Lepers : un Pro ? Non non…
Photo par Romuald Lepers
Passant un peu de temps au laboratoire de l’Université chaque jour, ma préparation spécifique fut constituée de 3 semaines à 17-20h/semaine en août, suivies de 2 semaines de récupération dégressive avant l’objectif. Madison n’étant pas très loin de Milwaukee, dans le mois précédant la course, je suis allé deux fois repérer le parcours cycliste. Un circuit composé de deux boucles principales sans difficulté majeure, quelque faux plat vent de face, des petites bosses pas très longues de 300-400m. Cette année, Andersson a descendu le record de l’épreuve vélo à 4h33’, posant avec 13 min d’avance mais il a ensuite abandonné à pied. Le deuxième meilleur temps fut 4h51’ par Harju qui a aussi coincé a pied (3h33’, mais 6ème au final). La course à pied qui se déroule dans la ville est, elle aussi, constituée de deux boucles avec une belle bosse d’un kilomètre. La nouveauté cette année consistait à faire un tour du stade universitaire (vide pour l’occasion : dommage) au milieu de la boucle. Le record de l’épreuve appartient toujours à Christophe Buquet en 2h53’ qui avait fait 3ème de l’épreuve en 2002 (et 6ème en 2003).
Très peu de Français ont participé à l’Ironman de Madison depuis sa création en 2001. Cette année lors de la quatrième édition, j’étais le seul vrai frenchie au départ (il y avait aussi André Bennatan, un expatrié). Il est vrai que le système d’inscription n’est pas à l’avantage des étrangers car près de ¾ des inscriptions pour l’année suivante se font le lendemain de la course sur place. Et comme aucune place n’est réservée aux étrangers, le seul moyen est de tenter une inscription sur Internet un an avant ! D’ailleurs à ce jour, les inscriptions sont closes pour 2006 en groupe d’âge.
L’organisation est la hauteur avec près de 3000 bénévoles. Le parc vélo se trouve sur un parking en terrasse, mais le plus original, ce sont les 2 zones de transition-changement qui se passent dans des salles (moquette sur le sol) du grand centre de conférences, QG de l’Ironman, qui ressemble à un grand hôtel.
Le matin de la course, en plus des 2000 concurrents, on trouve
sur la zone de départ près de 5 voire 7000 spectateurs. Il y a
vraiment beaucoup de monde !!!
Le départ se fait dans l’eau, en une seule vague, les Pro partant
50 mètres devant la masse que constitue les 2000 autres
participants. Mes sensations dans l’eau sont bonnes, je suis aux
alentours de la vingtième place. Certains groupes d’age, bons
nageurs, reviennent à l’avant et j’essaie de prendre la vague
quand c’est possible. La partie natation se passe bien, je sors
19ème de l’eau sans avoir trop forcé. Juste après la sortie de
l’eau, les bénévoles sont là pour nous aider à ôter la combine.
Le moyen le plus simple constitue à défaire le haut puis à se
coucher sur le dos, un bénévole arrive et vous tire la combine :
rapide et efficace. La sortie de l’eau est assez longue car il
faut remonter deux niveaux pour accéder aux changements, et elle
se fait sous des tonnerres d’encouragements.
A la transition, je prends le temps d’enfiler une tenue cycliste,
cuissard court et maillot de vélo, ce qui me fait perdre quelques
places ! Je pars tranquille les premiers kilomètres, et me fait
dépasser rapidement par le dossard 1 Harju puis le dossard 3
Mauch, me faisant réaliser alors que j’ai du faire une bonne
natation. Je me force alors à rester au contact derrière Mauch.
Mais ce dernier ne semble pas dans un bon jour, si bien qu’après
10 km, je repasse devant. Mauch abandonnera pendant le marathon.
Je remonte rapidement les groupes d’âge et les féminines sortis
devant moi de l’eau et me retrouve assez vite aux environs de la
neuvième place. Les sensations sont bonnes jusqu’au 150ème, je
creuse de légers écarts dans les parties vallonnées sur mes
poursuivants mais ceux-ci reviennent sur les parties plates. Il
commence à faire chaud alors je n’hésite pas à m’asperger
abondamment et à me ravitailler correctement. Je suis plutôt du
style gros mangeur à vélo, et arrive à ingurgiter près de 400
Kcal à l’heure sous forme de barres, gels et boissons
énergétiques (la moyenne recommandée minimale étant environ 250
Kcal/h). Cette particularité m’a toujours évité les hypos en
course et cela est sous doute un avantage par rapport à ceux qui
ont du mal à s’alimenter en course. Dans les 30 derniers
kilomètres vélo, je commence malgré tout à sentir la fatigue,
c’est alors que 3 gars me passent; je décide de ne pas faire
l’effort pour terminer à mon rythme et pose finalement le vélo
12ème, à une minute du petit groupe devant.
