Publié le: 21 Février 2005
Par: Roland Beaubois
Lien: http://www.wada-ama.org/fr/index.ch2

Keat contrôlée positive au test de dépistage

Photo par Ligue Calédonienne de Tri

L'identité de l'athlète australien qui a été testé positif à la nandrolone lors de l'Ironman Western Australie en novembre dernier n'est autre que la jeune australienne Rebekah Keat, 27 ans
Un cas de plus… Ce début d'année est affreux.
C'était l'anniversaire de Rebekah Keat hier, le 20 février 2005. Elle a fêté ses 27 ans après un début de carrière des plus prometteurs.
Promise à un bel avenir grâce à un talent considérable, elle provient de la filière du "court" australien et a gagné les championnats du monde de triathlon ITU en 1996 chez les juniors ainsi que les championnats du monde de duathlon en1997, toujours chez les juniors.
Elle termine à quelques encablures de son aînée Nicole Hackett en 2000 lors des championnats du monde de triathlon, et s'est imposée la saison passée sur des Half-Ironman, preuve de son excellente progression vers la distance reine.
L'Ironman Western Australia organisé pour la première année à Busselton, a été le théâtre d'une course exceptionnelle de Keat, puisqu'elle termine la course dans un temps hyper rapide de 9h03'37", 21 minutes devant la néo-zélandaise Karyn Ballance, pourtant expérimentée.
La suite on la connaît…

"Triathlon Australia a publié une notification d'infraction à l'encontre de Keat et lui a imposé une suspension temporaire. Cette suspension empêchera Keat de participer aux événements organisés par Triathlon Australia.
Les sources ont indiqué que l'échantillon A de Keat contenait approximativement 7.7 nanogrammes de nandrolone par millilitre d'urine. Son échantillon B a été révélé à près de 11 nanogrammes par millilitre. Pour les femmes, la limite spécifiée par l'IOC est de 5 ng/ml. La limite pour les hommes est de 2 ng/ml.

En étant très au-delà des limites permises, les échantillons de Keat sont largement au-dessus de tous les récents cas détectés ces derniers temps.
Le triathlète Canadien Kelly Guest a reçu une interdiction de courir de deux ans en 2002 après un échantillon contenant de la nandrolone; ses résultats étaient : 3.06 +/- 0.02 ng/ml, sans excéder le niveau permis de 2 ng/ml. Guest avait été par la suite affranchi, car il avait été prouvé qu'il ne s'était pas dopé pas intentionnellement, mais qu'une enquête officielle avait déterminé que les niveaux élevés de nandrolone avaient été provoqués par des suppléments alimentaires que l'ingestion avaient corrompu.

Alors que Triathlon Australia se refuse à tout commentaire sur le véritable nom de la fautive, Keat, il est confirmé néanmoins dans un rapport de la semaine dernière que la drogue impliquée était de la nandrolone : "Ce mardi, 8 février 2005, Triathlon Australia a reçu un avis de l'ASDA (Australia Sports Drug Agency) qu'un triathlète professionnel australien a été testé positif à la nandrolone par conséquence d'un test procédé en Australie à la fin de l'année 2004," a commenté le président de Triathlon Australia Chris Hewitt."

Propos recueillis par Cameron Elford (Triathletemag.com)

Fin du premier acte pour Rebekah Keat.

Après notre article publié la semaine dernière, et sujet à polémique, mais qui a permis à beaucoup d'entre nous d'y voir plus clair sur certaines pratiques, l'histoire reprend hélas son cours et nous rattrape à sa manière.
Comment ne pas s'insurger, et surtout ne pas passer "à la vitesse supérieure", afin de précipiter les choses dans le domaine de la lutte, de la prévention et de l'éducation ? Avant qu'il ne soit REELLEMENT trop tard, agissons chaque jour avant que le monde entier ne nous montre du doigt, et que le triathlon ne rejoigne le cyclisme au rang des sports de pestiférés (ceci est réducteur, je le conçois, mais le parallèle me fait trop peur).

Gardons nos enfants de ces amibes et apprenons-leur la joie de l'effort, et la récompense du travail. La vie est ainsi faite. Notre seule conscience devrait être l'unique garde-fou qui nous permettent de nous juger, et de nous défendre de toute tentative de dérive.

Car ce mal est une dérive en soi.
La vérité est dure à lire, et à accepter, et ceux qui s'engagent dans le combat, sans limites, doivent être encensés.

Soutenez Christophe Bastie pour l'AFT (Athlètes for Transparency)
http://www.athletesfortransparency.com/
Et aussi Guy Hemmerlin
http://www.endurancetrainingconcept.com/html/index.php?page=17

Olivier Coste :

"La fédération française de triathlon s’est engagée depuis de nombreuses années dans la prévention du dopage et des conduites dopantes comme en témoigne initialement la mise en place d’un groupe de travail sur la lutte et la prévention contre le dopage en septembre 2001.
Les actions on été menées au niveau de la formation (brevet fédéral, cadres techniques nationaux), de l’information des sportifs sur listes de haut-niveau et espoirs et dans le domaine du contrôle antidopage par l’augmentation des contrôles à l’entraînement et la détection urinaire de l’érythropoïétine.
Parallèlement, un programme de lutte contre le dopage auprès des clubs formateurs, c’est à dire accueillant de jeunes sportifs, a été initié sous la forme d’un projet pilote en 2002 et s’est étendu à l’ensemble des inter régions et des DOM-TOM depuis début 2004. Ce programme d’envergure nationale, financé par la fondation d’entreprise "La Française des Jeux" et le Conseil de Prévention et de Lutte contre le Dopage, a pour double objectif de former des éducateurs des clubs formateurs (en contact direct avec les jeunes sportifs) et de sensibiliser les dirigeants, les sportifs et les parents par la mise en place d’interventions - débat sur le dopage.
L’originalité de la formation réside dans la pluridisciplinarité des intervenants (sociologues, psychologues, physiologistes et médecins) et des thèmes abordés (prévention des comportements à risque des jeunes sportifs, organisation nationale et internationale de la lutte antidopage, usage de médicaments autorisés et interdits dans le milieu sportif, intérêts et limites de la consommation des compléments nutritionnels, les facteurs de protection et de vulnérabilité à l’adolescence, performance et éthique sportive). Il s’agit aussi de travailler avec les éducateurs sur leur place et leur rôle dans la prévention du dopage en tant que véritable acteurs de prévention.
Dans un deuxième temps, les actions de sensibilisation effectuées en direction des jeunes sportifs et des autres acteurs du club formateur (triathlètes, dirigeants, parents) permettront d’encourager un véritable travail de prévention cohérent et efficace.

Enfin, un groupe de travail devrait se mettre en place au sein de chaque comité régional afin de maintenir la dynamique occasionnée par le présent projet (actions de prévention, suivi médical des jeunes…)."

> fin de l'article

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