire d’une famille qui a autorisé le prélèvement des organes d’un proche défunt. Ce don d’organes sauve des vies et offre une vraie renaissance aux malades. La performance des transplantés de la course du cœur le prouve et contribue à rendre la décision plus évidente pour chacun de nous.

L'équipe des greffés est toujours la grande gagnante de la Course du Cœur. L’équipe de la SNCF s’est classé troisième derrière le Groupe DASSAULT qui ne sont séparés que de moins de 7 minutes après plus de 49 heures de course. "On a tous œuvré pour la même cause", reconnaît sans peine Gilles Reboul, "mais l’esprit de compétition reprend vite le dessus et on a envie d’être devant"… même quand on a couru la semaine précédente un Ironman en Afrique du Sud.

> fin de l'article

commentaires


Pas de commentaires pour le moment

Ajouter un commentaire :

Vous devez posséder un compte et être authentifié pour déposer un commentaire.