Le TGVR ne veut pas manquer le train
Photo par Luc Micoud
Xtriathlon : Quelle a été votre première
réaction à l’annonce (officielle) de ce nouveau championnat de
France de division 2. Quels sont les points positifs que vous
dégagez de cette première proposition de la FFTri pour 2006 ? Et
les critiques qui vous viennent à l’esprit ?
Nicolas Bolon : L’annonce de cette nouvelle
formule pour la D2 marque un tournant dans l’évolution du
triathlon français et devenait une étape nécessaire. Les promus
en D1 ne peuvent plus se permettre d’arriver de nulle part et
prétendre uniquement à « apprendre » au vu du niveau exceptionnel
qu’offre les Grands Prix.
La proposition de la FFTri est conforme aux idées initiales
émises par certains clubs de l’année précédente (il faut
notamment saluer l’initiative du TriSud 18 qui est à l’origine du
projet). L’idée était d’instaurer une compétition à plusieurs
étapes sur toute la saison pour garantir l’accès à la D1 aux
clubs les plus solides financièrement et sportivement. Cela
devait ainsi éviter une course unique où le facteur chance jouait
un rôle trop important et d’éviter aussi que des « invités » de
dernière minute, qui se découvraient un soudain désir d’atteindre
l’élite à la mi-juillet lorsque les portes de la finale se
présentaient, accèdent à cette D1… C’est donc chose faite, nous
avons un véritable circuit D2, anti-chambre de la D1.
Les seuls critiques pourraient porter sur les distances et
formats qui ne sont pas encore clairement définis et assez peu
variés (un CD pourrait être sympa tout comme le CLM par équipes
!)… mais c’est un moindre mal au vu de la relative rapidité avec
lequel le projet s’est monté !
Xtriathlon : Pensez-vous ce circuit viable à
moyen et long terme, en dehors des équipes visant l’accession à
la D1 ? La D2 peut-elle motiver sur le long terme des équipes qui
n’ont pas les moyens sportifs de monter en D1 ?
Nicolas Bolon : C’est sans doute le seul
problème qui empêchait la création d’un circuit plus tôt : y
a-t’il suffisamment de clubs aptes à encaisser 3, 4 voire 5
étapes financièrement ? (et sportivement ?) Au vu des rumeurs des
compositions des équipes cette année, et de leurs ambitions, et
du nombre d’inscrits, on peut véritablement être rassurés !
Pour les années à venir, il faut espérer que les clubs qui
passent tout près de la montée, restent motivés : qu’ils sachent
conserver un effectif performant (quid du « pillage » par les
clubs de D1 ?) et s’armer d’un trésorier aux nerfs d’acier
!
Aussi, personnellement, je ne vois pas un club en D2 sans un
objectif de D1 à long terme, au moins pour leurs jeunes. Même si
les clubs modestes ne se fixent pas d’échéances, je pense que ces
clubs joueront le rôle de clubs formateurs pour les futurs
champions de la D1 de demain. C’est comme ça que je vois la D2 :
composée de clubs qui donnent la possibilité à leurs jeunes de
s’élever jusqu’à l’élite, ne cherchant pas un résultat à tout
prix et quelques autres (4 ou 5 au plus) visant la montée.
Xtriathlon : Quelle est la composition de l’équipe communiquée fin janvier à la fédé ? Quels athlètes en seront les leaders désignés ? Moyenne d’âge de l’équipe ?
Nicolas BOLON : U23. En 2005 : 18ème ETU Genève, 8ème CF U23, 1er
finale D2 à Avion.
Frédéric DOREZ : U23. En 2005 : 3ème CF Junior (sélection éq. De
France), 50ème ETU Zundert.
Robert McLAREN (Sui) : S1. En 2005 : 25ème ETU Zundert.
Olivier CARSANA : S3/4. En 2005: vainqueur du tri sapin DO
Pascal DUMONCEAU: V1. En 2005 : 11ème à Embrun (long), 2ème ½ IM
Monaco en S4.
