Publié le: 09 Mars 2005
Par: Belinda Halloran
Lien: http://www.belindahalloran.com/

L'Ironman Malaisie envers et contre tous

Photo par Belinda Halloran

En début d'année la WTC nous faisait parvenir son calendrier : plus d'Ironman en Malaisie, et un coup dur pour des organisateurs qui avaient connu pourtant le pire avec le tsunami. Pourtant la course allait avoir lieu pour Belinda Halloran et 37 autres athlètes
Voilà seulement deux semaines, l'Ironman Malaisie n'était plus, officiellement, une course du calendrier de la WTC, et il n'était pas dans le mien non plus. Aussi, d'être là, aujourd'hui, assise en train de vous écrire, à côté du trophée de vainqueur de l'Ironman Malaisie 2005 dimanche 27 février me paraît totalement irréel. Cela me paraît un peu "douloureux" aussi parce que je ne m'étais pas beaucoup entraîné en vue d'un Ironman…

J'avais toujours le choix de ne pas bouger, après qu'on m'ait posé cette question il y a une quinzaine de jours : "Quel est ton état de forme actuel, et es-tu prête à courir un Ironman dans deux semaines ?".
En considérant que j'ai mis au monde un enfant il y a seulement neuf mois et ne suis revenue à l'entraînement qu'il y a 6 mois, la question m'a quelque peu interloquée. Après avoir consulté mon mari, nous avons décidé que les efforts que je ferais seraient au pire du scénario une belle base de travail pour préparer mes autres courses programmées plus tard dans la saison…

Les organisateurs de la course de l'Ironman Malaisie n'avaient pas le choix. Ils ont été contraints de préparer leur événement en seulement deux semaines, après qu'une décision de la cour de justice ait obligé la WTC à honorer le contrat qu'ils avaient en place (NDLR : C'est aussi pour cela que nous vous avions annoncé l'annulation de la course en début d'année. Visiblement la WTC n'avait pas finalisé l'annulation de la course et avait pris la décision, seule, de ne pas donner son accord à l'IM Malaisie pour 2005). Tout ceci avec le fait que la région récupère tout juste du récent Tsunami et que le commerce local a chuté de 90%… A Langkawi l'océan a tout dévasté sur plus d'un demi kilomètre à l'intérieur de l'île. Mais est-ce suffisant pour que seulement 38 athlètes, dont 7 pro hommes et 2 pro femmes se soient déplacés le jour de la course ?

C'était bien entendu une ambiance complètement différente comparé aux 300 à 400 compétiteurs qui courent habituellement l'IM Malaisie, mais l'énergie que les officiels et les volontaires ont mis dans leur travail pour accueillir les athlètes sur une complétion de niveau mondial était simplement exceptionnel. L'important était qu'ils fassent un travail de qualité; qu'ils accueillent 4 ou 400 athlètes était pour eux la même chose.

Comme d'habitude, le jour de la course, j'ai su que les conditions allaient être celles de l'IM Malaisie, et je me suis tout de suite douté que ça allait être dur. Avec le nombre réduit de compétiteurs, la course avait été modifiée pour une compétition "multi-tours" dans les 3 disciplines. Cela veut dire qu'en natation il y avait deux tours; en vélo il y en avait trois et en course à pied 4. Pour moi la natation, le vélo et la course ont été à peu près équivalents toute la journée : chauds et désagréables. Les conditions d'humidité et de chaleur ont augmenté au fur et à mesure de la journée, et comme tous les athlètes arrivés seulement deux jours avant la course, je n'avais pas eu le temps suffisant pour m'acclimater correctement. Sur chaque tour de vélo, les compétiteurs s'attendaient les uns les autres, pas seulement pour trouver une présence mais seulement pour se rappeler qu'ils n'étaient pas seuls ! Finir les 180kms de vélo et partir sur la course à pied équivalait à ce moment de passer d'une chambre surchauffée à un sauna. La chaleur était incroyable. Après avoir parcouru les deux premiers kilomètres dans un temps que personne ne connaîtra (!), je me suis dit que le plus important à ce moment n'était plus de courir mais plutôt de bien se nourrir et s'hydrater.

