Un marathon… enneigé
Photo par Olivier Mely
C’est la première fois que je participe à ce superbe marathon de ski de fond mais vous pouvez me croire, certainement pas la dernière…
19 mars 2006.
Dimanche, 6h00 du mat'. Le réveil sonne. Un coup d'œil au dehors,
il fait encore un peu sombre mais on distingue quand même le
ciel, bien chargé de nuages. Tant pis, on verra bien…
Petit dèj rapide, 1/3 de carbo-cake (trop cuit !), un café et
basta, j'ai bien mangé la veille (des pâtes !), alors pas besoin
d'en rajouter.
Le temps de charger le matos dans la voiture, hop, direction
Annecy par l'autoroute puis le plateau des Glières par une route
de montagne sympa mais bien sinueuse.
Je file retirer mon dossard et reçois en prime 2 cadeaux bien
cool : un bonnet de ski de fond Odlo, aux couleurs du Marathon
des Glières et une serviette éponge de bain. De la bonne
organisation ça. Et c'est pas fini (vous verrez plus loin…).
Retour à la voiture pour me changer et gratter un peu les skis.
J'ai mis hier du fart tip-top, conseillé par mon pote de Sport
2000 : y'a intérêt à ce que ça marche, ou plutôt glisse, parce
que 42 bornes avec du scotch aux pieds, ça craint !
Faut dire que le temps est bizarre, couvert mais on a pas froid,
je dirais 2°C aux Glières (1500m) et ça devrait encore se
réchauffer. Celui qui a farté froid va pleurer dans 1 heure !
Petit échauffement de 10', histoire de dire, mais cette course
est un peu spéciale, en général et pour moi également : le départ
se fait en 4 lignes (élite 42km, les autres du 42km, ceux du
22km, ceux du 15km), soit 1 200 coureurs ! Un faux plat
descendant sur 2 bornes, heureusement large de 200m au départ sur
environ 500 m puis large de 10m par la suite : ça devrait pas
bouchonner de trop.
Spéciale pour moi car c'est mon 1er marathon de ski de fond.
Certes, je ne me pose pas trop le problème de savoir si je le
finirai mais plutôt comment je dois gérer l'affaire.
Le gars Alain (Calonne) me dit de rester souple au début, son
fils Oliv' (mon beauf !) me dit de surtout pas trop faire de
skating au départ mais de bien pousser dans l'axe, sinon adieu
les bâtons !
Je me décide à "gérer" sur au moins 15km avant de lâcher un peu
les gaz. Mais je redoute le coup de barre des 30-35kils. Mais
bon, Alea jacta est (comme on dit vulgairement…)
Reste 5' avant le départ, on se place sur la ligne, les lignes !, le public est nombreux, faut dire que le parcours nous fait passer 4 fois par cette ligne en plus du départ et de l'arrivée : l'ambiance va être chaude, le public en aura plein les yeux…
PAN ! Le départ est donné, ça part à fond devant et derrière
aussi, ceux du 22km nous doublent comme ils peuvent, quelques
chutes mais je ne m'attarde pas à regarder, rester concentré,
sinon c'est la gamelle assurée.
Et des gamelles, il va y en avoir sur ces premiers 500m ! Comme
au cinéma, un gars fait une faute de carre ou tape le ski devant
lui, il tombe et c'est l'empilade, presque au ralenti : si y'a
pas de casse, ça repart, sinon, on plie bien dégoûté et on
revient l'année d'après ! On croise au premier ½ tour un gars
avec un demi bâton, puis plus loin un autre avec un ski réduit à
1m de long, fait pas bon tomber…
Je continue donc de gérer ce début de course, la file commence à s'étirer sur un long faux plat montant, on peut désormais skier en skate, à l'aise. Je croise mon pote Oliv' qui prend les photos et les films, petit salut et on continue la glisse. On repasse devant le public qui nous encourage à tout rompre, quel pied, puis c'est à nouveau le faux plat descendant, nettement moins de monde, les plus rapides sont devant, les moins rapides derrière (normal) et ma pomme dans le milieu de tableau.
20 bornes plus loin, après moult courtes montées et (peu) de
(vraies) descentes, les sensations sont bonnes, je ne me sens pas
fatigué du tout, mais je ne veux pas mettre le turbo tout de
suite, il reste plus de la moitié à faire… et pas la plus facile
!
Je me ravitaille souvent (toutes les 10') avec un gorgeon de
boisson énergétique qui remplit mon nouveau Camelbak, spécial CàP
et ski de fond : au lieu d'être placé dans le dos, ce qui gène le
mouvement des bras, il est autour de la taille, avec une ceinture
élastique en tissu doux, je ne le sens pour ainsi dire pas et
c'est vraiment une excellente solution, je recommande !
