La coupure : quand, pourquoi et comment ?
Photo par Xtriathlon
Quand et pourquoi ?
Par définition, le corps humain est régi par plusieurs règles
générales, dont une principale, quelque soient les
caractéristiques concernées : la SURCOMPENSATION. C’est à ce
titre que la dernière période d’une saison se doit d’être une «
coupure », afin de permettre au corps (et aussi au côté
psychologique) de se modifier, de s’adapter et donc de devenir
plus fort pour la saison suivante. Comme à chaque fin de cycle
pendant la saison, une courte période d’intensité beaucoup plus
faible permet une augmentation du niveau de performance
initial.
Maintenant, à quel moment placer cette coupure ? Cela va tout
simplement être propre à CHACUN DE VOUS. Il est admis dans les
clubs que cette coupure corresponde à peu près au mois d’octobre
ou novembre, selon la date de l’assemblée générale. C’est
effectivement une période propice, les mauvais jours font leur
apparition, la saison a été longue, les compétitions nombreuses,
et la motivation « à se faire mal » est un peu émoussée. Pour que
cette période vous corresponde vraiment, vous pouvez faire
correspondre le début de cette coupure à votre ultime compétition
de la saison, ou à la fin d’un ultime bloc, type « retour au
calme », qui sera articulé autour d’un objectif : la diminution
du volume ET de l’intensité, sans pour autant arrêter de manière
un peu brutale. Cette deuxième solution à mes faveurs, dans le
sens où passer d’un volume hebdomadaire conséquent à presque rien
(voir plus rien pour les plus radicaux !) peut vous conduire à
une sorte de « déprime », tant physique que physiologique. En
effet, « être accroc au sport » n’est pas une vaine expression :
on oublie bien souvent que l’effort physique intense est
générateur d’endorphine, hormone « anti-douleur » entre autre qui
influe directement sur l’humeur, et de laquelle on est un peu «
dépendant » sans le savoir ! C’est pourquoi il est préférable de
passer par une petite phase de « transition » en douceur vers la
« coupure ».
Comment ?
Là encore, les réponses seront propres à chacun : certains vont
opter pour un repos complet, d’autres pour une version « FREE »
des disciplines du triathlon « natation/vélo/course à pied », et
d’autres encore pour des activités tout à fait autres que celles
pratiquées toute la saison… VOUS AVEZ TOUS RAISON : de mon point
de vue, toutes ces solutions sont les bonnes, à vous maintenant
de vous les approprier. En effet, ce choix doit être guidé avant
tout par votre envie (rien de pire que de faire quelque chose
quand on n'en a pas envie !) et par ce que vous souffle votre
corps : s’il vous dit qu’il ne veut rien faire, c’est peut-être
parce que la saison a été dure, longue, et que le temps du repos
complet est venu pour lui : écoutez le…
Par contre, si vous êtes toujours motivé pour vous dépenser, mais
que vous êtes tenté par d’autres disciplines, allez y, foncez
tête baissée ! (sauf si vous avez envie d’essayer la boxe cet
hiver !) Rien de tel qu’un bon squash, ou un bon match de volley,
pour travailler tant de caractéristiques physiques (et
techniques) mises de côté par le triathlon. Vous travaillerez
aisément votre « qualité de pied » en faisant un peu de volley,
vous réapprendrez sûrement ce que signifie « se mettre dans le
rouge » lors de vos premiers squash, (surtout si votre saison
axée sur le Longue Distance vous l’a fait oublier !), la « course
d’orientation » vous permettra aussi peut-être de découvrir de
nouveaux parcours pour vos séances de 2006 (et profitez également
du paysage à l’occasion !)… Par contre, et cela va sans dire,
vous AUREZ des courbatures (car ce ne sont pas vos activités
physiques régulières) et certaines disciplines seront plus «
traumatisantes » que d’autres : pour cette raison, évitez de vous
lancer à corps perdu dans ces sports, comme si vous les pratiquez
depuis toujours !! Ce n’est pas le moment de vous blesser…
Pour éclaircir mes propos, voici un exemple d’organisation d’une période de coupure :
|
SEPTEMBRE
|
OCTOBRE
|
NOVEMBRE
|
|||||||||
|
36
|
37
|
38
|
39
|
40
|
41
|
42
|
43
|
44
|
45
|
46
|
47
|
|
X
|
RAC
|
COUPURE
|
REPRISE
|
PPG
|
|||||||
Explication du tableau :
La dernière
compétition a lieu en fin de semaine 37, donc la semaine suivante
(38) est consacrée à la récupération, de même que la semaine
suivante (39) : ces 2 semaines constitueront le bloc de « Retour
au Calme » (RAC dans le tableau).
La période suivante est alors propice à « la coupure » proprement
dite. La durée de cette période peut varier de 1 à 4 semaines
selon votre saison passée, et comprendra des activités physiques
ou non : cela dépendra de vous et de vos envies…
A l’issue de cette période, vous pourrez commencez à revenir
PROGRESSIVEMENT au triathlon et à ses disciplines, mais sans
JAMAIS, Ô GRAND JAMAIS mettre des séances d’intensité de suite !
Cette période de reprise peut s’étaler sur une durée allant de 2
à 4 semaine selon vos envies (encre une fois !) et selon votre
physique. Elle dépendra également de la période précédente (la
coupure) et de son contenu : si vous n’avez pas pratiqué
d’activité physique, sa durée sera donc plus longue, et elle
pourra être plus courte (ou moins « progressive) si vous vous
êtes un minimum « entretenu »…
Enfin, la saison 2005-2006 (qui commencera véritablement dans le
cas du tableau en semaine 46) pourra être débutée par
l’introduction d’une période de PPG, idéale en ce début de saison
(avec le retour du froid !) et vous permettra de débuter les
séances plus «difficiles » avec un physique à toute épreuve
!












texte plus grand
texte plus petit







commentaires
10 Novembre 2005, par : Lucky FloUn article plein de bon sens, à l'image de son auteur !
Mika, en tri, quelle pourrait être la durée des cycles dont tu fais allusion (ligne 5), 3 semaines de forte intensité et 1 semaine plus ligth, ou 4 voire + et 1 ? une fois cette durée calée, la régularité au cours de la saison est-elle importante ? Muchas gracias Don Mika de la Véga ;-)
10 Novembre 2005, par : Mika, d\'XtriathlonHello Miss Lucky FLO!
Pour répondre à ta question, il est "convenu" que les cycles durent 3 semaines "dures" puis 1 semaine de récupération.
Pour moi, c'est un peu facile de "généraliser" donc il faut adapter en fonction des processus physio visés, et des capacités de l'athlète... Par exemple, certains athlètes supportent bien le "3+1" en permanence, d'autres préfèrent (pour une question de progressivité) des cycles plus long style "5 à 7+1", en sachant qu'à l'intérieur d'un tel cycle, le volume ET l'intensité ne sont pas progressif du début à la fin, mais subissent des variations cycliques...Mais rappelons que pour "faire efficace il vaut faire simple", alors le "3+1" est le plus facile à adapter... PETIT CONSEIL: pour être sur de ne pas se mettre dans le dur, éviter le pics d'intensité dans les 3 disciplines en même temps (voir même varier les disciplines-cibles à l'intérieur de vos cycles...)