La deuxième transition se fait toujours dans des salles avec
moquette au sol. J’enfile des chaussettes et une trifonction
sèche, visse la casquette sur la tête et c’est parti pour 26
miles. La température avoisine les 30 degrés et les glaçons aux
ravitaillements (tous les miles) sont les bienvenus sous la
casquette. Je tourne au Gatorade et aux gels GU, je remonte les 3
gars qui m’avaient passé sur la fin du vélo dans les 10 premiers
kilomètres. Le premier tour à pied passe assez bien, mais à
l’entame du deuxième tour, la foulée commence à être moins
aérienne. Je sais que j’ai de l’avance sur mes poursuivants car
une bonne partie de la course à pied se fait sous forme d’aller
et retour, mais si je continue à ce rythme décroissant, ça va
revenir derrière, c’est sûr. J’arrive aux 20 miles (32 km) de la
course à pied péniblement, mais bizarrement le fait de me savoir
dans des derniers 10 kilomètres me redonne un élan de motivation.
Je ne cesse de me répéter « Que sont 10km, un simple footing ! ».
J’arrive alors à puiser dans mes réserves physiques et
psychologiques; la possibilité de finir dans le top 10
m’encourage et je termine la partie pédestre dans un état second.
J’ai l’impression d’être au seuil ventilatoire alors que je cours
à 13km/h : bizarre comme sensation ! Une fusée me passe sur la
fin mais on m’annonce 9, un gars devant à du abandonner.
Je passe la ligne en 9h34, ma meilleure perf à ce jour sur
Ironman, ce n’est pas très rapide mais le premier termine en
9h01. Le vent en vélo et la chaleur y sont sûrement pour
beaucoup. Le vainqueur Yasterbov a couru en 3h05 alors qu’il
court en 2h50 d’habitude. Le lendemain, on annoncera 18%
d’abandon sur les 2000 partants, ce qui constitue une moyenne
élevée.
Je suis super content de ma neuvième place. Je sais qu’il y a 5
ou 6 places sur Hawaii chez les Pro. Je doute beaucoup de la
possibilité de me qualifier car l’Ironman du Wisconsin est le
premier sélectif pour l’année suivante et le fait d’être qualifié
un an avant est très attrayant ! Arrive enfin le lendemain, après
la cérémonie des récompenses, le système des roll-down, des
places qualificatives restantes. Sur les 5 places chez les Pro,
seules 3 ont été prises. Il en reste 2 seulement. La chance est
avec moi, je récupère la cinquième.
Qualifié chez les Pro pour Hawaii, je n’aurais jamais imaginé
cela !
Mes potes de club ont tous suivi la course en live sur Internet
et m’envoient tous leurs félicitations. On va fêter cela à l’AG
du club avec du bon Bourgogne ! J’espère maintenant que beaucoup
d’entre eux pourront m’accompagner à Hawaii en octobre 2006 comme
en 2003, où nous étions 6 du Beaune Monnot Triathlon à être
partis à Kona.




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commentaires
20 Septembre 2005, par : brunofFélicitations pour ta course, tu as encore démontré, mais je crois que tout le monde le savait déjà, que tu es un grand champion.
Encore bravo
20 Septembre 2005, par : bertrandbravo romu, place maintenant a un nouveau challenge pour l'hiver prochain !!!!!!!!!!
20 Septembre 2005, par : boubouFélicitation à toi ! :o)
20 Septembre 2005, par : laurentTout d'abord félicitation pour ta perf, vous avez l'air d'avoir un bon club en plus, ce n'ai pas le cas de tous les clubs a Beaune Monnot, il recrute ? En plus tu as de la chance de pouvoir bénéficier de ton travail pour aller faire un Ironman à l'étranger... tu cours en combien le marathon de cette course ? tu as du gagné de l'argent vu que tu es classé en pros, j'ai l'impression que c'est plus facile qu'en Euroupe ?
20 Septembre 2005, par : SylvainFélicitations
C'est vaec grand plaisir que j'ai lu cces queqlues (hic) lignes. Engagé depuis cette année seulement en club, c'est un bonheur de savoir que telles choses sont possibles. il ne faut jamais douter de rien. Impossible n'est pas français.
Que c'est bon le triathlon, je n'ai que 20ans beaucoup d'espoir, d'envie et de volonté
Merci pour ce témoignagne, Bel ambassadeur de la bourgogne!!!
20 Septembre 2005, par : YannFélicitations à toi Romu ! Ton humilité et tes (vraies) performances forcent respect et admiration. S'il y en a un qui mérite cette qualif' pro c'est bien toi !
21 Septembre 2005, par : Anthony PHILIPPEEncore Bravo à notre Romu national ! Maintenant, entraînement de "levé de coude" pour la soirée de l'AG du club... Et à nous de nous qualifier next year !
21 Septembre 2005, par : Michaël TRONJe ne dirai qu'un mot : RESPECT! La saison 2006 risque fort de ressembler à celle de 2003, connaissant les qualités et la motivation des autres BEAUNES'S BOYS pour la qualif'...Pas de doute, il règne vraiment une saine émulation et un réel esprit d'équipe au sein de votre club! Bonne récupération pour l'heure et good luck for 2006!