Kathy Tremblay, l'espoir Québécois
Photo par Charlotte Fuhr
Kathy Tremblay : Je suis une fille bien énergique, toujours impliquée dans mille et un projets en même temps. Présentement, j’essaie de joindre les deux bouts entre mon sport et mes études universitaires. Ce n’est pas toujours évident.
Xtriathlon : Tu vis dans un pays fabuleux, mais
où les frimas de l'hiver sont plus (même beaucoup !) longs qu'en
Europe. Dans quelles conditions t'entraînes-tu ?
Kathy Tremblay : S’entraîner au Québec l’hiver,
ce n’est vraiment pas évident surtout quand on est une
triathlète. Nager en piscine ça va ! Faire de la course à pied
dehors ça va aussi (malgré le fait qu’il faut s’habiller avec
plusieurs couches de vêtements) ! Mais, faire du rouleau à
l’intérieur, ça ce n’est vraiment pas évident… je te dirais même
« très ennuyant » ! Ma saison de vélo en extérieur commence
souvent au mois de mars quand on part en camp d’entraînement.
Xtriathlon : Tu as un entraîneur personnel ou tu
t'entraînes seule ?
Kathy Tremblay : Tous les jours, je m’entraîne
avec une petite équipe d’athlète élite soit : Dave Thomas ainsi
que mon amoureux David-James Taché. Nous sommes vraiment chanceux
car nous sommes une belle petite équipe et nous avons un
entraîneur fantastique qui est là, la plupart du temps lors de
nos entraînements.
Xtriathlon : La population de triathlètes au
Québec est-elle élevée ? Quel est le niveau moyen des athlètes
dans ton pays ?
Kathy Tremblay : Vous savez, le Canada est un
très grand pays et je n’ai aucune idée du nombre moyen de
triathlète dans mon pays. Mais, pour ce qui est du Québec, je
sais que l’été, il y a de très beaux circuits de triathlon.
Plusieurs catégories sont à l’honneur ce qui permet entre autres
aux plus jeunes de participer et de nous faire découvrir de
futurs talents. La province de Québec est probablement une des
provinces ou notre fédération provinciale s’implique le plus dans
l’aide aux athlètes. Mais, on est cependant très loin du salaire
potable. Le Canada est un beau et grand pays mais, il est
probablement beaucoup moins impliqué dans le triathlon que la
France avec ses systèmes de clubs etc.
Xtriathlon : La politique sportive Québécoise
est-elle très portée sur le triathlon ? En clair, les budgets
alloués au triple effort sont-ils suffisants pour t'aider à
progresser comme tu le veux ?
Kathy Tremblay : C’est certain qu’en ce moment,
je ne peux vivre des subventions en provenance de mes fédérations
provinciale ou fédérale. Pour faire partie de l’équipe canadienne
sénior, la fédération se base entre autre, sur des critères de
points donc, pour une athlète en développement comme moi, c’est
un peu plus difficile car il faut faire beaucoup de courses avant
d’espérer toucher un petit salaire disons, potable. Heureusement
en ce qui me concerne, c’est grâce à mes commanditaires
personnels comme: « Cascades » et le « Réseau financier Proteck »
que je peux me permettre de consacrer tout mon temps à mes
entraînements et continuer mon cheminement scolaire en même
temps. Je peux me considérer très chanceuse d’être supportée par
de telles entreprises…
Xtriathlon : Ta plus belle perf chez les élites
est actuellement une 15ème place l'an passé en World Cup à
Edmonton. Quels ont été tes sentiments à l'arrivée ?
Kathy Tremblay : En fait, ça été vraiment une
mauvaise course qui ne s’est pas du tout déroulée comme je le
souhaitais. Je suis sortie de l’eau entre le premier et le
deuxième peloton, et j’ai commencé la portion vélo seule avant me
faire rattraper par tout le troupeau… Ensuite, j’ai carrément «
sauté » en course à pied. Mais bon… même si ça été une course qui
m’a vraiment fait mal, je me dis qu’au moins, ce sera une course
à ajouter dans mon « background » d’expérience. Même une course
insatisfaisante sur le plan personnel, nous rapporte toujours un
petit brin de positif, il faut savoir en retirer le meilleur
malgré tout.
Xtriathlon : Chez les U23 tu sembles arriver à
maturité (5ème mondiale l'an passé). Vas-tu te consacrer
entièrement à l'élite cette année ?
Kathy Tremblay : En fait, l’an passé était ma
dernière année chez les U-23, j’aurai 24 ans en juin 2006. Alors
cet été, je m’attaque donc définitivement à la catégorie Élite.
Xtriathlon : Quel est ton plus beau rêve sportif
?
Kathy Tremblay : En fait, ce que je voudrais le
plus, c’est de vivre de mon sport le plus longtemps possible.
Aussi, il est évident, que de participer aux Jeux Olympiques et
représenter mon pays et aussi mon Québec, est un rêve d’enfance.
Xtriathlon : … et quel est ton plus mauvais
souvenir ?
Kathy Tremblay : Il n’y a pas si longtemps, j’ai
récupéré d’une blessure au tendon d’achile, ce qui a terriblement
ralenti mon rythme d’entraînement et, tout de suite après ma
réhabilitation, une autre blessure a suivi et là… je croyais que
c’était la fin ! Malgré tout le calvaire que j’ai vécu, je crois
que c’est mon amour pour mon sport qui me permet d’être encore là
aujourd’hui et d’avoir retrouvé la forme après de telles
blessures. Aujourd’hui, je suis comme neuve et je « pète le feu
». On verra bien ça dans mes courses cet été !
