Carton rouge pour le pire des départs
Photo par La Cachina
Hyères, la ville la plus au sud de la Provence, se situe dans une des régions les plus ensoleillées de France. Il y fait bon pratiquer le triathlon, et s'y entraîner dans des paysages magnifiques. Pourtant
Notre discipline sportive, située par son essence même au plus près de la nature, nous donne l'envie irrésistible de quitter la pollution sonore et atmosphérique autour desquelles s'articule notre quotidien.
Adeptes du triple effort, nous sommes conscients que la nature contribue largement à l'amélioration de notre santé physique et morale, à notre épanouissement.
Qui de nous tous, triathlètes, n'a pas inexorablement orienté son entraînement par une échappatoire de proximité, rassurant, protecteur tel le cadre de la Colle Noire (NDLR : Au Pradet à 5km de Carqueiranne) ? La Gavaresse… nom magique, partie intégrante de l'imagerie pradétane, dont la mixité colline/mer en fait un lieu privilégié sain et rédempteur. Nos sorties pédestres au coeur de ce massif, nous ont signifié à quel point et quel que soit notre âge, cette nature agrémentait et structurait sans fin notre paysage composé d'images, de perceptions et de vertus pédagogiques accessibles à tous. L'homme fait partie de la nature, ce serait une utopie d'opposer la nature à la société, en surprotégeant ces sites pour lutter contre les méfaits de notre civilisation.
Eh oui, en effet, cet été 2005 a mis notre colline à genoux, car en quelques heures la stupidité humaine l'a cruellement décimée.
Comment comprendre l'intolérable ? De tels comportements s'opposent radicalement à un usage de consommation de la nature et la liberté d'y évoluer en général et le sport en particulier, n'ont plus rien à voir avec la finalité escomptée. Nous devons tous nous investir d'une mission de protection, de sensibilisation voire d'éducation s'il faut socialiser les irresponsables.
Lorsque la pratique du triathlon nous met en osmose avec cette nature, toutes nos impressions réflexives et introspectives nous confrontent à notre nature propre.
Tandis que, comme cet été, nous assistons impuissants à cette dégradation irréversible, comment rester indifférents aux lamentations de végétaux embrasés, à cette terre qui gronde dans sa robe de feu, jusqu'à l'air qui flamboie et brûle par ondulations sur les pentes de la Gavaresse…
Quelques mois plus tard, nous nageons toujours, nous roulons, nous courons, mais nous n'entendons plus les rumeurs de la faune. Désormais la lune tristement baigne les squelettes des arbres, la colline endormie semble apaisée Seule la mer rappelle par ses murmures que la vie continue.
Quelle effroyable nuit, puis l'oubli… le silence… jusqu'au prochain été !
Infos :
Hyères est la ville la plus au Sud de la Provence (et une des
plus ensoleillées), sur le même parallèle que le Cap Corse et
Florence en Italie. La ville et sa presqu'île (Porquerolles qui
est la plus grande des trois îles d'Or du golfe de Hyères. Longue
de 7km et large de 3km, c'est l'île la plus habitée et la plus
visitée) offrent 39 km de côtes non bétonnées faites de plages de
sable fin et de criques rocheuses sauvages.
Hyères, cité des palmiers fut pendant de nombreuses années la
station balnéaire favorite de célébrités et d'une partie de
l'élite intellectuelle et bourgeoise. De magnifiques demeures du
début du siècle en témoigne encore autour de la vieille ville.












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