Philippe BRISSAUD : S4. Ex membre équipe Assystem, Top 20 Embrun
(long), 8ème CD Embrun 2004.
Eric MONNET, coach “en chef” : S4. Ex membre équipe Assystem, 6
top 10 à Embrun (long), 1er français à Lanzarote 2005.
Frédéric ROUJOL, coach “des jeunes” : S2. Joker de Luxe : sort
dans les 10 premiers de l’eau et classe l’équipe à chaque fois
!
Et l’unique recrue (et non des moindres !) pour cette saison…
Guillaume DOMINGO. Après une année sans club, il revient pour
confirmer que sa 8ème place sur le long d’Embrun 2004 (meilleur
nageur), sous les couleurs du Triathl’Aix, n’était pas le fruit
du hasard !
Ajoutons à cette liste, l’Avignonais Nicolas Gomord, mais qui a
rejoint le TGVR avant tout pour l’épreuve Embrunaise et qui n’a
que très peu de chances de s’aligner sur la D2
Moyenne d'âge ? Pouuuffff !!!
Aucun leader évidemment, puisqu’on est tous des grandes gueules…
Xtriathlon : Quelle devrait être selon vous : -
l’étape qui à priori vous conviendra le plus (par rapport au
profil, au calendrier et autres courses,….), et celle que vous
redoutez le plus ? Que pensez-vous des formats finalement
proposés (3 Sprints avec drafting + un CLM par équipes) ?
Nicolas Bolon : On devrait avoir une équipe
performante à chaque fois, composée à peu près autour des mêmes
éléments : Fred Dorez, Robert McLaren, Guillaume Domingo et
moi-même. Ensuite, peu importe le format, on fera en fonction des
disponibilités de chacun, les inévitables blessures et les
objectifs personnels… Mais en gros, ce seront les vieux briscards
en début de saison pour leur faire faire du rythme (ben ouais
faut bien les dérouiller après l’hibernation !) et ensuite
lorsqu’ils seront sur Embrun ou Monaco, on mettra le blagueur
fou, un p’tit suisse ou un coach…
Un CLM , c’est vraiment excellent à tout point de vu : sur le
plan sportif, cela met en valeur les équipes homogènes et
rappelle que la compétition est un championnat par équipe; sur un
plan humain, cela permet de prendre du plaisir en équipe et
renforcer la cohésion du groupe, en mettant le résultat au second
plan. Il tombe pour nous à une période charnière ou certains gros
rouleurs qui nous auraient été utiles seront en pleine prépa pour
Embrun, mais on verra.
Xtriathlon : Quels sont vos objectifs sportifs
pour cette saison 2006 ?
Nicolas Bolon : A vrai dire nous ne nous mettons
aucun objectif pour 2006 en ce qui concerne la D2. Mais il est
hors de question de ne pas monter dès cette année ! (Hi hi !)
Bref, pas vraiment de pression, mais l’envie de se faire plaisir
à chaque fois et de participer à cette grande fête qui semble
très très excitante ! Mais surtout, pour le coach, c’est de ne
pas re-connaître la frustration de l’an dernier (chute de Fred
Dorez à vélo, Robert McLaren en pleine révision d’examens,…)
Xtriathlon : Le choix des épreuves et plus
particulièrement des lieux retenus a t-il globalement satisfait
vos athlètes ?
Nicolas Bolon : N’ayant aucune épreuve
d’organisée dans le quart sud-est de la France, cela ne doit
satisfaire aucun club de notre région… mais cela reflète sans
doute le dynamisme des organisateurs de l’ouest et du nord. Tant
mieux pour eux, tant pis pour nous !
Xtriathlon : Avez-vous le sentiment que cette
organisation en 4 étapes vous a permis de mieux démarcher
d’éventuels partenaires grâce à une meilleure lisibilité ? Mieux
encore de décrocher de nouveaux budgets ? Ou bien vous
contraint-elle d’ores et déjà à « taper un peu plus dans la
caisse » ?
