Publié le: 29 Juin 2005
Par: Benoît Veys
Lien: http://www.metztriathlon.com/

Bertrand Billard, un champion de France attendu au tournant

Photo par Benoît Veys

Le Messin a remporté l’épreuve du Lac de Saint Point… avant d’être déclassé ! Portrait d’un garçon « désabusé », au soir de l’épreuve de sélection inter régions qui a quand même vu son club se qualifier pour la finale de division 2, à Avion, en août prochain
Le champion de France Junior Bertrand BILLARD ne méritait pas pareille déconvenue ! Le récent champion de France de Duathlon et de triathlon alimente, certes, la conversation depuis pas mal de semaines, sans pour autant que ce grand gamin d’un mètre quatre-vingt treize, n’en ait attrapé le « gros coup » :
« Ce serait plutôt le contraire, souligne son Président de Club, Christophe DEMANGEON, car Bertrand est un garçon discret et même plutôt gêné, parfois, par l’intérêt qu’il génère depuis lors… D’autant plus qu’il faut bien l’avouer, tous les commentaires ne traduisent pas que des marques de sympathie à son égard ! »
Ces deux titres, en catégorie « junior », Bertrand ne les a pourtant pas usurpés :
« Si les gens me connaissent mal, c’est parce qu’il y a deux ans à peine que je m’entraîne sérieusement en triathlon, depuis que j’ai pu rejoindre le Pôle Espoir de Lorraine à Nancy… Alors je comprends que certains se posent des questions à mon sujet… Ainsi, sur les forums de triathlon, j’étais souvent écarté des pronostics à la veille des championnats de France… Et visiblement, certains « pronostiqueurs » n’ont pas encore digéré mes deux victoires, coup sur coup, à BUGEAT, le 14 avril, puis à VENDÔME, le 30 mai dernier… »
Dimanche à PONTARLIER, sur les bords du Lac de SAINT POINT, METZ TRIATHLON débarquait donc avec sa jeune phalange et son p’tit Belge Benoît Myaux. Objectif, décrocher la qualification pour la finale de division 2, le 21 août prochain, à AVION, dans le Nord cette fois !
« Dix équipes, toutes plus motivées et ambitieuses les unes que les autres, prenaient le départ, avec la volonté de se classer en ordre utile pour la suite de la saison, explique Benjamin GILLET, le Vice-président messin. Autant vous dire que l’épreuve s’annonçait d’un très très haut niveau… Car la plupart des clubs présents veulent tous accéder au professionnalisme de la division 1… En ce qui nous concerne, nous avons résolument adopté une politique centrée autour des jeunes. Trois juniors, Bertrand, Pierre BAYARD et Jordan ROYER forment ainsi le noyau de notre équipe. Pour les encadrer, nous avons engagé, cette saison, le triathlète belge Benoît MYAUX et deux renforts allemands qui nous rejoindront, en août à AVION… En attendant, dimanche, à PONTARLIER, c’est Nicolas BILLARD, le frère de Bertrand, qui a accepté de jouer le cinquième homme avec beaucoup d’abnégation… »
Et quelle ne fut pas la surprise des dirigeants messins de constater que, dans le parc à vélos, les trois jeunes et le « p’tit Belge » quittaient l’aire de transition parmi les 15 premiers…
Vincent LUIS, du club de VESOUL, était le plus rapide à sortir de l’eau… Talonné en seconde position par Jordan ROYER, plus connu sous le pseudonyme de « CHICKUS »…
« Cette homogénéité de l’équipe, dès l’entame de la compétition, nous a mis en confiance, reprend Christophe DEMANGEON. Mais quelle ne fut pas notre surprise, au terme de la boucle de 21 kilomètres sur les routes du Haut Doubs, et après le passage de trois petits cols redoutables sous la canicule, de constater que Bertrand BILLARD occupait, en solitaire, la seconde place de retour au parc… Et que notre meilleur rouleur, Benoît MYAUX, signait le huitième chrono tout en étant resté « sagement » à l’arrière pour ne pas ramener sur Bertrand une meute d’une quinzaine de coureurs… Cet esprit d’équipe, en soi, lui a d’ailleurs valu un carton noir sur le circuit pour ne pas avoir voulu dynamiser suffisamment la contre-attaque, sur une épreuve où le drafting n’était, curieusement, pas autorisé… »
On peut s’interroger, en effet, sur un tel « format » de sélection, lorsque l’on sait que la finale de division 2 se déroulera avec une course en peloton, dans le Nord, et que les manches du Grand Prix, en division 1, font la part belle au drafting durant toute la saison…
« C’est assez paradoxal, nous expliquera un arbitre de la FFTRI, mais nous n’y sommes pour rien. L’organisateur n’a pas obtenu l’autorisation départementale de fermer son circuit à la circulation automobile, ce qui explique le choix du règlement, par la force des choses… »
Et tant qu’à parler de règlement évoquons dès lors celui du fameux « carton noir ».
Une pénalité de 400m à pied, à réaliser, volontairement, à mi-parcours de la seconde transition, qui sanctionne des irrégularités à vélo…
A METZ, Benoît MYAUX avait bien compris qu’il risquait gros en ne chassant pas derrière Bertrand :
« Je n’allais quand même pas prendre le risque d’emmener autant de concurrents avec moi, même s’il a fallu ronger mon frein… La sanction me pendait sous le nez, c’est un risque qu’il fallait prendre… Mais là où le bât blesse, c’est sur la manière qu’ont les arbitres de communiquer leur décision, reprend aussitôt le p’tit Belge, car en ce qui me concerne j’ai bien entendu dans mon dos un coup de sifflet d’avertissement, mais jamais l’arbitre qui s’est porté à ma hauteur n’a verbalement identifié mon dossard en brandissant son carton noir… A tel point que je me demandais si la pénalité s’adressait bien à moi, car la moto d’arbitrage ne s’est jamais stabilisée à ma hauteur, entre deux allers et venue entre le concurrent qui me précédait et celui qui me suçait la roue… Pour ma part, je n’ai toutefois pas pris le risque d’ignorer la sanction et, contre mauvaise fortune bon cœur, ai réalisé, au sommet de la côte, ma pénalité de 400m… »
Mais entre-temps, les choses ne se sont pas déroulées de la même manière pour Bertrand BILLARD :
« En toute bonne foi, je peux vous dire que l’on ne pas averti correctement, explique la gorge serrée le vainqueur disqualifié, deux heures après l’arrivée… Lorsque l’arbitre s’est porté à ma hauteur, il y avait plus de cinq minutes que je roulais seul devant. Je n’ai entendu aucun coup de sifflet et l’homme en noir ne m’a jamais nominativement identifié en pointant son carton… Se contentant de marmonner quelques commentaires complètement inaudibles et malgré les explications que je tentais, en vain, d’obtenir de sa part… J’ai donc pensé qu’il s’agissait d’un simple avertissement pour avoir pris quelques secondes à me dépêtrer, quelques kilomètres auparavant, d’un concurrent difficile à larguer à l’approche de l’un des petits cols… En conséquence de quoi, je n’ai pas jugé bon, une fois que je me retrouvais seul en tête de la course à pied, après avoir déposé Francky VIEVILLE, de me soumettre à la sanction au sommet de la côte… »
Bien mal lui en pris, car quelques heures seulement après avoir savouré une belle victoire en solitaire, à bonne distance du sociétaire d’AUTUN, Bertrand se voit ainsi déclassé :
« J’étais franchement dégoûté, dit-il en regardant tristement son Président, car avec ma première place METZ TRIATHLON se classait second à l’interclubs, derrière les semi professionnels d’AUTUN et surtout devant nombre d’équipes qui avaient claironné que nous n’arriverions à rien avec trois jeunes dans nos rangs… Jordan se classait quand même 10ème et Pierre 14ème, n’en déplaise à certains… Mais la sanction était là, et sans la combativité et la 16ème place de notre p’tit Belge qui avait rejoint entre-temps CHIKUS et PIERROT, en difficulté sur le tronçon à pied, avant de leur « botter le cul » pour redémarrer de plus belle et s’arrêter, quand à lui, au sommet de la côte pour effectuer sa pénalité, nous aurions pu voir nous échapper la qualification… Nous avons été rétrogradé de la seconde à la quatrième place… Mais le principal était acquis, nous avons bel et bien notre billet pour AVION ! » conclut le champion de France quand même un peu désabusé…

