Publié le: 20 Avril 2006
Par: Luc Micoud
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Le TGVR ne veut pas manquer le train

Photo par Luc Micoud

Alors que la saison approche et que la division 2 va bientôt connaître une nouvelle formule de championnat, nous avons recueilli les impressions de celui qui franchit l’an passé en tête la ligne d’arrivée de la finale à Avion : Nicolas Bolon
Visiblement, la bonne humeur est de mise au sein du TGVR qui s’est déclaré d’emblée comme candidat à la montée, mais elle n’exclue pas le sérieux et la motivation. Petite revue des troupes avec un grand bonhomme du TGVR.

Xtriathlon : Quelle a été votre première réaction à l’annonce (officielle) de ce nouveau championnat de France de division 2. Quels sont les points positifs que vous dégagez de cette première proposition de la FFTri pour 2006 ? Et les critiques qui vous viennent à l’esprit ?
Nicolas Bolon : L’annonce de cette nouvelle formule pour la D2 marque un tournant dans l’évolution du triathlon français et devenait une étape nécessaire. Les promus en D1 ne peuvent plus se permettre d’arriver de nulle part et prétendre uniquement à « apprendre » au vu du niveau exceptionnel qu’offre les Grands Prix.
La proposition de la FFTri est conforme aux idées initiales émises par certains clubs de l’année précédente (il faut notamment saluer l’initiative du TriSud 18 qui est à l’origine du projet). L’idée était d’instaurer une compétition à plusieurs étapes sur toute la saison pour garantir l’accès à la D1 aux clubs les plus solides financièrement et sportivement. Cela devait ainsi éviter une course unique où le facteur chance jouait un rôle trop important et d’éviter aussi que des « invités » de dernière minute, qui se découvraient un soudain désir d’atteindre l’élite à la mi-juillet lorsque les portes de la finale se présentaient, accèdent à cette D1… C’est donc chose faite, nous avons un véritable circuit D2, anti-chambre de la D1.
Les seuls critiques pourraient porter sur les distances et formats qui ne sont pas encore clairement définis et assez peu variés (un CD pourrait être sympa tout comme le CLM par équipes !)… mais c’est un moindre mal au vu de la relative rapidité avec lequel le projet s’est monté !

Xtriathlon : Pensez-vous ce circuit viable à moyen et long terme, en dehors des équipes visant l’accession à la D1 ? La D2 peut-elle motiver sur le long terme des équipes qui n’ont pas les moyens sportifs de monter en D1 ?
Nicolas Bolon : C’est sans doute le seul problème qui empêchait la création d’un circuit plus tôt : y a-t’il suffisamment de clubs aptes à encaisser 3, 4 voire 5 étapes financièrement ? (et sportivement ?) Au vu des rumeurs des compositions des équipes cette année, et de leurs ambitions, et du nombre d’inscrits, on peut véritablement être rassurés !
Pour les années à venir, il faut espérer que les clubs qui passent tout près de la montée, restent motivés : qu’ils sachent conserver un effectif performant (quid du « pillage » par les clubs de D1 ?) et s’armer d’un trésorier aux nerfs d’acier !
Aussi, personnellement, je ne vois pas un club en D2 sans un objectif de D1 à long terme, au moins pour leurs jeunes. Même si les clubs modestes ne se fixent pas d’échéances, je pense que ces clubs joueront le rôle de clubs formateurs pour les futurs champions de la D1 de demain. C’est comme ça que je vois la D2 : composée de clubs qui donnent la possibilité à leurs jeunes de s’élever jusqu’à l’élite, ne cherchant pas un résultat à tout prix et quelques autres (4 ou 5 au plus) visant la montée.

Xtriathlon : Quelle est la composition de l’équipe communiquée fin janvier à la fédé ? Quels athlètes en seront les leaders désignés ? Moyenne d’âge de l’équipe ?

