Publié le: 14 Février 2005
Par: Michael Lecuivre
Lien: http://tri-a-dis.com/

Diététique et compléments alimentaires : le bon équilibre

Photo par Xtriathlon

Rien à voir avec une méthode de dopage, les compléments alimentaires permettent juste de manger équilibré et de compenser les besoins si particuliers du sportif régulier. Voyons aujourd'hui comment les utiliser
Petit rappel de vocabulaire : la diététique est la science consistant à équilibrer les apports alimentaires faits grâce aux différents repas, et les compléments alimentaires (comme leur nom l’indiquent !!) consistent à apporter ce qui peut manquer par le biais d’apports en dehors des repas (c’est à dire juste avant ou après, voire pendant les entraînements). Or on nous rappelle souvent qu’aujourd’hui, même avec des repas bien équilibrés, l’alimentation ne peut subvenir à nos besoins quotidiens. Que dire alors des besoins d’un sportif régulier, dont le volume horaire d’entraînement dépasse facilement les 8 heures hebdomadaires (c'est-à-dire plus d’une heure par jour!) comme peuvent l’être les triathlètes ?

La diététique :

Comme indiqué dans un article précédent, les répartitions entre les différents nutriments (pour rappel, Glucide/Protide/lipide) peuvent varier selon les saisons et les périodes d’entraînement. La répartition la plus « utilisée », car la plus facile à mettre en place et la plus adaptée à une pratique sportive régulière, est le « 4/2/1 GPL » c'est-à-dire 4 quantités de glucides et 2 quantités de protides pour 1 quantité de lipide. L’équivalent en pourcentage pourrait s’exprimer ainsi « 55/30/15 » pour conserver les mêmes proportions. Seulement voila, à quel moment de la journée manger, et quoi ? Cela dépend de l’activité du jour, éventuellement du programme de la veille et du lendemain, et des conditions d’alimentation (travail, famille,…etc.)
Le petit déjeuner restera le repas le plus important de la journée EN QUANTITE et en DIVERSITE. Pourquoi ? Car tout ce qui sera apporté au cours de ce repas sera soit assimilé soit facilement stocké (si c’est l’objectif de stocker !). La diversité pourra être respectée en variant la nature des apports : céréales, pain complet pour les glucides (appelés également « hydrate de carbone » pour les sucres lents), petit déjeuner salé (avec des œufs cuits et du bacon, par exemple) pour les apports en protéines, sans oublier les fruits, source de vitamines sans équivalent.
Le déjeuner, selon la séance (ou les séances), pourra être soit léger si le repos est à l’ordre du jour, soit axé sur les sucres lents si la séance du lendemain est un peu « longue » (car on stocke plus facilement les hydrates de carbones le midi que le soir, pour cause de digestion!).
Le dîner sera le repas le plus léger en volume (pour faciliter la digestion, et donc améliorer la qualité du sommeil), mais pourra être le plus complet en apports divers : les fibres, essentielles à la digestion, pourront être apportées le soir via les légumes ou les salades, de même que les différentes sources de protéines, via le poisson ou la viande (blanche de préférence). Occasionnellement, pensez aux lentilles et aux foies de veaux (pour ceux qui apprécient !), pour les apports en fer.
Voici de quoi vous guider pour la constitution de vos repas. Mais l’aspect « quantitatif » est privilégié dans cette façon de voir les choses, or l’aspect « qualitatif » revêt toute son importance lorsque l’on demande le maximum à son corps. C’est là qu’interviennent les compléments alimentaires.

Les compléments :

Qu’appelle-t-on « compléments alimentaires » ? Toutes formes d’apports non assimilés via l’alimentation quotidienne, que ce soit une cure de vitamines ou d’acides aminés, ou bien les sources de glucides comme les gels, barres de céréales ou les poudres dans le bidon. Attention, cela n’a rien à voir avec du dopage, cela permet juste de manger équilibré et de compenser les besoins si particuliers du sportif régulier. Si beaucoup d’entre nous les connaissent, peu nombreux sont ceux qui maîtrisent leur utilisation. En voici quelques exemples :

