Imaginez cela un instant…
Photo par Xtriathlon
Ces deux mots, contradictoires au possible, expriment pourtant à merveille l'expérience que chacun peut vivre durant son périple en Bavière. La population est toute acquise à la cause de notre sport, et l'aime réellement, leur passion débordante laissant souvent pantois et ébahi. Ce ne sont pas les moqueries de certains beaufs le long de la route que j'ai en souvenirs de compétitions hexagonales, mais réellement un soutien de personnes certes pas toutes sportives, à en apercevoir leur bedaine bien rebondie, mais toujours correctes et joyeuses, comme si nous voir faire du sport alors qu'eux sont attablés à boire des pintes de bière leur donnait un moral à toute épreuve.
Une machine c'est : "> machine (nom féminin) Tout mécanisme propre à
communiquer le mouvement, à effectuer un travail", tandis que
rêve c'est : "> rêve (nom masculin) Suite d'idées, d'images,
d'impressions qui se présentent à l'esprit pendant le sommeil.•
[sens figuré] Espérance".
Ces deux mots n'ont donc aucune parenté mais forment pourtant le
résumé de l'événement annuel que nous offrent depuis 4 ans les
organisateurs du Quelle Challenge Roth. Une machine à rêve serait
alors, en analysant cette journée si spéciale, une sorte de douce
fabrique de chimères, un atelier de songes prêt à encenser chacun
des 2.200 athlètes, afin que du premier au dernier sa vision et
l'évocation qu'il aura de la course soit la plus belle possible,
et le fasse revenir le plus vite possible, afin que cela ne
devienne pas un mirage inaccessible mais plutôt une réalité
agréable à toucher du doigt.
Mais venons-en à la compétition. Ici pas de slot de qualification
à Hawaii, pas de sésame à empocher en étant premier de sa
catégorie… seulement une course fidèle à l'étique du triathlon, à
laquelle on vient participer des quatre coins du monde, parce que
"faire Roth" est en soit une performance, un devoir de
triathlète, un honneur et une fierté que l'on véhiculera toute sa
vie de sportif.
L'organisation est une performance à elle seule; chacune des
vagues qui partent les unes derrière les autres dans le canal
sont soigneusement ordonnancées, chaque vélo du parc est
méticuleusement rangé à son emplacement, chaque direction du
marathon calculée pour offrir aux plus rapides la trajectoire
idéale, et aux plus lents l'effort le moins important.
Les 3,8km de natation qui, dans un canal large d'une quarantaine
de mètres pourrait paraître ennuyeuse et monotone, se transforme
en challenge personnel que les nombreux spectateurs massés sur
les ponts et les berges, toutes accessibles, appuient de leurs
cris et des bruits de crécelles incessants, mais aussi de leur
simple présence. A aucun moment on ne se lasse d'être ainsi
accompagné, ce qui pour de mauvais nageurs est une véritable
joie, et pour les meilleurs un avantage indéniable.
A vélo, lorsqu'on ne traverse pas un village aussi peuplé qu'un
jour de fête nationale, et qu'on se retrouve sur des routes de
campagne au revêtement parfait, on apprécie réellement le fait de
se trouver à vélo à jouir de la splendide nature environnante et
en pensant à l'ambiance qu'on va retrouver immanquablement
quelques kilomètres plus loin et qui nous accompagnera le reste
du parcours.
Même constat à pied, où aucun geste déplacé, aucune maladresse
n'est à relever. Bien entendu nous sommes un peu "entre nous", et
la majorité de ceux qui nous applaudissent savent qui nous
sommes, et pourquoi nous en sommes arrivés là. Pourtant tous ces
gens qui sortent sur le pas de leur porte ou décorent leur jardin
aux couleurs de la course sont là pour nous encourager, grâce à
leur gentillesse, leurs mots, leurs attitudes et leurs
sourires.
Tous ces kilomètres semblent ainsi plus supportables à effectuer,
et l'on ne ressent plus la même lassitude d'un effort inutile
mais plutôt l'allégresse et la jubilation de se trouver là, pas
nécessairement encore sous le portail d'arrivée, mais ensemble,
coureurs, spectateurs et bénévoles d'une organisation parfaite,
pour une parade du triple effort qu'immuablement nous aurons dans
nos mémoires aussi longtemps que le sport existera.
Aucune fausse note alors ? Eh bien non ! La partition est parfaite, le requiem s'achève sous un tonnerre d'applaudissements et un grand feu d'artifice, le chef d'orchestre est honoré par ses pairs, et les musiciens honorés d'avoir joué pour lui, mais aussi pour tous ceux qui les ont entourés dans cette machine à rêve…






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commentaires
20 Juillet 2005, par : phiphiTu as bien raison,Le QCROTH est bien une machine à rëve.
Comment faire maintenant pour retrouver de telles sensations sur un autre Ironman ?
Ou aller ?
20 Juillet 2005, par : laurentc'est vraiment un rêve cette course, mais dur dur la récupe, je rentre dans ma 3ème semaine et j'en ai encore des traces dans l'organisme, le fractionné c'est pas encore pour maintenant...pourtant j'aurai aimé courir le 3 septembre a Bodeseen en Allemagne sur le lac de Constance mon prochain Ironman 2005.
Au faite si tu n'étais pas à la conférence avec cyril Neuveu le lundi matin, guy merlin a annoncé, qu'il va organiser un format Ironman en France, en 2006.
20 Juillet 2005, par : stefj'y serai l'an prochain ! cha ché sur !!
21 Juillet 2005, par : NicoLeBougnatmoi aussi je veux y aller!!!
promis. En 2007 je me prépare à fond et je fais mon premier format ironman et cela se passera à ROTH!!
C'est de votre faute aprés tout. Avec vos récit, vous me donnez envie!
21 Juillet 2005, par : Pierre-Alain BONSACQUETSuperbe récit et je revis ce moment de pur bonheur pour un sportif !! Merci de continuer à nous permettre de rester dans notre rêve, sur notre petit nuage "rothien".
A Embrun, je m'inscris dors et déjà pour l'édition 2006 où je compte bien améliorer ma perf de mon premier Ironman, tout en profiter de la même manière de tout ce qui fait la réussite de cette "Usine à rêves"!!
Encore merci aux milliers de bénévoles, spectateurs et aux organisateurs pour ces vibrations ressenties !!
Pierre-Alain BONSACQUET, alias Bilbo sur www.triclair.com