La 4ème discipline du triathlon : les transitions
Photo par Luc Micoud
Vous avez certainement souvent été bluffés par la rapidité avec laquelle les transitions se font en tête de course sur les grands prix ou autres courses internationales. Et bien ,je vous certifie qu’il vous sera beaucoup plus facile d’imiter les champions dans ce domaine que dans les trois disciplines de base du triathlon ("eh oui !!"). Pourtant bon nombre de triathlètes continuent de négliger le gain substantiel de temps que l’on peut retirer d’un petit travail dans ce domaine et de quelques astuces techniques dignes de Rémy Bricol’tout ®.
Un postulat d’entrée nous amène à penser que bon nombre d’entre nous, après quelques années de pratique atteignent des plafonds et comptent à l’unité les secondes gagnées sur les différents tests et autres chronos, quand ils les avalaient par dizaines à leur début ("les secondes !!"). Autrement dit, gagner une minute en natation sur 750 m ou 1500m par exemple va vous demander un investissement bien supérieur à l’effet obtenu en soignant vos transitions.
Je ne parle pas ici de l’entraînement qui va vous permettre d’encaisser physiologiquement ces transitions, ( on a déjà beaucoup développé dans nos colonnes la pratique des multi-enchaînements ), mais plutôt des astuces qui font la différence : des astuces à mettre en pratique avant tout sur sprint ou D ;O., mais à ne pas oublier aussi sur L.D.. Soit dit en passant, n’allez pas croire que je pousse à l ‘oisiveté et ne renoncez pas pour autant à travailler la natation et les autres disciplines, tout est bon à prendre !
La transiton natation/ vélo :
Première chose, repérer son emplacement, installer
casque et lunettes de soleil de
la meilleure façon qui soit pour un départ rapide. Tout
le reste doit déjà être sur le vélo : barres
énergétiques si besoin est , bidon, ...
Ensuite, les choses peuvent différer si la natation doit
s’effectuer avec ou sans combinaison. Dans les deux cas, tout
faire pour avoir déjà son dossard sur soi.
-Dans le cas ou vous nagerez en combi, qu’il soit sur un
élastique ou épinglé directement sur votre singlet, le dossard ne
vous gênera pas, et n’abîmera pas votre précieux costume en
néoprène. La plupart des organisateurs prennent soin maintenant
de vérifier que leur dossards résistent à l’eau, donc pas de
soucis de ce côté là. Sachez enlever au plus vite votre
combi, et n’hésitez pas à vous arrêter si le trajet
plage/parc est long (ex la grande motte). Plus la combi est
remplie d’eau, plus vite elle se quitte. Si vous attendez trop,
l’eau se sera écoulée, l’effort de course vous aura très vite
fait gagner quelques degrés à la surface de votre corps et tout
va soudainement beaucoup trop coller. Choisissez un endroit
herbeux, avec une barrière stable ou un poteau pour vous
cramponner et allez-y de bon coeur. Puis reprenez votre course
effrénée.
- Dans le cas d’une natation sans combi, et si vous avez la
chance de posséder un maillot de type "aquablade", là aussi,
mettez votre singlet dessous, avec votre dossard. Vous n’aurez
qu’à dérouler votre combi jusqu’à la taille pendant le trajet
plage/parc, vous porterez les couleurs du club, et vous ne
chercherez pas partout votre dossard que votre gentil voisin aura
entre temps envoyé promener par dessous ses affaires. Si vous
devez mettre votre élastique-dossard à la sortie de l’eau,
prévoyez un clip sur l’engin. Qui n’a jamais vu un concurrent
choire pitoyablement au moment d’enfiler son élastique tel un
caleçon ? La tête baissée vous enivre très vite dans ces moments
là, le sol est souvent instable, herbes, graviers,... et la chute
vous guette !
Ca y est votre casque est attaché, mais pas forcément positionné
au mieux sur votre crâne ? Il penche à l’arrière ? Une sangle est
passée derrière l’oreille ? Qu’importe ! dès les premiers coups
de pédales, vous aurez tôt fait de le replacer ! Filez que
diable, les joies de la pédale vous attendent !
Vient alors le difficile exercice de la mise en
selle. Jusqu’à la sortie du parc poussez votre vélo à
une main et positionnez celle-ci sur la selle (et non sur le
guidon, vous serez trop penchés vers l’avant) . Entraînez vous,
et vous verrez que c’est la meilleure technique quel que soit le
sol (herbe, goudron,...). Un petit truc précieux
: la roue avant garde beaucoup mieux sa direction, si vous
allégez l’arrière : autrement dit, si vous sentez l’avant
"guidonner" comme disent les motards, soulevez légèrement la roue
arrière (facile, la main est sur la selle !) et le vélo filera
droit telle une brouette. Passons sur le "principe de la
brouette", il s’agît maintenant de sauter sur le vélo. Là aussi
entraînez-vous, les progrès sont beaucoup plus rapides qu’en
natation (décidément !!). Nous n’avons jusqu’ici pas parlé des
chaussures : Normal, les chaussures sont déjà sur les
pédales ! On dira ce qu’on voudra, mais tous les pros le
font, c’est significatif ! Une seule raison peut vous incliner à
ne pas le faire : le départ vélo est monstrueusement pentu,
lessivé par la pluie ou gravilloneux et l’exercice serait
périlleux. Dans tous les autres cas, le gain de temps est évident
, puisque vous avancez à une vitesse V (si petite soit-elle) à
l’instant T ou vous enfilerez vos chaussures . V étant égale à
zéro si vous faites ça dans le parc. Et si vous avez été assez
malins pour patienter une centaine de mètres et ne pas le faire à
la sortie immédiate du parc souvent très encombrée, vous serez
lancés à une bonne allure. Sachez choisir le moment pour les
enfiler et pensez à le repérer à l’échauffement. Les dites
chaussures, nous ne l’avions pas précisé, ont été astucieusement
maintenues en position horizontale grâce à de petits
élastiques accrochés au serrage rapide de la roue
arrière (pied gauche) (cf photo1), et au dérailleur
avant (pied droit) (cf photo 2), les velcros sont
ouverts, les semelles intérieurs sont collées (ça évite les
mauvaises surprises) ? Et comme depuis le début du printemps vous
n’avez pas décroché les chaussures des pédales, autrement dit,
que vous vous livrez à ce petit exercice de cow-boy à chaque
départ d’entraînement,...et bien vous êtes capables de les
enfiler sans les regarder.
