Dijon Triathlon saborde son équipe féminine
Photo par Eric Bidat
Et de poursuivre : "Au lieu de me sanctionner de cette façon, ils auraient au contraire dû être fiers que je représente leur club au plus haut-niveau non ?"
Dégoûtée, c'est la mort dans l'âme que la petite Dijonnaise a pris le chemin du club d'Aix en Provence, qui lui conviendra certainement mieux pour ses objectifs 2005. Mais elle a une pensée pour ses copines Isabelle, Karelle, Karine et Nathalie qui, malgré leur investissement dans le club, ne méritaient pas cela…
Eric Bidat, le coach de l'équipe, est aussi abasourdit par cette décision qui empêchera certainement l'équipe féminine de prétendre au podium, au vu de sa saison 2004, auquel elle pouvait prétendre…
Profitez donc bien de la photo ci-jointe, c'est une des dernières que vous verrez de cette belle équipe
Eric nous a confié ses impressions :
"Suite à la dernière assemblée générale du club, au
renouvellement de certains membres du comité directeur et à
l’élection d’un nouveau président, une nouvelle politique du
haut-niveau a été mise en place qui n’a été que dernièrement
annoncée.
Il y a quinze jours le calendrier des courses a généré des
tensions avec l’élite. Audrey Cléau, seule athlète française
réussissant sur les triathlons et duathlons puisqu’elle est
double championne de France longue distance de triathlon mais
aussi vice-championne du monde de duathlon se trouvait confrontée
à un problème sur deux courses du calendrier.
Participant également avec son équipe, Isabelle Ferrer, Karelle
Dubief, Karine Roz et Nathalie Lapierre (qui remplaçait Pétra
Harangi), au championnat de France de 1ère division, elle se
trouvait face à un dilemme car les championnats d’Europe et du
Monde se déroulaient aux mêmes dates que deux courses de 1ère
division. Audrey qui devait répondre aux sollicitations fédérales
se voyait exclue de l’équipe première. Exclusion surprenante car
l’année dernière, cette équipe avait été confrontée à un problème
identique. En effet Audrey Cléau et Isabelle Ferrer n’avaient pu
courir une étape du Championnat de France de 1ère division à
Marseille, car la fédération française de triathlon avait
interdit aux membres de l’équipe de France de courir avant les
championnats du Monde. A cette époque cela n’avait posé aucun
problème au comité directeur et cette équipe avait même fini au
pied du podium de cette 1ère division.
Début février à l’annonce de cette exclusion, Audrey Cléau
faisait spécialement le déplacement Chambéry-Dijon pour
rencontrer le comité directeur du club. Au cours de cette réunion
aucune réponse précise sur sa situation ne lui sera apportée et
surtout à aucun moment elle n’aura ressenti une volonté du club
de la conserver, si ce n’est un nouvel état d’esprit négatif au
sujet du haut-niveau.
Devant gérer sa carrière, elle qui avait depuis deux ans résisté
aux sollicitations d’autres clubs parce qu’elle se sentait bien
dans cette équipe, elle ne pouvait, devant le peu d’empressement
de ce nouveau comité directeur, les refuser une nouvelle fois.
Dorénavant elle défendra les couleurs d’Aix en Provence, le club
de Cyril Neveu, le champion du Monde de Triathlon.
Audrey absente, le club décapitait l’équipe qui devait disputer
le championnat de France de 1ère division. Pourtant cette équipe
jouissait d'une très bonne image au sein de la première division,
performante, professionnelle et avec un excellent esprit
d'équipe. Il n‘existait aucune autre équipe féminine où
l'ambiance était aussi bonne qu'à Dijon. Dans la plupart des
clubs, la constitution des équipes de 1ère division est le
résultat de la superposition d'individualité sayant un niveau
conforme aux attentes du club, ni plus ni moins.
Après le départ d’Audrey, plus de 1ère division, et ne sentant pas un réel enthousiasme au sein du club pour le haut-niveau, ses coéquipières Karine Roz, Karelle Dubief et Nathalie Lapierre ont elles aussi décidé de muter pour pouvoir réaliser leur saison en toute sérénité. Ce nouveau climat leur a fait perdre leurs motivations et leur sentiment affectif d’appartenance à ce club. En tant que » coach » je leur ait assuré de continuer à leur apporter mon soutien comme je continuerai à manager Gilles Reboul.
Une nouvelle page est tournée au Dijon Triathlon et il faudra
certainement attendre de nombreuses années avant de retrouver une
si belle et homogène équipe de haut-niveau international. Avec
ces trois départs il ne reste plus que Gilles Reboul, figure
emblématique du triathlon français, et Isabelle Ferrer, pour
représenter Dijon et la Bourgogne au plus haut-niveau.
Le triathlon féminin est en pleine progression et la Bourgogne
qui avait une excellente vitrine avec cette équipe devra vite se
reconstruire pour redonner à ce sport difficile une image aussi
positive."







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