  • les hydrates de carbones : Pour mieux stocker (ou reconstituer vos stocks) les sucres lents, vous n’êtes pas obligé de vous gaver de pâtes, de riz ou de pommes de terre. Les marques proposent toutes des équivalents à prendre sous forme liquide, comme pour un bidon, en mettant en avant les maltodextrines qui sont les sucres lents les plus assimilables. A prendre la veille d’un entraînement particulièrement long, voir une compétition MD ou plus, et/ou pendant l’entraînement ou la course en question. Cela vous permet de soulager votre système digestif entre autre. A tester lors de vos entraînements, avant d’utiliser lors de vos compétitions.
  • Les sucres rapides : leur forme la plus connue et la plus utilisée est la forme liquide. Ils se présentent également sous forme de gels. Les poudres utilisées pour nos fameux bidons « goutus » à souhait (mais que l’on redoute au bout de plusieurs heures !) nous servent à fournir une source d’énergie immédiatement disponible, mais aussi (et surtout) à maintenir une glycémie (le taux de sucre dans le système sanguin) stable. En plus de nous prévenir d’éventuelles hypoglycémies, cela permet à notre corps de mobiliser et d’utiliser nos réserves de glucose hépatique (les sucres lents stockés…) et nos réserves lipidiques (celles dont nous avons tant besoin et que nous refusons pourtant d’avoir…). C’est maintenant un peu plus répandu, mais les lipides sont presque trois fois plus rentables que les glucides (en terme énergétique, bien sur !). Encore faut-il que notre corps soit habitué à les utiliser…
  • Les barres énergétiques : à l’instar des solutions liquides, elles ont la même utilité, mais sont un peu plus « lourdes » à digérer. On peut les utiliser sur le vélo, par exemple, en alternant gels et barres, avant de passer uniquement à des gels lors de la course à pied. Ceci n’est qu’un exemple, encore une fois, c’est à vous de voir ce qui vous convient, lors de vos entraînements par exemple.
  • Les vitamines : là, le domaine est un peu plus vaste (elles sont très nombreuses), et leur véritable utilité reste du domaine des spécialistes. Elles peuvent être apportées par une diététique adaptée, mais la diversité alimentaire demandée est telle qu’il faut alors passer son temps à se préparer les repas de manière presque scientifique. En voici la description de quelques-unes, qui ne vous seront alors plus inconnues, de même que leur sources principales dans l’alimentation :
    • La vitamine C : certainement la plus connue de toutes, son véritable rôle n’est pas celui que l’on croit. Loin d’être « énergétique » (à ce jour, aucune étude ne l’a prouvé !), elle stimule principalement (et entre autre) le système de défenses immunitaires. Ce qui en découle, c’est que votre corps sera moins fatigué à combattre les infections grâce à un système immunitaire plus efficace. Le second rôle de la vitamine C est beaucoup moins connu : c’est un puissant anti-oxydant. Lors d’efforts longs, prolongés (et souvent répétés !), nous fabriquons beaucoup de toxines et la vitamine C fait partie des éléments capables de favoriser l’élimination de ces toxines (en évitant ainsi un vieillissement prématurés des cellules). Sources principales : Fraises, tomates, pomme de terre fraîche, légumes verts feuillus.
    • La vitamine A : intervenant dans de nombreuses fonctions vitales, ce qu’il faut éviter avec elle est surtout la carence. Elle entraîne un amaigrissement par la perte d’appétit, un état de fatigue général, et surtout diminue notre résistance aux infections respiratoires. Sources principales : carottes, tomates, ail, oignon, laitue et les fruits, de manière générale.
    • La vitamine B1 : elle synthétise les graisses et favorisent l’utilisation des glucides et des lipides (elle est souvent présente dans les poudres, gels et boissons énergétiques). Elle intervient également dans le bon fonctionnement du système nerveux. Sources principales : noix, arachides, viandes maigres, foie, et œuf.
    • La vitamine B6 : elle intervient dans le fonctionnement du système immunitaire (en favorisant la fabrication d’anticorps) ainsi que dans l’utilisation et la fixation des acides aminés et du glycogène. Sources principales : viande, volaille, poisson, pomme de terre, riz, tomate et banane.
    • La vitamine B12 : Très importante pour les triathlètes, elle a un rôle antalgique (anti-douleur), détoxiquant (pour nos petits muscles endoloris par tant d’efforts !) et anabolisant (pour reconstituer ces fameux petits muscles !). Elle se trouve très peu à l’état naturel, sauf dans les levures (pas dans la bière, dans les levures !)