Photo : Benoît MYAUX , Pierre BAYARD, Bertrand BILLARD, Jordan ROYER et Nicolas BILLARD

Equipes de la région Nord-Est qualifiée pour la finale de division 2 :

1° AUTUN TRIATHLON
2° GT VESOUL HAUTE SAONE
3° TRI LION BELFORT
4° METZ TRIATHLON
5° ASPTT STRASBOURG

> fin de l'article

commentaires


29 Juin 2005, par : TomaAlors maintenant, on va donner la parole aux arbitres ? Hein Roland ?
Droit de réponse oblige...


29 Juin 2005, par : Roland / XtriathlonTu peux développer Toma, surtout à l'attention du rédacteur, qui ne désirait pas spécialement insister sur la déconvenue de Bertrand. C'est d'ailleurs moi qui ait pris la décision de publier cet article).


29 Juin 2005, par : Bertrandcorrection : j'ai pas déposé vieville, Francky lui revenait de l'arriere et a réalisé le meilleur chrono CAP.


29 Juin 2005, par : Benoît VEYSAutant pour moi... Désolé d'avoir égratigné la vérité historique, ce n'est pas dans mes habitudes...J'ai mal compris le déroulement de fin de la course... Et les explications de Bertrand! Mais sur une épreuve où le vélo et la course à pied se déroulent sur une seule boucle, c'est parfois difficle de tout appréhender correctement... Il est vrai que Francky VIEVILLE a signé un remarquable temps à pied... Avant d'être finalement dépassé quand même par Bertrand...


30 Juin 2005, par : TomaOui Roland, excuse la manière... Je m'emporte...
Mais c'est juste que je n'aime pas spécialement les articles qui ne donnent qu'une seule version des faits... J'aimerais la version de l'arbitre... mais je peux comprendre sa frustration... Luc avait connu la même infortune à Nice l'an passé...
Sportivement


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