L'éternel féminin
Photo par Xtriathlon
Depuis le début du 21e siècle, date d’accession du triathlon au grade de discipline olympique, cette tendance s’affirme par des statistiques plutôt encourageantes : en 2002, les triathlètes féminines représentaient 18,3% du total des licenciés triathlon en France, en 2004, 19,2%. Les résultats sont certes timides, mais c’est sans compter le nombre de pratiquantes non licenciées, qui goûtent chaque année à la discipline, et qui se prennent volontiers au jeu de la compétition l’année suivante.
Femmes triathlètes, femmes de compétition, femmes de
performance
Quand on pose la question à un triathlète : « Qu’est ce que vous
appréciez dans la pratique du triple effort ? », il fait bien
souvent référence aux termes « sensations », « plaisir dans
l’effort » et « équilibre personnel ». Naîtra progressivement la
notion de « besoin de se dépenser » et de « compétition ».
Cette tendance se généralise également auprès du public féminin,
qui voit dans le triathlon non seulement un excellent compromis
de sport, santé et loisir, mais qui associe également la pratique
du triathlon à un challenge supplémentaire dans sa vie active. A
ce titre, quelques figures du triathlon féminin en France
véhiculent cette image très positive de compétitrice accomplie,
témoignant ainsi des bienfaits du triple effort pratiqué dans le
cadre de la compétition : Carole Péon, qui a récolté les fruits
de son entraînement en 2005, avec notamment 4 victoires sur les
rendez-vous du Grand Prix Triathlon (Dunkerque, les Sables
d'Olonnes, Embrun et La Baule), une 15e place au Championnat du
Monde de Triathlon à Gamagori (Japon) et une 4e place à la Coupe
d’Europe, à Palerme. Carole s’investit également dans le
développement du triathlon au sein de la FFTri (Fédération
Française de Triathlon), puisqu’elle porte la casquette de
conseillère technique. L’autre cas démontrant l’impact long terme
du triathlon, est de citer Hélène Salomon (mariée Watson), qui
après une carrière nationale et internationale émérite (elle a
fait partie de l’Equipe de France de Triathlon de 1994 à 2003, et
a remporté le titre de Championne de France Longue distance en
2002), s’est reconvertie avec succès, en 2003, dans la création
de la ligne de vêtements KiWAMi, aux côtés de son mari, Craig. A
35 ans, Hélène (professeur d’EPS de formation) est une femme
active et maman comblée qui a tiré beaucoup d’enseignements de
son époque triathlétique (voir l'article "Hélène Watson, une
reconversion réussie" :
http://www.xtriathlon.com/ArticleAffichage.php?VARArticlesID=1451).
Le triathlon en compétition est donc un moteur sportif, et qui a
la faculté d’être en plus un tremplin pour un accomplissement au
niveau personnel, professionnel et social.
Accéder à la compétition : les moyens mis en
place
Tous les acteurs du triathlon s’y mettent. Développer le
triathlon au féminin devient une prérogative qui revêt non
seulement un caractère social mais également économique.
La Fédération Française de Triathlon avec son programme « les journées au féminin », lancé en 2004, se veut porte-parole de la « féminisation » du triathlon. La DTN actuellement en place, est un autre exemple de la volonté de la Fédération de mettre le triathlon au féminin au premier plan : Isabelle Gautheron, ex-professionnelle de cyclisme sur piste, s’est vue promue à ce rôle majeur par Philippe Lescure, Président de la FFTri, aussi pour marquer d’une action les orientations prises par la FFTri : « le triathlon pour tous »… et pour les femmes dirons-nous.
Les clubs affiliés à la Fédération Française de Triathlon jouent le jeu également, notamment au travers de leur participation accrue à la « journée au féminin », organisée par l’instance fédérale : en 2005, ils étaient 13 clubs organisateurs à porter le label. On en attend le double pour 2006.
Les athlètes de haut niveau, qui par leurs performances, ont une influence certaine sur le comportement des amateurs. La femme triathlète est très réceptive quant à la réussite sportive d’une athlète de haut niveau, qui par son statut, son corps d’athlète et sa notoriété reflète l’image de la femme « parfaite ». Des triathlètes de haut niveau et de surcroît de tous âges, qui touchent une large population : de l’adolescente à la femme mûre.
Les médias, qui au travers des reportages, interview, photos… communiquent de plus en plus sur les femmes dans le triathlon. Le succès de Natascha Badmann, qui à 38 ans remporte en 2005 son 6e titre au Triathlon International d’Hawaii, la préparation au sein de l’équipe de France de Delphine Pelletier pour les J.O. de Sydney, ou encore Marion Lorblanchet, qui après son titre de Championne de France Junior en 2001 et ses multiples blessures, revient au plus haut niveau aujourd’hui.
Les équipementiers ont intégré à 100% la femme dans la création de leurs lignes de vêtements, en développant des tenues avec des coupes spéciales pour les triathlètes féminines. Nouveaux designs, nouvelles couleurs, textiles plus performants sont autant de progrès qui finalement bénéficient à tous. Egalement dans l’industrie du cycle, où le développement se fait plus discret, mais où la femme triathlète devient une consommatrice à part entière.
Les services d’entraînement et de stages, avec des
encadrants diplômés d’Etat (attention le Brevet d’Etat Triathlon
n’existe pas encore !) ou titulaires du Brevet Fédéral Triathlon.
Des professionnels de l’entraînement et de la préparation
physique au service d’un public féminin très demandeur en matière
de forme et bien-être.
Arrive de plus en plus sur le marché, le terme de « performance
», que les femmes veulent améliorer à l’aide d’outils aussi
efficaces que leurs homologues masculins. Faire appel à un coach
personnel, planifier sa saison au rythme d’entraînements et de
compétitions, participer à 1 voire 2 stages à thème à des moments
bien stratégiques dans une saison… sont autant d’aspects devenus
essentiels aux yeux d’une grande majorité de triathlètes
féminines.
Un bel avenir en perspective
C’est bien connu, les femmes sont de grandes consommatrices,
connaisseuses, exigeantes et alertes aux campagnes de
communication. Outre leur pouvoir d’achat en constante
croissance, elles disposent d’un outil essentiel, auxquels elles
ont accès aussi bien à domicile que sur leur lieu de travail :
internet. Avoir accès à l’information rapidement, presque en
temps réel et de manière aussi exhaustive, c’est aussi pouvoir
comparer, échanger et vivre au rythme d’un sport où le temps est
précieux.
Le triathlon cesse donc progressivement d’être un sport considéré
comme inaccessible pour les femmes et exclusivement masculin au
niveau compétition. Les femmes pratiquent des sports parfois bien
plus sollicitants et relèvent des challenges bien plus dangereux
que le triathlon : la boxe ou l’escalade par exemple. Et Maud
Fontenoy n’a-t-elle pas traversé le Pacifique à la rame en 2005 ?
Et puis, la sportive française la plus médaillée reste sans
conteste Jeannie Longo, dont les records et titres mondiaux ne se
comptent plus. De surcroît dans un sport à dominante masculine !
Disons donc que le triathlon au féminin a un bel avenir devant
lui…
Latitude Sport organise un stage triathlon au féminin du 19 au 23
juin 2006.
www.latitude-sport.com
Sources :
http://www.sports.gouv.fr/
http://www.caaws.ca/
http://www.iwg-gti.org/
http://www.sport.fr/







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