Triathlon international : la promenade de l’Anglais
Photo par Nouvelles Calédoniennes
En embuscade, Amey a ainsi longtemps patienté avant de tirer le dernier. Une foulée de plus en plus allongée, alors que le pas du Calédonien se faisait lourd, et il est inexorablement revenu sur Vernay. Avec le Néo-Zélandais Clark Ellice en poisson pilote, il l’a usé mentalement pour le rejoindre au dernier demi-tour, avant de le déposer en repartant vers l’aquarium. Les spectateurs ont eu beau crier, applaudir, hurler, Vernay n’avait plus les jambes, ni le souffle, pour remonter. Même plus pour résister à Ellice qui le doublait lui aussi, lui soufflant la deuxième place.
Terrible finisseur
Dommage, vraiment
dommage. Si le laxisme des arbitres et l’abus du drafting par ses
concurrents l’avaient privé de victoire l’an dernier, c’est cette
fois l’Ironman de Port Macquarie, il y a trois semaines, qui lui
ôte une troisième victoire dans la course de son cœur.
Émoussé,Vernay a pourtant tenu à faire le spectacle en se portant
rapidement aux avant-postes. Dans le deuxième groupe au sortir de
la natation, il s’est vite porté en tête de la course à vélo.
Creusant ainsi l’écart pour rallier le parc avec une minute
d’avance. Bien mais, donc, pas suffisant pour éviter le retour
d’Amey et d’Ellice. Trente secondes de plus auraient suffi pour
s’imposer. Où aurait-il pu les prendre ? Pas en natation, ce
n’est pas son point fort. En vélo ? C’est évidemment là qu’il
faut chercher. Vernay n’a pourtant jamais relâché son effort,
accélérant dans les bosses. Mais sans doute pas assez. Ah ! Port
Macquarie... Mais allez, on ne va tout de même lui reprocher
d’avoir flirté avec la première place en Australie et d’y avoir
composté son billet pour la finale de Hawaï au détriment d’un
troisième succès à la maison.
Vernay sur tous les fronts. Le plus beau était au début du mois.
Celui d’hier aurait rajouté à son palmarès une ligne
supplémentaire. Mais à tout prendre, soyez certains que
l’insatiable compétiteur qu’il est s’est déjà fait une raison. Et
quand bien même il s’était aligné au top de sa forme, frais comme
un tazar, aurait-il pu contenir le retour de Paul Amey ?
L’expérience du Britannique sur l’exercice de la courte distance
(1,5 km de natation, 40 km de vélo, 10 km de course à pied) en
fait un terrible finisseur. Il l’a prouvé hier.
Et ce qui ne fut jamais une promenade en est, tout d’un coup,
devenue une.
Meunier va plus vite
Bénédicte Meunier est enfin passée sous la barre des 2 h 10 min.
sur un triathlon courte distance. Elle a désormais les cheveux
courts et la distance, courte, lui sied mieux qu’avant. Heureuse
d’être la meilleure Calédonienne l’année dernière, elle se disait
toutefois déçue de ne pas faire un bon temps. Hier, son chrono
s’est arrêté sur 2 h 08 minutes. Neuf minutes de bonification en
un an. Enorme ! Ravie, « Béné » a embrassé son papa de directeur
de course, puis a sagement répondu aux questions de la presse.
Lâchant pour commencer un « c’est que du bonheur », enchaînant
avec un « quelle perf », analysant sa course en reconnaissant son
« coup au moral » en voyant les trois Australiennes la décrocher
très vite à vélo, mais terminant par sa « fierté d’avoir tenu bon
» et de terminer au pied du podium. Pas si loin que ça du trio
international finalement. Bénédicte s’est également projetée dans
un futur pas si lointain. Les championnats de France des moins de
23 ans approchent vite. Le 27 mai, à Rennes, la jeune licenciée
en biologie jouera une nouvelle carte. « La plus importante de la
saison » a-t-elle confié.
Patrick Vernay : "Port Macquarie a laissé des
traces"
Le champion calédonien n’est pas homme à chercher des excuses. Il
a toutefois reconnu qu’il se ressentait encore de l’IronMan couru
au début du mois en Australie.
Vous avez dominé la course presque jusqu’au bout. Que vous
manquait-il pour finir le travail ?
Pas grand-chose. Une poignée de secondes. J’aurais dû en prendre
une trentaine en vélo. Je ne l’ai pas fait. Ça me coûte la
victoire.
On vous a pourtant vu fournir beaucoup d’efforts à
vélo...
Oui, j’ai sans cesse relancé, j’ai appuyé dans les bosses, j’ai
beaucoup donné. Mais je n’ai pas fait le trou. Je ne sais pas ce
qui s’est passé derrière. Moi, devant, j’ai roulé seul.
Ne pas « faire le trou » comme vous le vouliez est-ce dû à la
fatigue après l’effort consenti à l’IronMan de Port Macquarie, le
2 avril dernier ?
Evidemment. Malgré toute ma volonté, j’ai manqué de rythme. Ça
s’est vu. Port Macquarie a laissé des traces. On ne passe pas
sans souffrir d’un marathon couru à une moyenne de 15 km/h à un
10 000 m à 17 km/h...
Quand avez-vous su que vous n’alliez pas gagner ?
Dès le premier tour de la course à pied. J’ai vu Amey qui
revenait très vite. Il m’avait repris une trentaine de secondes.
Il était vraiment trop fort.
Déçu ?
Oui déçu car je cours ici chez moi, je l’ai répété à maintes
reprises, cette course est celle qui me tient le plus à cœur.
Mais je n’ai rien à me reprocher. J’ai fait la course que je
devais faire.
Textes : Stéphane Sisco
Triathlon de Nouméa
Nouméa, Nouvelle-Calédonie
Dimanche 23 avril 2006
Natation 1.5km, Vélo 40km, Course 10km
Top 10 masculin :
1 AMEY PAUL GBR 1:49:55
2 ELLICE CLARK NZL 1:50:05
3 VERNAY PATRICK FRA 1:50:14
4 HOPPER MATT AUS 1:51:17
5 BOURGADEL CYRILLE FRA 1:51:48
6 CAMPBELL NATHAN AUS 1:52:20
7 SHELDRAKE STEPHEN 1:53:27
8 JEPSON TOM 1:54:13
9 O'NEILL SEAN 1:55:41
10 VAN BARNEVELD MARTIN 1:56:36
Top 10 féminin :
1 MOFFAT EMMA AUS 2:01:40
2 WARRINER SAM NZL 2:03:59
3 ASHTON MELISSA AUS 2:05:26
4 HALLORAN BELINDA AUS 2:08:25
5 MEUNIER BENEDICTE FRA 2:08:42
6 WILLIAMSON EVELYN NZL 2:14:26
7 PYRLIK MARION 2:16:51
8 BENEBIG JUDITH FRA 2:28:51
9 GRANGEON CATHERINE FRA 2:30:40
10 GARIOUD EMANUELLE FRA 2:31:27







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