Publié le: 14 Mars 2005
Par: Gaël Mainard
Lien: http://gael-mainard.onlinetri.com/

Le Maori Trip de Gaël Mainard

Photo par Gaël Mainard

Quatrième de l'Ironman Nouvelle-Zélande, le français Gaël Mainard nous emmène en Nouvelle-Zélande afin de nous faire découvrir un pays splendide… accompagné de quelques frenchies que l'ambiance de la course a semble-t-il enflammés

Vendredi 25 Février : enfin c’est le départ, cela faisait un moment que je languissais en attendant cet instant. Depuis plus de 15 jours, je traînais une grosse crève, mon nez et mes bronches étaient constamment bouchées, j’avais de grosses difficultés à l’entraînement avec de grosses quintes de toux. J’espère qu’avec le temps plus clément en Nouvelle-Zélande ce satané rhume disparaîtra !!!
J’ai rendez-vous à Roissy avec Hugo Kerhervé qui sera mon compagnon d’aventures durant tout mon périple. D’entrée, nous nous prenons une surtaxe sur notre poids total autorisé. Bon, c’est vrai que nos 27 kgs de plus à nous font beaucoup, mais c’est la 1ère fois que je suis sanctionné depuis que je voyage. Nous négocions à fond, il faut dire qu’à 59 euros le kg, ça va nous faire mal. Après avoir fait venir les responsables, sorti tous les bobards possible (étudiant, autant acheter un 3ème billet, on ne voyagera plus jamais avec vous, vous allez avoir de la mauvaise publicité…) et bloqué un comptoir pendant plus 45’, Korean Airlines nous inflige 10 kgs, on a limité la casse, ouf !!!

Dimanche 27 Février : Que c’est bon de sentir la chaleur et le soleil, la voiture à peine louée, on en profite pour se changer et se transformer en locaux (claquettes, short). Pour la 1ère nuit, nous avons jeté notre dévolu sur la ville de Thames à 150kms d’Auckland. Nous avons prévu de rejoindre Taupo par saut de puce tous les 2 jours pour rejoindre le lieu de compétition seulement le mercredi afin de ne pas se mettre la pression trop tôt en voyant les autres triathlètes. Le soir même nous faisons un footing tranquille de 45’ pour évacuer la fatigue accumulée dans les jambes durant les vols. J’ai de bonnes sensations mais je ne fais que tousser.

Lundi 28 Février et Mardi 1er Mars : Nous rejoignons Rotorua, une magnifique petite ville au bord d’un grand lac (NDLR : C'est là que se déroule l'Xterra Nouvelle-Zélande). Nous choisissons par hasard un motel qui par chance n’est pas cher et est tenu par une dame qui a nous a à la bonne durant ces 2 jours, ce n’est pas tous les jours qu’elle reçoit des français.
Nous continuons notre entraînement tranquillement, vélo autour du lac et course à pied sur les chemins étalonnés d'une superbe foret. Pour la natation, nous avons trouvé un complexe nautique avec une piscine extérieure de 50m et une piscine intérieure de 25m, et dire que le droit d’entrée est de 3 dollars NZ soit 1,5 euros, en France pour les mêmes services cela aurait plutôt été de 4 euros.
On en profite aussi pour faire un peu de tourisme en visitant un Parc avec des geysers et toute l’histoire Maori.

Mercredi 2 Mars : Nous prenons place dans notre motel qui, depuis notre chambre, nous permet de voir à 100m le 2ème parc de transition. C’est aussi le jour de la reconnaissance du parcours vélo, pendant les 90 kms que dure le tour , nous sommes à l’écoute de nos moindres sensations, c’est bizarre comme dans les jours précédents une course on analyse la moindre douleur, la moindre émotion. Je hais les jours d’avant-course, je doute toujours, je me demande si j’ai assez bossé, si j’ai assez récupéré…

Jeudi 3 Mars : La pression commence à bien monter avec le briefing pro, la parade des nations et la pasta-party. Mais le fait de rencontrer d’autres français nous fait du bien, et puis c’est çà le top dans l’Ironman, c’est que l’on se fait toujours de nouveaux amis, même si souvent on ne les reverra plus jamais. Cette fois, c’est une petite dizaine de français que j’aurai découvert : Claude (ambianceur professionnel avec option anglais et accent français) Franck (Mr 25 Ironmen alors qu’il fait partie de la catégorie 30-34 !!!) et sa petite famille, Gilles, Nicolas, Bruno…

Vendredi 4 Mars : Le rituel d’avant-course continue par la pose des vélos au parc et la vérification de ceux-ci. Ici les marshalls sont très stricts, les règles sont les règles et impossible d’y déroger. Une est particulièrement stupide, c’est celle où ils veulent absolument que tous les participants aient un bidon sur leur vélo en le rentrant dans le parc, alors que le lendemain matin, nous posons nos bidons de produits énergétiques sur le vélo !!!
La vérification du matériel vélo est poussée à fond, ils tordent les casques et les vélos dans tous les sens et vérifient avec des clés tous les serrages du vélo. La vérification du matériel a été fatale à Hugo, les marshalls ayant repéré une petite fissure sur son casque, il sera bon pour s’en racheter un neuf.
Alors qu’on avait prévu d’aller nager en lac après 20kms de vélo, une violente et soudaine crise de fainéantise nous prend et nous empêche d’aller nageôter. Pas grave, le menu à l’air copieux demain !!!