Nicolas BOLON : U23. En 2005 : 18ème ETU Genève, 8ème CF U23, 1er finale D2 à Avion.
Frédéric DOREZ : U23. En 2005 : 3ème CF Junior (sélection éq. De France), 50ème ETU Zundert.
Robert McLAREN (Sui) : S1. En 2005 : 25ème ETU Zundert.
Olivier CARSANA : S3/4. En 2005: vainqueur du tri sapin DO
Pascal DUMONCEAU: V1. En 2005 : 11ème à Embrun (long), 2ème ½ IM Monaco en S4.
Philippe BRISSAUD : S4. Ex membre équipe Assystem, Top 20 Embrun (long), 8ème CD Embrun 2004.
Eric MONNET, coach “en chef” : S4. Ex membre équipe Assystem, 6 top 10 à Embrun (long), 1er français à Lanzarote 2005.
Frédéric ROUJOL, coach “des jeunes” : S2. Joker de Luxe : sort dans les 10 premiers de l’eau et classe l’équipe à chaque fois !
Et l’unique recrue (et non des moindres !) pour cette saison… Guillaume DOMINGO. Après une année sans club, il revient pour confirmer que sa 8ème place sur le long d’Embrun 2004 (meilleur nageur), sous les couleurs du Triathl’Aix, n’était pas le fruit du hasard !
Ajoutons à cette liste, l’Avignonais Nicolas Gomord, mais qui a rejoint le TGVR avant tout pour l’épreuve Embrunaise et qui n’a que très peu de chances de s’aligner sur la D2
Moyenne d'âge ? Pouuuffff !!!
Aucun leader évidemment, puisqu’on est tous des grandes gueules…

Xtriathlon : Quelle devrait être selon vous : - l’étape qui à priori vous conviendra le plus (par rapport au profil, au calendrier et autres courses,….), et celle que vous redoutez le plus ? Que pensez-vous des formats finalement proposés (3 Sprints avec drafting + un CLM par équipes) ?
Nicolas Bolon : On devrait avoir une équipe performante à chaque fois, composée à peu près autour des mêmes éléments : Fred Dorez, Robert McLaren, Guillaume Domingo et moi-même. Ensuite, peu importe le format, on fera en fonction des disponibilités de chacun, les inévitables blessures et les objectifs personnels… Mais en gros, ce seront les vieux briscards en début de saison pour leur faire faire du rythme (ben ouais faut bien les dérouiller après l’hibernation !) et ensuite lorsqu’ils seront sur Embrun ou Monaco, on mettra le blagueur fou, un p’tit suisse ou un coach…
Un CLM , c’est vraiment excellent à tout point de vu : sur le plan sportif, cela met en valeur les équipes homogènes et rappelle que la compétition est un championnat par équipe; sur un plan humain, cela permet de prendre du plaisir en équipe et renforcer la cohésion du groupe, en mettant le résultat au second plan. Il tombe pour nous à une période charnière ou certains gros rouleurs qui nous auraient été utiles seront en pleine prépa pour Embrun, mais on verra.

Xtriathlon : Quels sont vos objectifs sportifs pour cette saison 2006 ?
Nicolas Bolon : A vrai dire nous ne nous mettons aucun objectif pour 2006 en ce qui concerne la D2. Mais il est hors de question de ne pas monter dès cette année ! (Hi hi !) Bref, pas vraiment de pression, mais l’envie de se faire plaisir à chaque fois et de participer à cette grande fête qui semble très très excitante ! Mais surtout, pour le coach, c’est de ne pas re-connaître la frustration de l’an dernier (chute de Fred Dorez à vélo, Robert McLaren en pleine révision d’examens,…)

Xtriathlon : Le choix des épreuves et plus particulièrement des lieux retenus a t-il globalement satisfait vos athlètes ?
Nicolas Bolon : N’ayant aucune épreuve d’organisée dans le quart sud-est de la France, cela ne doit satisfaire aucun club de notre région… mais cela reflète sans doute le dynamisme des organisateurs de l’ouest et du nord. Tant mieux pour eux, tant pis pour nous !

