L'Ironman Malaisie envers et contre tous
Photo par Belinda Halloran
J'avais toujours le choix de ne pas bouger, après qu'on m'ait
posé cette question il y a une quinzaine de jours : "Quel est ton
état de forme actuel, et es-tu prête à courir un Ironman dans
deux semaines ?".
En considérant que j'ai mis au monde un enfant il y a seulement
neuf mois et ne suis revenue à l'entraînement qu'il y a 6 mois,
la question m'a quelque peu interloquée. Après avoir consulté mon
mari, nous avons décidé que les efforts que je ferais seraient au
pire du scénario une belle base de travail pour préparer mes
autres courses programmées plus tard dans la saison…
Les organisateurs de la course de l'Ironman Malaisie n'avaient pas le choix. Ils ont été contraints de préparer leur événement en seulement deux semaines, après qu'une décision de la cour de justice ait obligé la WTC à honorer le contrat qu'ils avaient en place (NDLR : C'est aussi pour cela que nous vous avions annoncé l'annulation de la course en début d'année. Visiblement la WTC n'avait pas finalisé l'annulation de la course et avait pris la décision, seule, de ne pas donner son accord à l'IM Malaisie pour 2005). Tout ceci avec le fait que la région récupère tout juste du récent Tsunami et que le commerce local a chuté de 90%… A Langkawi l'océan a tout dévasté sur plus d'un demi kilomètre à l'intérieur de l'île. Mais est-ce suffisant pour que seulement 38 athlètes, dont 7 pro hommes et 2 pro femmes se soient déplacés le jour de la course ?
C'était bien entendu une ambiance complètement différente comparé
aux 300 à 400 compétiteurs qui courent habituellement l'IM
Malaisie, mais l'énergie que les officiels et les volontaires ont
mis dans leur travail pour accueillir les athlètes sur une
complétion de niveau mondial était simplement exceptionnel.
L'important était qu'ils fassent un travail de qualité; qu'ils
accueillent 4 ou 400 athlètes était pour eux la même chose.
Comme d'habitude, le jour de la course, j'ai su que les
conditions allaient être celles de l'IM Malaisie, et je me suis
tout de suite douté que ça allait être dur. Avec le nombre réduit
de compétiteurs, la course avait été modifiée pour une
compétition "multi-tours" dans les 3 disciplines. Cela veut dire
qu'en natation il y avait deux tours; en vélo il y en avait trois
et en course à pied 4. Pour moi la natation, le vélo et la course
ont été à peu près équivalents toute la journée : chauds et
désagréables. Les conditions d'humidité et de chaleur ont
augmenté au fur et à mesure de la journée, et comme tous les
athlètes arrivés seulement deux jours avant la course, je n'avais
pas eu le temps suffisant pour m'acclimater correctement. Sur
chaque tour de vélo, les compétiteurs s'attendaient les uns les
autres, pas seulement pour trouver une présence mais seulement
pour se rappeler qu'ils n'étaient pas seuls ! Finir les 180kms de
vélo et partir sur la course à pied équivalait à ce moment de
passer d'une chambre surchauffée à un sauna. La chaleur était
incroyable. Après avoir parcouru les deux premiers kilomètres
dans un temps que personne ne connaîtra (!), je me suis dit que
le plus important à ce moment n'était plus de courir mais plutôt
de bien se nourrir et s'hydrater.
Cela a duré les 4 tours du marathon, et en voyant des pros
masculins marcher aux ravitaillements pour s'abriter
momentanément du soleil, je me suis dit que c'était une super
idée ! Malgré le fait que mon marathon fut très lent, je suis
contente de ma performance, car j'ai essayé de garder un tempo
régulier et ne surtout pas succomber à la tentation de marcher.
