Publié le: 24 Avril 2006
Par: Nouvelles Calédoniennes
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Triathlon international : la promenade de l’Anglais

Photo par Nouvelles Calédoniennes

Paul Amey avait été présenté comme le grand favori du 21e Triathlon international de Nouméa. Hier, l’Anglais n’a pas usurpé sa réputation en doublant Patrick Vernay dans les derniers kilomètres pour s’offrir un succès bâti sur la maîtrise de son point fort : la course à pied
Il n’est pas sorti en tête de la natation, il n’a pas viré en premier en vélo, il n’est pas parti seul à pied. Mais après 1 heure, 49 minutes et quelques secondes, Paul Amey a coupé la ligne d’arrivée en vainqueur. Implacable loi du sport qui offre ses lauriers au plus fort alors que le cœur du public battait la chamade pour l’enfant du pays. Comme l’an dernier, Patrick Vernay aurait pu gagner. Mais comme l’an dernier, il n’y est pas arrivé. Quand le règlement bafoué l’avait privé des honneurs, c’est cette fois son physique qui l’a trahi.
En embuscade, Amey a ainsi longtemps patienté avant de tirer le dernier. Une foulée de plus en plus allongée, alors que le pas du Calédonien se faisait lourd, et il est inexorablement revenu sur Vernay. Avec le Néo-Zélandais Clark Ellice en poisson pilote, il l’a usé mentalement pour le rejoindre au dernier demi-tour, avant de le déposer en repartant vers l’aquarium. Les spectateurs ont eu beau crier, applaudir, hurler, Vernay n’avait plus les jambes, ni le souffle, pour remonter. Même plus pour résister à Ellice qui le doublait lui aussi, lui soufflant la deuxième place.

Terrible finisseur
Dommage, vraiment dommage. Si le laxisme des arbitres et l’abus du drafting par ses concurrents l’avaient privé de victoire l’an dernier, c’est cette fois l’Ironman de Port Macquarie, il y a trois semaines, qui lui ôte une troisième victoire dans la course de son cœur. Émoussé,Vernay a pourtant tenu à faire le spectacle en se portant rapidement aux avant-postes. Dans le deuxième groupe au sortir de la natation, il s’est vite porté en tête de la course à vélo. Creusant ainsi l’écart pour rallier le parc avec une minute d’avance. Bien mais, donc, pas suffisant pour éviter le retour d’Amey et d’Ellice. Trente secondes de plus auraient suffi pour s’imposer. Où aurait-il pu les prendre ? Pas en natation, ce n’est pas son point fort. En vélo ? C’est évidemment là qu’il faut chercher. Vernay n’a pourtant jamais relâché son effort, accélérant dans les bosses. Mais sans doute pas assez. Ah ! Port Macquarie... Mais allez, on ne va tout de même lui reprocher d’avoir flirté avec la première place en Australie et d’y avoir composté son billet pour la finale de Hawaï au détriment d’un troisième succès à la maison.
Vernay sur tous les fronts. Le plus beau était au début du mois. Celui d’hier aurait rajouté à son palmarès une ligne supplémentaire. Mais à tout prendre, soyez certains que l’insatiable compétiteur qu’il est s’est déjà fait une raison. Et quand bien même il s’était aligné au top de sa forme, frais comme un tazar, aurait-il pu contenir le retour de Paul Amey ? L’expérience du Britannique sur l’exercice de la courte distance (1,5 km de natation, 40 km de vélo, 10 km de course à pied) en fait un terrible finisseur. Il l’a prouvé hier.
Et ce qui ne fut jamais une promenade en est, tout d’un coup, devenue une.