Xtriathlon : Avez-vous le sentiment que cette organisation en 4 étapes vous a permis de mieux démarcher d’éventuels partenaires grâce à une meilleure lisibilité ? Mieux encore de décrocher de nouveaux budgets ? Ou bien vous contraint-elle d’ores et déjà à « taper un peu plus dans la caisse » ?
Nicolas Bolon : Il est évident que ce nouveau format de compétition favorise la compréhension de notre projet sportif et humain auprès de nos éventuels partenaires. Mais au niveau des partenaires privés, cela ne les incite guère à nous aider un peu plus. Sur Valence, la difficulté réside dans le regard porté par les entrepreneurs locaux sur les sports de la ville et encore plus pour notre sport. Malgré le soutien nouveau et très fort du Conseil Général de la Drôme (merci à eux), les nouveaux partenaires sont issus des relations professionnelles de nos adhérents. Nous n’arrivons même pas à séduire une des marques les plus prestigieuses au monde des composants carbones de vélo, 100% locale (siège social, bureau d’étude et usine), qui reste très frileuse pour nous aider financièrement ou techniquement.
Mais nous persévérons et globalement, pour cette année, nos quelques nouveaux partenaires devraient nous permettre de voyager sereinement, sans « taper dans la caisse »… Espérons que pour les prochaines saisons cela continue en ce sens !

Xtriathlon : Ce championnat a t-il reçu un accueil plus particulier chez vos jeunes cadets ou juniors ? A t-il motivé les meilleurs à rester chez vous plutôt qu’à se laisser tenter par un club de D1 ? Ou encore votre engagement en D2 vous a t-il permis d’en attirer de nouveaux ?
Nicolas Bolon
: Les athlètes concernés par cette D2 sont les mêmes que l’an dernier, re-mobiliser tout le monde n’a pas été difficile, surtout en passant à rien d’une montée. Cependant, nous n’avons aucun jeune dans notre équipe, car ils ne sont encore que de jeunes pousses. Ils sont très attentifs à notre parcours et nous savons que dans l’avenir, nous n’aurons aucun problème pour composer une équipe très performante avec uniquement ces jeunes formés par Fred Roujol. C’est donc un peu pour eux que nous devons accéder à la D1.
A Valence, nous disposons d’un cadre extrêmement favorable pour nous entraîner. Nous n’avons rien à envier au pôle France et cela suffit à nous garder à la maison. Cette D2 ne change pas grand chose dans notre manière de fonctionner mais permet d’avoir un objectif commun. Cela renforce donc d’autant plus la cohésion du groupe et nous fait travailler dans le même sens, sans nous isoler dans la préparation de nos objectifs personnels qui sont souvent incompatibles. De plus, il est vrai, que grâce à cette nouvelle formule de D2, les clubs ne sont plus les victimes de la D1 mais bien des « aspirateurs » de talents régionaux. Reste à savoir si c’est l’effet nouveauté ou bien l’effet D2. Pour nous, le recrutement se restreint à un élément qui nous est très familier, nous n’avons donc que peu profité de la création du nouveau circuit.

Xtriathlon : Comment voyez-vous votre évolution future dans ce championnat si vous deviez y rester ? En clair tentez-vous l’aventure une année ? Ou alors vous êtes-vous déjà fixés des objectifs sur plusieurs saisons ?
Nicolas Bolon : Nous resterons en D2 aussi longtemps que nous échouerons à l’accession pour la D1. Nous n’abandonnerons jamais !!! Plus sérieusement, on espère que cela se fera le plus rapidement possible, mais cela n’est pas vital pour le club : faire la D1 ou la D2 ne change quasiment rien financièrement. Les changements sont seulement sportifs ou en terme d’image et avec notre école de triathlon de 50 garnements, nous comptons bien nous installer sur les circuits nationaux pour longtemps et quitte à y être…. parmi l’élite…

Xtriathlon : En trois mots que vous souhaiter pour cette saison ?
Nicolas Bolon : de Très Grandes Victoires…

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