Nicolas Bolon : Il est évident que ce nouveau
format de compétition favorise la compréhension de notre projet
sportif et humain auprès de nos éventuels partenaires. Mais au
niveau des partenaires privés, cela ne les incite guère à nous
aider un peu plus. Sur Valence, la difficulté réside dans le
regard porté par les entrepreneurs locaux sur les sports de la
ville et encore plus pour notre sport. Malgré le soutien nouveau
et très fort du Conseil Général de la Drôme (merci à eux), les
nouveaux partenaires sont issus des relations professionnelles de
nos adhérents. Nous n’arrivons même pas à séduire une des marques
les plus prestigieuses au monde des composants carbones de vélo,
100% locale (siège social, bureau d’étude et usine), qui reste
très frileuse pour nous aider financièrement ou
techniquement.
Mais nous persévérons et globalement, pour cette année, nos
quelques nouveaux partenaires devraient nous permettre de voyager
sereinement, sans « taper dans la caisse »… Espérons que pour les
prochaines saisons cela continue en ce sens !
Xtriathlon : Ce championnat a t-il reçu un
accueil plus particulier chez vos jeunes cadets ou juniors ? A
t-il motivé les meilleurs à rester chez vous plutôt qu’à se
laisser tenter par un club de D1 ? Ou encore votre engagement en
D2 vous a t-il permis d’en attirer de nouveaux ?
Nicolas Bolon : Les athlètes concernés par cette D2 sont
les mêmes que l’an dernier, re-mobiliser tout le monde n’a pas
été difficile, surtout en passant à rien d’une montée. Cependant,
nous n’avons aucun jeune dans notre équipe, car ils ne sont
encore que de jeunes pousses. Ils sont très attentifs à notre
parcours et nous savons que dans l’avenir, nous n’aurons aucun
problème pour composer une équipe très performante avec
uniquement ces jeunes formés par Fred Roujol. C’est donc un peu
pour eux que nous devons accéder à la D1.
A Valence, nous disposons d’un cadre extrêmement favorable pour
nous entraîner. Nous n’avons rien à envier au pôle France et cela
suffit à nous garder à la maison. Cette D2 ne change pas grand
chose dans notre manière de fonctionner mais permet d’avoir un
objectif commun. Cela renforce donc d’autant plus la cohésion du
groupe et nous fait travailler dans le même sens, sans nous
isoler dans la préparation de nos objectifs personnels qui sont
souvent incompatibles. De plus, il est vrai, que grâce à cette
nouvelle formule de D2, les clubs ne sont plus les victimes de la
D1 mais bien des « aspirateurs » de talents régionaux. Reste à
savoir si c’est l’effet nouveauté ou bien l’effet D2. Pour nous,
le recrutement se restreint à un élément qui nous est très
familier, nous n’avons donc que peu profité de la création du
nouveau circuit.
Xtriathlon : Comment voyez-vous votre évolution
future dans ce championnat si vous deviez y rester ? En clair
tentez-vous l’aventure une année ? Ou alors vous êtes-vous déjà
fixés des objectifs sur plusieurs saisons ?
Nicolas Bolon : Nous resterons en D2 aussi
longtemps que nous échouerons à l’accession pour la D1. Nous
n’abandonnerons jamais !!! Plus sérieusement, on espère que cela
se fera le plus rapidement possible, mais cela n’est pas vital
pour le club : faire la D1 ou la D2 ne change quasiment rien
financièrement. Les changements sont seulement sportifs ou en
terme d’image et avec notre école de triathlon de 50 garnements,
nous comptons bien nous installer sur les circuits nationaux pour
longtemps et quitte à y être…. parmi l’élite…
Xtriathlon : En trois mots que vous souhaiter
pour cette saison ?
Nicolas Bolon : de Très Grandes Victoires…







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