C’est ce qui rebute souvent les inconditionnels du chaussage dans le parc et de la « course-à-pied-sur-cales » (très aléatoire au niveau adhérence). Ils ont essayé mais ont connu beaucoup de déboires, la tête baissée à essayer de saisir la chaussure infernale ou à chercher le velcro salvateur coincé sous le talon. Ce n’est pas dimanche pour votre objectif du mois qu’il faudra essayer pour la première fois, mais avant ! Les élastiques, c’est tout bête, quand ça pête, ça ne vous dérange pas plus que ça, et c’est royal (cf photos 3 et 4)! Certains ont fait le choix de chaussures pure-cyclistes avec trois velcros, une languette baladeuse, etc... Une autre petit astuce consiste à ne pas hésiter à avoir recours aux services d’un cordonnier : il vous rallongera une bride, y ajoutera une pièce élargie empêchant la mauvaise fuite du velcro, décalera un anneau (cf photo 5). Deux trois coups de ciseaux bien placés, s’ils font mal au coeur, ne gâcheront en rien votre confort et vous permettront également d’obtenir une large entrée (cf photo 5). N’hésitez pas à placer quelques coups de pédales entre l’enfilage et le serrage ou entre le pied gauche et le pied droit. Relançons !!
- Vous verrez, il est courant d’entendre sa position "pied sur la plage" annoncée par de gentils spectateurs, alors que le chrono officiel a plutôt tendance à vous donner votre position à la sortie du parc. Il est ainsi assez agréable de constater un gain de parfois 10 places entre les deux ! Ou alors vous constaterez que vous quittez le parc en même temps que le copain de club qui a l’habitude de vous déposer gentiment à chacune des séries de 10x100 à la piscine.
Passons l’exercice de pédalage sur lequel nous ne nous attarderons pas, et arrivons au 2° acte.
La transition vélo/course à pied :
A l’approche du parc, enlevez suffisamment tôt vos
chaussures, dans une ligne droite, en roue libre, un
pied après l’autre en sachant replacer précisément votre pied sur
la chaussure transformé dès lors en « hochet pendulaire ». Là
aussi, apprenez à retrouver le bon côté des chaussures sans les
regarder. Ça vous évitera de les raboter sur le goudron. Redonnez
trois coups de pédales si nécessaire ("Il est encore là le copain
de club ?") Sautez au plus vite du vélo, regagnez votre place ,
essuyez vous énergiquement les pieds sur la serviette-paillasson
que vous aviez disposée ce matin et sautez dans vos
baskets.
Nous vous faisons confiance pour cette transition qui est en
général la plus réussie par les amateurs que nous sommes, les
nouvelles générations de lacets élastiques étant
de plus en plus efficaces, n’oubliez pas de retourner votre
dossard, et bon vent ! Pour les duathlons, pensez également à
coller les semelles intérieures de vos baskets, afin d’éviter
qu’elles ne se retournent à la fin de la première course à pied.
Si vous avez des choses à emmener à pied (coups de fouet), mettez
les dans la casquette, vous serez ainsi sûrs de ne pas les
oublier.
Faites le calcul de vos progrès natation de l’hiver (« Encore ? »), et comparez les avec l’écart entre vous et les premiers sur le simple exercice de la transition, vous verrez qu’un petit effort sur ce point pourra vous faire gagner beaucoup au final.
Un petit mot sur les pédales Thompson pour finir : puisque vous ne faites pas de courses avec drafting, réservez les surtout à des super-sprint ou autres mini-multriman, avec des parcours vélos courts et plats : là l’effet sera immédiat.
Bonne saison !
(Article paru dans Xclusivetri le 10 juillet 2003)












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commentaires
05 Février 2005, par : corradi franckC'est vrai, tout est dit. Et bien dit. J'ai adopté cette methode depuis la saison 2003 et c'est un régal. Gain de temps énorme, pas de chute ou de perte d'équilibre dans le parc. Pour ceux qui hésitent encore et doivent changer de chaussures vélo avant le début de saison 2005, prévoyez une paire avec languette arrière au niveau du talon et lancez vous. Pour 80 € les DMT sont super avec velcro inversé en plus (Sans faire de pub bien sur!!!!! )
A +
07 Février 2005, par : luc Micoudd'accord avec toi pour la languette arrière et pour le choix du modèle (prix au top !!)
et puis n'oubliez pas que dans cette discipline, les acquis demeurent même après une année sabatique!!! la reprise est des plus aisées !