Publié le: 07 Mars 2005
Par: Benoît Veys

Rutger BEKE : « Je suis innocent et je le prouverai… »

Photo par Benoît Veys

Dès l’annonce de sa suspension par la Commission disciplinaire de la Communauté flamande, Rutger BEKE a bouclé ses bagages et quitté l’Afrique du Sud où il s’entraînait avec l’équipe nationale belge
De retour à BLANDEN, sur ses terres du Brabant flamand, le Louvaniste a réuni la presse, ce lundi sur le coup d’onze heures, pour clamer haut et fort son désarroi :
« Cela fait six mois que mon entourage tente de prouver, à grands frais, ma bonne foi. »

Benoît Veys, notre correspondant en Belgique a ensuite eu Rutger par téléphone :
En décembre dernier, BEKE a fait analyser ses urines et son sang dans un laboratoire officiel reconnu par l’Agence Mondiale Anti-dopage :
« … Cela m’a coûté plus de 700 euros… Et après 10 jours d’analyses, le directeur de ce laboratoire m’a simplement signifié qu’il ne voulait plus poursuivre ses investigations sur mes échantillons pour ne pas jeter, affirmait-il, le discrédit sur les actuelles méthodes de détection de l’EPO… Vous trouvez cela normal ? »

Rutger BEKE qui se pourvoit, dès lors, en appel devant le Conseil de discipline reste convaincu qu’il sera acquitté lorsqu’il évoque cette procédure de recours :
« Je n’apporterai pas, d’ici là, de nouvelles pièces au dossier, renchérit le champion de Belgique en titre, car c’est maintenant à la Communauté flamande de démontrer que mes arguments ne tiennent pas la route… Pour l’instant, mes juges se contentent de dire que le phénomène de production d’érythropoïétine endogène ne peut se produire de la sorte, même chez un sportif de haut niveau… De telle manière que je suis, à leurs yeux, forcément « coupable »… Mais nul ne peut démontrer, non plus, à l’heure actuelle, que cette hypothèse, vérifiée par plusieurs chercheurs dans des laboratoires universitaires, est complètement improbable… ».

Rutger BEKE rappelle, par ailleurs qu’il n’a jamais refusé aucun test de contrôle anti-dopage et souligne que si l’hypothèse de sa production endogène, hors norme, était admise, elle démontrerait purement et simplement que les tests de dépistage de l’EPO sont obsolètes, ce qui mettrait l’Agence Mondiale Anti-dopage en fâcheuse posture… Et le triathlète flamand de craindre que l’on ne préfère sacrifier sa carrière au nom d’intérêts supérieurs !
« Dans quinze jours, je devais prendre le départ d’un triathlon en Californie, mais je dois reconnaître que mentalement je craque… Même si des scientifiques m’ont encore appelé, depuis vendredi, pour proposer d’analyser de nouveaux échantillons de sang et d’urine… Pour l’instant, je jette toute mes forces dans ce combat juridique ».

Cette affaire « BEKE » jette le trouble en Belgique au point que les instances officielles flamandes se gardent de tout commentaire à l’emporte-pièce.
Le cabinet du Ministre des Sports de la Communauté flamande se contente de rappeler que les sportifs professionnels du Nord du pays sont parmi les plus contrôlés, toutes disciplines confondues… Et que jusqu’à présent, sur 30 triathlètes soumis à ces contrôles, deux seulement on été pris « la main dans la pharmacie » pour usage d’hormones… Rutger BEKE n’en faisait pas partie…

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