Voici une idée des vitamines nécessaires au bon fonctionnement de votre corps face à tout ce que vous lui demandez. Cette liste n’est pas complète, mais on rentrerait alors dans un exposé très très long (car on peut citer également les oligoéléments, les antioxydants…etc.) Si vous avez des questions, générales ou plus précises, ce sera avec plaisir que je vous répondrai dans le forum !

> fin de l'article

commentaires


14 Février 2005, par : EtienneBonjour,

je suis un peu surpris de lire que même une alimentation équilibrée ne permet pas de réaliser des apports suffisants ! ... qui véhicule ce message ? Ne serait-ce pas une industrie agro-alimentaire désireuse de placer ces compléments ?

J'ai des doutes, et l'étude attentive des ANC de l'AFSSA montre qu'il est tout à fait possible de se nourrir correctement sans avoir à supplémenter, sauf peut-être dans le cas d'athlètes de HN, dont la charge de travail entraîne des besoins particuliers, et une dissociation partielle entre besoins énergétiques, protéiques et autres nutriments ...

Ce n'est que mon avis, bien sûr ;-))


14 Février 2005, par : Mika, d\'XtriathlonAujourd'hui, un athlète qui s'entraine plus de 10h par semaine peut voir ses besoins journaliers multiplier par 2 par rapport à une personne sédentaire. Je ne parle même pas des athlètes qui dépassent régulièrement les 15h et qui ne se font pas surveiller par un médecin (a moins que le mot "carence" ne soit que le résultat de l'imagination des médecins...).
Pour prendre un exemple, on cite dans un magazine (que je ne citerai pas par contre...) que les besoins journaliers en glucides peuvent aller jusqu'à 10g/kg; cela voudrait dire qu'une personne de 70kg devrait manger par jour l'équivalent de 2,3 kg de pâtes cuites par jour: vous en connaissez beaucoup qui font ca???
Quand à une éfventuelle et imaginaire industrie agro-alimentaire qui voudrait placer ses produits, j'ai beau chercher dans les lignes de cet articles, et ne pas trouver son nom...
Cordialement, ;-)))


15 Février 2005, par : EtienneSalut,
je ne vois pas très bien comment les besoins énergétiques importants du triathlète entraînent nécessairement l'utilisation de compléments ... c'est là ma question ?

Parce que si l'athlète ne peut subvenir à ses besoins en consommant des glucides, ce ne sont pas les compléments (en général : AA, vitamines, antiox etc...) qui vont le faire ! ... et c'est bien de cela que je parlais. ceci dit, si le gars ne compte que sur les pâtes pour lui amener une alimentation équilibrée, alors il aura besoin de complément mais c'est un autre problème !

De surcroit, s'entraîner 2 heures par jour entraîne globalement une consommation énergétique supplémentaire de 1500 kcal/j, plus un chouïa de plus en métabolisme de base ... ce n'est pas la mer à boire, mais un repas de plus forcément !

Enfin, ce que je conteste, c'est le fait que l'équilibre de la ration nécessite l'utilisation de compléments ... il existe effectivement des risques de carences, plus que des carences avérées qui sont rares, et il faut parfois y remédier mais en étant attentif sur son alimentation, il est tout à fait possible de se passer des compléments.

@+


15 Février 2005, par : EtienneJuste une petite précision magré tout : je ne nie pas l'aspect pratique des aliments et boissons énergétiques, quoiqu'ils ne constituent à mon sens pas un complément, mais un apport différent sous forme "processed" ... mais je pense qu'il est possible de réaliser ces apports, notamment à l'entraînement, avec des produits plus classiques et moins onéreux ... quant aux "vrais" (dans mon vocabulaire bien sur) compléments, ils ne doivent à mon sens s'adresser qu'à des cas bien particulier, très grosse charge de travail notamment ... mais pas au triathlète de base !


15 Février 2005, par : Mika, d\'XtriathlonEtienne,
Je pense que peu d'entre nos lecteurs (mais je vais peut etre me prononcer à leur place...) maitrisent le sujet de la diététique, et ces quelques lignes n'ont pour d'autres but que de les guider un peu "mieux" dans leur alimentation. C'est d'ailleurs à cette fin que je donne les origines "alimentaires" des vitamines que je cite.
Mais pa ailleurs, je ne pense pas non plus que les athlètes qui passent plus de 10h à s'entrainer par semaine soit tous conscient de l'impact sur leur performance de la diététique: que ceux qui connaissent parfaitement le sujet me disent que je ne leur apprends rien, OK, mais si je peux donner quelques conseils utiles à au moins une personne (meme si j'espere que j'en guide plus d'une...), alors ce sujet a sa place sur ce site...
Voici en tout cas ce qui me motive au quotidien!