Samedi 5 Mars : Ce matin, il fait froid, du coup on s’habille avec le maximum d’affaires pour rejoindre le parc à vélo. Arrivé au parc, on se sépare avec Hugo pour rejoindre nos vélos et poser notre matériel. Avec le monde présent, c’est difficile de se retrouver alors on se donne rendez-vous au départ natation pour s’échauffer ensemble. Alors qu’on met la combinaison à moins de 30’ du départ, en discutant je me rend compte que j’ai oublié de me faire marquer, je rejoins donc le parc de transition en footing, cela aura au moins eu le mérite de pousser un peu plus mon échauffement.

Après le traditionnel Haka, le départ est donné. J’arrive à intégrer le 1er pack, d’une dizaine d’unités, c’est une des natations les plus dures que j’ai faites, je me suis accroché aux pieds des autres pendant les 3800m. Nous sortons en 46’, ce qui est un temps rapide pour un Ironman. Cette année, le parcours natation a changé nous ne rejoignons pas le parc par la rivière mais par la plage avec une transition de plus de 400m à courir.
A la sortie du parc, je suis avec le bon groupe mais à cause du froid, j’ai de la buée sur les lunettes de soleil et je n’y vois rien. Le temps de les nettoyer, j’avais perdu entre 50 et 100m et à la vitesse dont Anderson et Brown sont partis, il m’est impossible de les rejoindre. Tant pis, on va continuer seul mais mentalement je ne suis pas au mieux. Vers le 60km alors que je suis déjà à 6’ des 4 premiers, un autrichien me rattrape et relance mon allure, je me rend alors compte que nous ne perdons pratiquement plus de temps. Je pose ainsi le vélo 7ème mais un gros groupe d’une dizaine d’unités est juste derrière à 5’.
Le point positif est que j’ai posé le vélo sans avoir pris de coups de bambou, ce qui m’était arrivé sur tous les autres IM. Pour ne pas griller toutes les cartouches d’entrée, je pars prudemment pour avoir les jambes dures le plus loin possible dans le marathon. Au 12ème km du demi-tour, je suis 5ème avec toute la meute à mes trousses que je croise un par un. Pour preuve que je ne suis pas encore assez sûr de moi à pied, je me demande à quelle sauce ils vont me manger… Mais plus les kms défilent, et plus mon moral est au beau fixe. Seul Byrn m’a doublé. Mieux même je suis remonté pendant quelques minutes à la 3ème place grâce à la bagarre avec Bryan Rhodes. Les 3 derniers kms auront été très durs à la limite des crampes mais avec un tel résultat en perspective, je ne pouvais pas flancher !!! 4ème et un bon marathon en 3h04. J’ai aussi été régulier au niveau des temps, 9ème natation, 7ème vélo et 8ème marathon.
Là bonne chose aussi, c’est ma qualification si tôt dans la saison.
Hugo quant à lui à loupé sa qualification à Hawaii pour 6’ mais a réalisé ses meilleurs temps natation et vélo sur IM, pas mal si tôt dans l’hiver pour un gars qui s’est entraîné sur Paris.

Dimanche 6 mars : Ouh la la ! que le réveil est dur et douloureux, nous sommes cassés, impossible de marcher correctement. Pire, on doit descendre les marches de l’hôtel en marche arrière… On avait prévu d’aller faire le saut de Bungy, mais musculairement c’est impossible, c’est un truc à ce que les chevilles restent en haut et que le reste parte à la rivière, on est donc restés spectateurs. Pour aider à la récupération, l’après-midi a été consacrée aux fameux bains chauds naturels de Taupo.
Enfin, on a retrouvé nos frenchies à la cérémonie de clôture. Ils se sont d’ailleurs bien fait remarquer lorsque chacun notre tour nous sommes montés sur le podium, ils étaient pires que des américains ! On aurait cru qu’ils étaient 200 plutôt que 10…

Notre route ne s’arrête cependant pas là, nous avons fait un crochet par Sydney (2 jours) puis 6 jours à Cairns où malheureusement un cyclone est venu nous gâcher une partie de nos vacances.

Bye, bon entraînement à tous en France et à bientôt.

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