Xtriathlon : Tu me disais en aparté que tu
aimerais venir en France, et pourquoi ne pas intégrer une équipe
tricolore. Que penses-tu du niveau français ?
Kathy Tremblay : Pour moi la France, c’est comme
un petit fantasme… étant jeune, j’ai toujours été fascinée par
votre pays. Mes ancêtres, une partie de mon histoire et de mes
origines viennent de chez vous – j’espère avoir la chance de
réaliser ce rêve et de vivre l’expérience Française. On ne sait
jamais ce que l’avenir nous réserve !
Xtriathlon : Allez on va taper du pied vers les
coachs qui nous lisent : quelle serait pour toi l'équipe idéale
?
Kathy Tremblay : Difficile à dire, car en ce
moment je considère que j’ai vraiment l’équipe idéale. Un bon
coach, des bons partenaires d’entraînement, une famille
extraordinaire, une équipe de commanditaires et de professionnels
de la santé fantastique qui me supporte à merveille. La seule
chose qui me reste à faire est de persévérer dans l’atteinte de
mes objectifs, de continuer à progresser et de performer afin
d’atteindre mes buts. Après 2008 mon entraîneur va probablement
prendre sa retraite du coaching alors la porte sera grande
ouverte pour une nouvelles aventure.
Xtriathlon : Quels sont tes hobbies, en dehors
du triathlon ?
Kathy Tremblay : En ce moment, je vous dirai que
je consacre la majorité de mon temps à mes études et à mon sport.
Tant que je n’aurais pas terminé l’université, je ne pourrais pas
me permettre de faire beaucoup d’autres choses. Pour l’instant,
mes hobbies sont très simples. Quand je veux me payer la traite
(NDRL : Je lui ai tout de même demandé ce que voulait dire "se
payer la traite" : ça veut dire ce faire plaisir), je vais au
resto avec mon amoureux ou on se fait une belle soirée cinéma. Je
vous avoue que c’est très tranquille comme mode de vie mais c’est
très trippant.
Xtriathlon : Tu as donc un petit ami…
Kathy Tremblay : Oui ! C’est mon petit ange,
David-James. Je ne sais pas ce que j’ai fait au bon Dieu pour
qu’il ait mis ce mec sur mon chemin mais je suis probablement une
des filles les plus heureuses du monde. On est une belle
complémentarité dans tout surtout au niveau des caractères. Moi
je suis plutôt de type extraverti et spontané et lui, il est
plutôt intraverti et raisonné. Je suis très chanceuse de le
côtoyer dans la vie de tous les jours et aussi comme partenaire
d’entraînement.
Xtriathlon : Que penses-tu du long comme les
Ironman (beaucoup d'athlètes Canadiens pratiquent cette distance)
? Tu pourrais t'y mettre un jour ?
Kathy Tremblay : Oh non ! Je ne pense pas que
c’est quelque chose qui m’intéresse vraiment. Avant de faire ça,
il y aurait bien d’autres choses que j’aimerais faire. Je ne suis
surtout pas prête pour le type d’entraînement que ça exigerait.
Xtriathlon : Les affaires récentes de dopage
t'ont-elles affectée ? Penses-tu qu'il ne s'agit que d'un noyau
restreint d'athlètes qui y a recours ?
Kathy Tremblay : Je pense qu’il y aura toujours
des gens qui seront testés positif, c’est une réalité de l’élite
d’aujourd’hui et ça touche tous les athlètes. Triste mais vrai !
Pour ma part, je fais du sport pour le plaisir de performer tout
en restant en bonne santé mais, je sais que ce n’est pas tout le
monde qui opte pour cette option. Quand on devient obsédé par la
victoire, ça peux être dangereux.
Xtriathlon : Ta saison sera cadrée sur quel
objectif ? Vas-tu venir courir en Europe ?
Kathy Tremblay : C’est certain que mes objectifs
pour les deux prochaines années seront de répondre aux critères
Olympiques de mon pays. Mais il est évident que les championnats
canadien et mondial sont toujours une priorité.
Venir courir en France est ce qui me trotte dans la tête depuis
longtemps. S’il y a quelque chose de possible à faire de ce côté
après 2008 et que mon copain puisse être avec moi, c’est quelque
chose que j’envisagerai. On verra bien ce qui s’offre à moi rendu
là !
Xtriathlon : Kathy un très grand merci de nous avoir accordé ces quelques moments en ta compagnie. Je te souhaite, au nom de toute l'équipe d'Xtriathlon, plein de beaux moments sportifs pour 2006, en espérant te voir en France très bientôt !
Ses principales références :
2005 ITU Gamagori U23 02:06:26 5ème
2005 World Cup New Plymouth 2:13:42 27ème
13 Nov. Coupe du monde Nouvelle-Zélande Élite 27ème 2:13:42
10 sept. Championnat du monde Gamagori, Japon U-23 ième
2:06:26
21 août Championnat National Kelowna (B.C.) Élite et U-23 3ème
élite et 1ère U-23 2:04:34
23 juillet Coupe du monde - Edmonton Edmonton (Can) Élite 15ème
2:07:05
10 juillet ITU Pan American New York City Triathlon New York,
United States Élite 3ème 1:59:33
11 juin Triathlon Lac Leamy Gatineau (Qc) Élite 2ème
2:14:53
21 mai Triathlon d'Ottawa Early Bird Ottawa (On) Élite 1ère
1:04:30



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