16 Février 2005, par : Roland/XtriathlonA tous les lecteurs d'Xtriathlon

Mickaël écrit des articles pour Xtriathlon depuis maintenant un an, et j'avoue être surpris par les réactions de certains, concernant notamment les "dérives commerciales" dont il pourrait y être question.
Sachez une chose très importante : Xtriathlon est à 100% (on pourrait dire 300% pour le triathlon) BENEVOLE et chaque article écrit l'est sur le temps que veulent bien passer GRACIEUSEMENT ses auteurs.
Les seules sources de revenus du site sont celles des partenaires, que je remercie en passant pour la confiance qu'ils nous accordent.
AUCUN article, parmi les 466 actuellement listés dans Xtriathlon ne nous a été commandité par une société à but commercial (argent contre publicité), et je me refuserai, dans le cas où cela arriverait, à le publier. Les articles de la rubrique matériel sont écrits par les responsables des marques en question, et ne sont là qu'à but informatif.
Mickaël (ainsi que tous les autres rédacteurs), lorsqu'il écrit un article, me le soumet systématiquement, avant approbation. Ce dernier met un soin tout particulier à ne pas citer ses sources (s'il en est question), et donc à ne pas faire de publicité. Malgré cela certains "insatisfaits" lui demandent régulièrement de les citer parce qu'ils jugent ses articles sans véritable fondement. D'autres comme Etienne, je cite le premier post :

"qui véhicule ce message ? Ne serait-ce pas une industrie agro-alimentaire désireuse de placer ces compléments ?"

… estiment au contraire que l'article véhicule un message publicitaire…
A vous de vous faire votre opinion, mais la ligne de conduite d'Xtriathlon restera la même, jusqu'au jour ou nos poches déborderont de dollars. Alors nous ne seront certainement plus là à nous expliquer…
Sportivement.
Roland Beaubois, rédacteur en chef d'Xtriathlon


17 Février 2005, par : EtienneBonjour Mika, bonjour Roland,

je crois qu'il y a un malentendu entre nous, j'en suis désolé car c'est vraisemblablement de ma faute ... je n'ai pas voulu dénoncer de dérive commerciale, loin s'en faut et je suis tout à fait conscient que l'intervention est bénévole et je souligne la qualité des articles de Xtriathlon.

Si j'ai posé cette fameuse question, ce n'était pas pour critiquer une attitude "commerciale" mais plus pour souligner le fait que le domaine de la diététique et de la nutrition, il existe un certain nombre d'idées véhiculées par les industriels, et qui ont tendance à se généraliser, à coup de publications financées par ces entreprises.

Maintenant, il faut être réaliste, je ne dénonce pas un "complot" agro-alimentaire, d'autant plus que je connais bien ce milieu puisque j'en fais partie ... mais je souhaite simplement souligner qu'il faut avoir un regard critique sur les aspects scientifiques de la nutrition ... et que le lobbying occulte souvent les idées et données moins favorables.

Entre autres, l'idée véhiculée aujourd'hui est que nous sommes quesiment tous, pour une raison ou pour une autre, en carence de quelque chose ... et c'est à mon avis une idée fausse ou partiellement du moins ... dison que nous sommes éventuellement en sub-carence, mais notre organisme s'adapte et met en place des mécanismes qui permettent de mieux exploiter les apports ... pourtant, les publications citées en soutien des idées concernent plutôt des cas de carence avérée et c'est très différent ! ... je dirais même que à la limite, on pourrait penser qu'apporter systématiquement certains nutriments en excès peut-avoir des effets délétères, perte de la capacité d'adaptation voire excès tout simplement.

Voilà, j'en resterai là, point de querelles d'experts. Encore mes excuses pour ce malentendu.

Sportivement,

Etienne


21 Février 2005, par : En dehors de votre polémique. Une question:

Quels aliments contient les élèments qui favorise la fixation du fer?
merci


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