Un athlète m'a d'ailleurs demandé pourquoi je courrais alors que
j'étais à des lieues devant la seconde. La réponse a été simple :
pourquoi rester sur un Ironman dans des conditions pareilles plus
longtemps ? J'ai vu un petit garçon assis dans une bassine d'eau
à côté d'une maison et j'ai pensé : "C'est là que j'aimerais
être, pas ici !". Aussi 10h30 plus tard, première féminine pro et
6ème de la course, je finissais.
Dans cette partie de la terre, c'est la seule course que les
locaux peuvent se permettre de se payer. Leur grande majorité n'a
pas les moyens de se déplacer en avion autour de la planète. Les
organisateurs essaient de promouvoir le sport en investissant
dans des clubs de triathlon et en travaillant très dur pour que
le gouvernement supporte des événements majeurs comme celui-ci.
Ils rendent ainsi leur course meilleure chaque année.
Même avec seulement deux semaines de préparation, ils ont
parfaitement organisé leur événement : les fêtes se sont tenues
comme si rien ne s'était passé, les athlètes ont été encadrés,
les ravitaillement étaient superbement pourvus, et la course
s'est déroulée à la perfection. Et avec seulement 38 compétiteurs
courageux, se battant dans des conditions étouffantes, il s'est
avéré que c'était les habitants qui nous encourageaient. C'est un
Ironman comme aux origines, et comme ils devraient tous être
organisés. Et en dépit de la perte massive encourue par les
organisateurs, organisant une course malgré le retard, ils ont
admirablement donné leur revenu à l'aide pour les sinistrés du
Tsunami.
Je suis fatiguée par mes efforts; fière pour les concurrents et pleine d'espoir que les relations entre la WTC et l'organisation puisse permettre à la Malaisie de récupérer sa course pour qu'elle devienne la grande course qu'elle mérite d'être.
http://www.ironmanlangkawi.com.my/
| Hommes | |||||
| Classement | Nom | Pays | Groupe d'âge | Scratch | Temps |
| 1 | OGDEN COURTNEY | AUS | PRO | 1 | 08:59:35 |
| 3 | PETR VABROUSEK | CZE | PRO | 2 | 09:25:59 |
| 2 | JAN STRANGMULLER | CZE | PRO | 3 | 09:31:21 |
| 4 | GAFFNEY NICHOLAS | AUS | PRO | 4 | 09:41:04 |
| 5 | JOSEPH ZEMAITIS | USA | PRO | 5 | 10:14:58 |
| 6 | WONG AH THIAM | MAS | C | 7 | 10:51:09 |
| 8 | LEACH BEVAN | AUS | PRO | 8 | 11:06:34 |
| 9 | TOMOJI MARU | JPN | F | 9 | 11:46:49 |
| 10 | AHMAD JOYO HJ SHAARI | MAS | PRO | 10 | 12:05:58 |
| Femmes : | |||||
| Classement | Nom | Pays | Groupe d'âge | Scratch | Temps |
| 1 | HALLORAN BELINDA | AUS | PRO-F | 6 | 10:36:03 |
| 2 | YUSOKO MIYAZAKI | JPN | PRO-F | 12 | 13:07:38 |


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commentaires
09 Mars 2005, par : laurentj'aurai aimé y ête...en ce début de saison pour nous les européens ça doit être dur d'être au top en Février ? avec l'hivers que l'on a. A l'heure actuelle j'ai quand même 3000km de vélo en habitant strasbourg, mais sur un IM seule la volonté compte pour finir ce format de course et réaliser les objectifs que l'on sait fixé. Et rouler en entraînement sous une légère pluie de neige entretien la motivation.
13 Mars 2005, par : PascalQue celui qui a la possibilité d'y aller y aille ! J'y étais le 29 février 2004 et j'y ai décroché ma qualif avec 11h18 :o) en classe d'âge 35-39. Alors..... en plus l'îles est jolie et les gens sont sympas. Par contre l'organisation ne vaut pas les organisations européennes ou américaines. Mais ce fut une super expérience.