Le cœur du problème… 1/2
Photo par Xtriathlon
On peut diviser les intensités d’effort en 4 ZONES majeures. La première, la zone aérobie, se situe entre 60 et 75% de FC Max. La seconde zone se situe entre 75 et 85%, la troisième se situe entre 85 et 95%, et la dernière se situe au dessus de 95%. Leurs noms diffèrent selon les ouvrages, les auteurs et les entraîneurs, mais les limites sont placées de manière à respecter certaines règles physiologiques. Auparavant, je vais tenter de vous faire un petit rappel de physio (très succinct, promis !).
Les filières énergétiques :
Tout le monde a un jour entendu parler des filières énergétiques
: elles sont au nombre de trois (quoique la troisième filière
n’en soit pas vraiment une, et ne soit plus considérée comme
telle par les chercheurs, mais je n’en ferai pas mention dans ce
qui va suivre…) : aérobie, anaérobie lactique et anaérobie
alactique.
Le seul et unique « matériau » directement utilisable par le
muscle pour se contracter est l’ATP, aussi appelé Adénosine
TriPhosphate. On le trouve en très petite quantité au niveau
local (dans le muscle), et les filières énergétiques sont en fait
des systèmes qui permettent de re-synthétiser l’ATP au fur et à
mesure de l’effort, permettant ainsi la contraction musculaire
possible dans la durée. Ce qui distingue les trois filières entre
elles sont les substrats qu’elles utilisent pour « re-fabriquer »
l’ATP. La filière aérobie utilise de manière principale les
graisses (mais aussi les sucres), la filière anaérobie lactique
mobilise quand à elle les sucres principalement (les graisses
n’étant plus utilisables à cause du manque d’oxygène). La
dernière filière, dite anaérobie alactique, concerne les efforts
de très courte durée et d’intensité vraiment maximale (type
sprint en cyclisme ou 60m et 100m en athlétisme), donc je ne
m’étendrai pas sur celle-ci.
Ultime précision, ces trois « systèmes » fournisseur d’énergie
fonctionnent EN PERMANENCE en même temps, mais ils interviennent
de manière « complémentaire », comme des moteurs qui
travailleraient « en série », les uns en plus des autres : si un
moteur ne produit plus assez d’énergie pour répondre à la
demande, le second moteur se met en route pour apporter le
complément d’énergie nécessaire, et ainsi de suite…
Voici un très court résumé du fonctionnement de notre système
musculaire (c’est beaucoup plus complexe en réalité, mais mon
propos n’est pas de faire un cours de physiologie ni de
médecine…). Ces « petits rappels » sont cependant utiles pour
comprendre ce qui va suivre…
La première Zone : l’allure 1, soit de 60 à 75% de FC max.
J’ai pris l’habitude de la nommer ainsi. On la voit parfois
s’appeler allure foncière, endurance fondamentale ou encore
endurance de base. Tout effort fourni à une intensité inférieure
à 50% n’est pas assez intense pour que le corps s’adapte (et donc
l’effort fourni est un peu « inutile »), et les efforts fournis à
des intensités comprises entre 50 et 60% de FC max peuvent
correspondre à des allures d’échauffement ou de retour au
calme.
L’allure 1 correspond à l’allure où la filière aérobie
(c'est-à-dire en présence d’oxygène) fournit l’énergie nécessaire
au corps pour répondre aux besoins demandés. Les substrats
utilisés sont donc les graisses et les sucres, rendant possible
(de manière théorique…) des efforts d’une durée infinie. En
effet, les réserves en graisses normales (soit un pourcentage de
graisse dans le poids de corps de 12% environ) d’une personne de
70 kg (c'est-à-dire 8.4kg de graisse..) permettraient une course
à pied longue de plusieurs dizaines de marathon courus d’affilée
! Les efforts sont « aisés », le rythme respiratoire n’est pas
perturbé, et maintenir une conversation est possible.
Seulement, il n’y a pas que le coté énergétique, sinon finir un
marathon ne serait un exploit pour personne. Viennent s’ajouter
au fur et à mesure des efforts la fatigue musculaire (le frein
principal à la performance !) et la fatigue nerveuse (cf. la
défaillance de Paula Newby-Fraser à l’arrivée d’Hawaii…), rendant
la poursuite de tout effort complètement impossible.
Cette allure est primordiale pour tous les triathlètes, étant
donné que notre sport est, par essence, un sport d’endurance.
Maintenant, nous sommes tous conscient du fait que les triathlons
Sprint ne seront pas courus à la même intensité que les
triathlons format LD (quoique…). Nous utiliserons des
pourcentages de la fameuse Vitesse Maximale Aérobie, (la VMA) qui
varieront selon la durée de l’effort. Donc, pour un athlète
faisant du long, l’allure 1 devra correspondre à 70% de son
volume horaire d’entraînement, toutes disciplines confondues, les
30% restant se dérouleront à des allures plus importantes.
Cette zone 1 est donc la zone que les triathlètes « du long »
devraient exploiter le plus souvent afin d’optimiser leur
entraînement. Et ceux du court me direz-vous ? Et bien, un peu de
manière parallèle, il faut également, pour être performant sur du
court, avoir une sérieuse base foncière ! En effet, pour pouvoir
tenir 2 longues heures (et parfois un peu plus…) à une allure
proche de « la limite », du seuil en fait, la filière aérobie
doit être optimale pour fournir toute l’énergie possible, sans
que l’effort soit limité.
Nous verrons les explications des allures 2 et 3 dans le prochain article.












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