Nous passons une première fois au fond de la vallée, c'est la
portion qui finira le parcours, je la repère bien. Pas de vraies
difficultés si ce n'est les 3 derniers kils qui semblent cools
mais sont en faux plats montants avec quelques bons coups de cul,
va pas falloir tout donner entre le 3ème et le 2ème, sinon on
finit à la ramasse…
Pour l'instant, nouveau passage devant la ligne d'arrivée où les
encouragements fusent, direction la fameuse montée des Mouilles.
2km bien sentis qui commencent cool pour finir beaucoup moins
cool. Je gère le bas de la côte en suivant une italienne qui m'a
l'air bien motivée, et 2 gus qui, quant à eux, ont l'air bien
décidés à ne pas me laisser passer (???). Pas mauvais bougre, je
reste derrière et observe. Au bout de 800m, le rythme devant
faiblit un peu, je décide, étant vraiment à l'aise, d'embrayer la
machine et double tout ce petit monde sur un coup de cul un peu
plus sévère que les autres.
J'arrive au panneau 500m qui signale donc la distance avant le
sommet (comme me l'a dit Alain, tu relâches pas avant que ça
descende, dans les Mouilles, on récupère pas !). Et là, la pente
se durcit un chouilla, mais ça me plaît (même si j'attends le
sommet avec impatience quand même). Les cuissots chauffent, le
souffle peine mais le plaisir est là, avec le soleil qui perce
les nuages, trop bon. Au sommet, 3 spectateurs nous applaudissent
et nous crient bravo, sympas à eux d'être montés si haut à pied
pour nous.
La descente est là. Et c'est pas vraiment celle de Kitzbuhel en Autriche, mais ça permet de récupérer un peu avant de tout lâcher pour les 8 derniers km. Je rattrape trois gars qui descendent devant moi mais pas trop en confiance semble-t-il. A l'approche d'un virage serré, je compte les doubler et choisis de passer à leur gauche. Dommage pour moi, le premier se gaufre magistralement dans le virage et je ne peux l'éviter : je tombe sur le c… postérieur et me prends par dessus le marché un des gus sur la tronche, merci pour le coup de bâton ! Heureusement, je suis resté assis sur mes skis et peux me relever dans l'élan de la descente, laissant les autres derrière : ça m'a bien gavé, j'avais pas vraiment prévu de chuter (!).
Reste donc un peu plus de 8 bornes, ce coup-ci, je me donne à
donf et skie en appuyant ferme sur les bras. Je rattrape pas mal
de monde (en tout une trentaine de skieurs sur ces derniers kils)
dont certains qui m'avaient tenu au départ puis lâché sur la
deuxième boucle, je sentais bien que j'allais les revoir, la
différence de niveau n'était pas flagrante (comme quoi, faut pas
partir trop fort… à moins d'être spécialiste).
Je saute tous les ravitos, y m'en reste assez dans ma musette
(camelbak) pour finir et me concentre sur les dernières
difficultés à savoir, une courte descente avec un angle droit
bien technique (et une rivière pour ceux qui loupent le virage
!), une montée de 200m pénible à souhait juste avant le dernier
ravito et ces trois derniers km bien traîtres tout en
montées-descentes courtes et usantes.
Je donne tout ce que j'ai mais je sens bien que mon entraînement
d'une semaine à Bessans à la Noël est loin, et ce sont pas les
deux sorties de la semaine dernière qui suffisent à me donner un
bon niveau.
Je franchis néanmoins la ligne d'arrivée au sprint (y'en avait
un, 10 mètres derrière, qui me chauffait un peu !) en 2h34', pas
trop mal pour un premier marathon, avec une bonne glisse au
départ mais quand même moins performante sur la deuxième partie.
284ème sur 560 participants. Résultat qui me va bien, sachant que
le niveau en ski de fond est vraiment énorme (sans me vanter !),
le gagnant Mister Passeron bouclant l'affaire en 1h45'.
Avec un entraînement adéquat (j'entends en ski de fond), je pense
que les 2h15' sont jouables, dans les mêmes conditions, of
course.
On verra ça l'année prochaine, en tout cas, superbe course,
ambiance de folie tant chez les coureurs que dans le
public.
Et pour 17Euros, outre les cadeaux (bonnet + serviette), vous
avez droit à un plateau-repas phénoménal : salade de lentilles,
diots au vin blanc, polenta et tarte au pomme ! Le tout à
déguster en plein soleil, dans la neige, avec les montagnes
autour : que demander de plus ?
On se voit là-bas l'année prochaine alors ?







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