Cela a duré les 4 tours du marathon, et en voyant des pros masculins marcher aux ravitaillements pour s'abriter momentanément du soleil, je me suis dit que c'était une super idée ! Malgré le fait que mon marathon fut très lent, je suis contente de ma performance, car j'ai essayé de garder un tempo régulier et ne surtout pas succomber à la tentation de marcher. Un athlète m'a d'ailleurs demandé pourquoi je courrais alors que j'étais à des lieues devant la seconde. La réponse a été simple : pourquoi rester sur un Ironman dans des conditions pareilles plus longtemps ? J'ai vu un petit garçon assis dans une bassine d'eau à côté d'une maison et j'ai pensé : "C'est là que j'aimerais être, pas ici !". Aussi 10h30 plus tard, première féminine pro et 6ème de la course, je finissais.

Dans cette partie de la terre, c'est la seule course que les locaux peuvent se permettre de se payer. Leur grande majorité n'a pas les moyens de se déplacer en avion autour de la planète. Les organisateurs essaient de promouvoir le sport en investissant dans des clubs de triathlon et en travaillant très dur pour que le gouvernement supporte des événements majeurs comme celui-ci. Ils rendent ainsi leur course meilleure chaque année.
Même avec seulement deux semaines de préparation, ils ont parfaitement organisé leur événement : les fêtes se sont tenues comme si rien ne s'était passé, les athlètes ont été encadrés, les ravitaillement étaient superbement pourvus, et la course s'est déroulée à la perfection. Et avec seulement 38 compétiteurs courageux, se battant dans des conditions étouffantes, il s'est avéré que c'était les habitants qui nous encourageaient. C'est un Ironman comme aux origines, et comme ils devraient tous être organisés. Et en dépit de la perte massive encourue par les organisateurs, organisant une course malgré le retard, ils ont admirablement donné leur revenu à l'aide pour les sinistrés du Tsunami.

Je suis fatiguée par mes efforts; fière pour les concurrents et pleine d'espoir que les relations entre la WTC et l'organisation puisse permettre à la Malaisie de récupérer sa course pour qu'elle devienne la grande course qu'elle mérite d'être.

http://www.ironmanlangkawi.com.my/

Hommes          
Classement Nom Pays Groupe d'âge Scratch Temps
1 OGDEN COURTNEY AUS PRO 1 08:59:35
3 PETR VABROUSEK CZE PRO 2 09:25:59
2 JAN STRANGMULLER CZE PRO 3 09:31:21
4 GAFFNEY NICHOLAS AUS PRO 4 09:41:04
5 JOSEPH ZEMAITIS USA PRO 5 10:14:58
6 WONG AH THIAM MAS C 7 10:51:09
8 LEACH BEVAN AUS PRO 8 11:06:34
9 TOMOJI MARU JPN F 9 11:46:49
10 AHMAD JOYO HJ SHAARI MAS PRO 10 12:05:58
 
Femmes :          
Classement Nom Pays Groupe d'âge Scratch Temps
1 HALLORAN BELINDA AUS PRO-F 6 10:36:03
2 YUSOKO MIYAZAKI JPN PRO-F 12 13:07:38

 

> fin de l'article

commentaires


09 Mars 2005, par : laurentj'aurai aimé y ête...en ce début de saison pour nous les européens ça doit être dur d'être au top en Février ? avec l'hivers que l'on a. A l'heure actuelle j'ai quand même 3000km de vélo en habitant strasbourg, mais sur un IM seule la volonté compte pour finir ce format de course et réaliser les objectifs que l'on sait fixé. Et rouler en entraînement sous une légère pluie de neige entretien la motivation.


13 Mars 2005, par : PascalQue celui qui a la possibilité d'y aller y aille ! J'y étais le 29 février 2004 et j'y ai décroché ma qualif avec 11h18 :o) en classe d'âge 35-39. Alors..... en plus l'îles est jolie et les gens sont sympas. Par contre l'organisation ne vaut pas les organisations européennes ou américaines. Mais ce fut une super expérience.


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