Meunier va plus vite
Bénédicte Meunier est enfin passée sous la barre des 2 h 10 min. sur un triathlon courte distance. Elle a désormais les cheveux courts et la distance, courte, lui sied mieux qu’avant. Heureuse d’être la meilleure Calédonienne l’année dernière, elle se disait toutefois déçue de ne pas faire un bon temps. Hier, son chrono s’est arrêté sur 2 h 08 minutes. Neuf minutes de bonification en un an. Enorme ! Ravie, « Béné » a embrassé son papa de directeur de course, puis a sagement répondu aux questions de la presse. Lâchant pour commencer un « c’est que du bonheur », enchaînant avec un « quelle perf », analysant sa course en reconnaissant son « coup au moral » en voyant les trois Australiennes la décrocher très vite à vélo, mais terminant par sa « fierté d’avoir tenu bon » et de terminer au pied du podium. Pas si loin que ça du trio international finalement. Bénédicte s’est également projetée dans un futur pas si lointain. Les championnats de France des moins de 23 ans approchent vite. Le 27 mai, à Rennes, la jeune licenciée en biologie jouera une nouvelle carte. « La plus importante de la saison » a-t-elle confié.

Patrick Vernay : "Port Macquarie a laissé des traces"
Le champion calédonien n’est pas homme à chercher des excuses. Il a toutefois reconnu qu’il se ressentait encore de l’IronMan couru au début du mois en Australie.

Vous avez dominé la course presque jusqu’au bout. Que vous manquait-il pour finir le travail ?
Pas grand-chose. Une poignée de secondes. J’aurais dû en prendre une trentaine en vélo. Je ne l’ai pas fait. Ça me coûte la victoire.

On vous a pourtant vu fournir beaucoup d’efforts à vélo...
Oui, j’ai sans cesse relancé, j’ai appuyé dans les bosses, j’ai beaucoup donné. Mais je n’ai pas fait le trou. Je ne sais pas ce qui s’est passé derrière. Moi, devant, j’ai roulé seul.

Ne pas « faire le trou » comme vous le vouliez est-ce dû à la fatigue après l’effort consenti à l’IronMan de Port Macquarie, le 2 avril dernier ?
Evidemment. Malgré toute ma volonté, j’ai manqué de rythme. Ça s’est vu. Port Macquarie a laissé des traces. On ne passe pas sans souffrir d’un marathon couru à une moyenne de 15 km/h à un 10 000 m à 17 km/h...

Quand avez-vous su que vous n’alliez pas gagner ?
Dès le premier tour de la course à pied. J’ai vu Amey qui revenait très vite. Il m’avait repris une trentaine de secondes. Il était vraiment trop fort.

Déçu ?
Oui déçu car je cours ici chez moi, je l’ai répété à maintes reprises, cette course est celle qui me tient le plus à cœur. Mais je n’ai rien à me reprocher. J’ai fait la course que je devais faire.

Textes : Stéphane Sisco

Triathlon de Nouméa
Nouméa, Nouvelle-Calédonie

Dimanche 23 avril 2006
Natation 1.5km, Vélo 40km, Course 10km

Top 10 masculin :
1 AMEY PAUL GBR 1:49:55
2 ELLICE CLARK NZL 1:50:05
3 VERNAY PATRICK FRA 1:50:14
4 HOPPER MATT AUS 1:51:17
5 BOURGADEL CYRILLE FRA 1:51:48
6 CAMPBELL NATHAN AUS 1:52:20
7 SHELDRAKE STEPHEN 1:53:27
8 JEPSON TOM 1:54:13
9 O'NEILL SEAN 1:55:41
10 VAN BARNEVELD MARTIN 1:56:36

Top 10 féminin :
1 MOFFAT EMMA AUS 2:01:40
2 WARRINER SAM NZL 2:03:59
3 ASHTON MELISSA AUS 2:05:26
4 HALLORAN BELINDA AUS 2:08:25
5 MEUNIER BENEDICTE FRA 2:08:42
6 WILLIAMSON EVELYN NZL 2:14:26
7 PYRLIK MARION 2:16:51
8 BENEBIG JUDITH FRA 2:28:51
9 GRANGEON CATHERINE FRA 2:30:40
10 GARIOUD EMANUELLE FRA 2:31:27

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