Rutger BEKE : « Je suis innocent et je le prouverai… »
Photo par Benoît Veys
« Cela fait six mois que mon entourage tente de prouver, à grands frais, ma bonne foi. »
Benoît Veys, notre correspondant en Belgique a ensuite eu Rutger
par téléphone :
En décembre dernier, BEKE a fait analyser ses urines et son sang
dans un laboratoire officiel reconnu par l’Agence Mondiale
Anti-dopage :
« … Cela m’a coûté plus de 700 euros… Et après 10 jours
d’analyses, le directeur de ce laboratoire m’a simplement
signifié qu’il ne voulait plus poursuivre ses investigations sur
mes échantillons pour ne pas jeter, affirmait-il, le discrédit
sur les actuelles méthodes de détection de l’EPO… Vous trouvez
cela normal ? »
Rutger BEKE qui se pourvoit, dès lors, en appel devant le Conseil
de discipline reste convaincu qu’il sera acquitté lorsqu’il
évoque cette procédure de recours :
« Je n’apporterai pas, d’ici là, de nouvelles pièces au
dossier, renchérit le champion de Belgique en titre, car
c’est maintenant à la Communauté flamande de démontrer que mes
arguments ne tiennent pas la route… Pour l’instant, mes juges se
contentent de dire que le phénomène de production
d’érythropoïétine endogène ne peut se produire de la sorte, même
chez un sportif de haut niveau… De telle manière que je suis, à
leurs yeux, forcément « coupable »… Mais nul ne peut démontrer,
non plus, à l’heure actuelle, que cette hypothèse, vérifiée par
plusieurs chercheurs dans des laboratoires universitaires, est
complètement improbable… ».
Rutger BEKE rappelle, par ailleurs qu’il n’a jamais refusé aucun
test de contrôle anti-dopage et souligne que si l’hypothèse de sa
production endogène, hors norme, était admise, elle démontrerait
purement et simplement que les tests de dépistage de l’EPO sont
obsolètes, ce qui mettrait l’Agence Mondiale Anti-dopage en
fâcheuse posture… Et le triathlète flamand de craindre que l’on
ne préfère sacrifier sa carrière au nom d’intérêts supérieurs
!
« Dans quinze jours, je devais prendre le départ d’un
triathlon en Californie, mais je dois reconnaître que mentalement
je craque… Même si des scientifiques m’ont encore appelé, depuis
vendredi, pour proposer d’analyser de nouveaux échantillons de
sang et d’urine… Pour l’instant, je jette toute mes forces dans
ce combat juridique ».
Cette affaire « BEKE » jette le trouble en Belgique au point que
les instances officielles flamandes se gardent de tout
commentaire à l’emporte-pièce.
Le cabinet du Ministre des Sports de la Communauté flamande se
contente de rappeler que les sportifs professionnels du Nord du
pays sont parmi les plus contrôlés, toutes disciplines
confondues… Et que jusqu’à présent, sur 30 triathlètes soumis à
ces contrôles, deux seulement on été pris « la main dans la
pharmacie » pour usage d’hormones… Rutger BEKE n’en faisait pas
partie…







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