Publié le: 08 Décembre 2004
Par: Steve Handwerker

Kraft bannie… pourquoi ?

Photo par Xtriathlon

Le phénomène du dopage est maintenant chose évidente dans le triathlon. Est-ce que bannir Nina Kraft de notre sport pour quelques années va réellement servir à quelque chose ?

L'analyse de Steve Handwerker, rédacteur et photographe pour SLHCommunications, Inc.

"Nina Kraft est une athlète brillante quand elle court "proprement", et elle apporte beaucoup à notre sport. Kraft a admis avoir pris une terrible décision. Partons maintenant du bon pied, dans un but productif, pas négatif, et laissons-la courir en 2005, et surtout laissons-la laver ce qu'elle a salit, par le sport.

Voilà ce que je propose :
Si elle accepte de payer une amende à l'organisation de contrôle de dopage, la somme exacte de cet argent serait alors dépensé pour des campagnes de marketing anti-dopage d'après courses. Kraft devrait se plier à des contrôles réguliers durant ses mois d'entraînement, ainsi qu'avant ses courses, peut-être à ses propres frais. L'amende, cependant, devrait être raisonnable et ne pas être plus importante que ce que va lui coûter son propre retour vers le triathlon; en Allemagne, les amendes sont relatives au revenu de la personne coupable. Kraft aurait alors l'occasion de se prouver à elle-même qu'elle est une brillante athlète, propre, et qu'elle peut apporter à notre sport.

Et voilà ce que je propose aux organisateurs et fédérations :
Comme le savent un certains nombre d'entre nous, le doping control pour les athlètes pros n'est pas commun dans le triathlon. Si les directeurs de courses et fédérations n'ont pas honnêtement su ou ont été dans le démenti du problème, la situation de Kraft va nécessairement les amener à accepter de tester tous ceux qui auront gagné du prize-money.
Invariablement, les directeurs de courses et fédérations diront que faire tous ces tests est trop coûteux. Les fonds ne doivent pas venir des inscriptions ou de l'adhésion des groupes d'âge. Afin de les aider à défrayer ces coûts, pourquoi ne pas obliger tous les athlètes pro qui se présentent sur une course (souvent invités) à payer une "redevance" pour les contrôles de dopage ou encore sur leurs licences annuelles ? Un exemple : mettez à la place de cette "version triathlon" les taxes que l'industrie aérienne a ajoutées sur chaque billet d'avion depuis le 11 septembre…

Les directeurs de courses et fédérations devraient pouvoir soutenir le choc du coût. Les athlètes pros devraient être d'une grande intégrité, mais encore plus, les directeurs de courses devraient avoir déjà renforcé les règles sur le dopage afin de prévenir le problème. Bien que la plupart des triathlètes pro ne soient pas concernés, leur contribution raisonnable à ces coûts de l'antidopage les aideraient à voir clairement qu'il y aura des contrôles et que les brebis galeuses seront définitivement éloignées du phénomène du dopage.
Il y a de nombreuses voies que l'on peut adopter afin de ne pas simplement réparer mais aussi de faire grandir notre sport."

Ma perception des choses… par Roland Beaubois
La sanction donnée par la fédération allemande de triathlon, et qui attend toujours Nina Kraft serait un bannissement de 1 à 4 années. Pour une première fois pourtant, elle pourrait n'écoper que de deux années, ce qui paraîtrait "normal".
Mais Kraft a elle-même essayé d'influencer l'opinion du public avec une autre version sur son site web, notamment sur la "Place of Refuge", un lieu historique de Big Island qu'elle a visité avec son controversé coach et petit ami Martin Malleier.
Elle y racontait entre autres la place que prennent les dieux pour les gens qui cassent les lois, et pour lesquels la punition est la mort. Le sanctuaire dans lequel elle était allée lui donnerait une seconde chance, et une cérémonie d'absolution lui serait alors accordée. Elle pourrait alors revenir chez elle l'esprit tranquille…

L'article a été depuis enlevé et le site Web de Kraft, qui avait tout de même gardé son forum ouvert aux visiteurs les jours suivant l'annonce de sa culpabilité, a depuis été fermé.
Le "pavé dans la marre", dont nous vous parlions il y a peu, a fait des vagues dans le petit monde du triathlon. Malgré cela, Kraft, en avouant immédiatement après cette annonce qu'elle s'était réellement dopée, et aussi énorme que cette histoire puisse être, aura sans doute amadoué ses juges dans une sentence moins dure qu'elle aurait été si elle s'était tue.

Comme les athlètes du 4x400 français, dont la médaille d'or a été "volée", et dont les sensations de frustration sont plutôt traumatisants – on entendait récemment Stéphane Diagana dire que la marseillaise jouée ailleurs qu'au stade de France n'avait plus la même saveur -, Nina Kraft a tout simplement volé sa première place à la suissesse Natascha Badmann, et cela elle ne pourra jamais revenir en arrière : cette joie de gagner, de passer la ligne la première, et d'être la reine de la cérémonie des Awards.
Imaginez maintenant que Kate Major eut été à la place de Badmann. Elle aurait alors gagné pour la première fois le championnat du Monde de triathlon sur tapis vert… Bonjour la frustration ! Il y a de quoi détester la fautive pour le reste de ses jours !

Alors la pression est-elle si forte qu'elle empêche à certains athlètes de penser aux conséquences ? Est-ce que Nina Kraft a pensé qu'elle allait décevoir ses fans, ses sponsors, mais aussi sa famille (aura-t-elle le courage d'en regarder certains dans les yeux maintenant), et qu'elle allait ternir à jamais cette édition 2004 de l'Ironman d'Hawaii ?

A-t-elle simplement pensé : si je suis prise, pourrai-je recommencer, et qu'on pense de moi : "Elle est propre" ?
Ne faites jamais LA connerie qui pourrait vous faire regretter tant de choses ensuite… et éduquez vos enfants dans une bonne ligne de conduite.

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L’INSEP : le dopage nous concerne aussi, par le docteur P.Lesage (propos recueillis par Sara Boudet).

"Le dopage est une préoccupation importante dans l’actualité sportive.
L’INSEP est-il épargné par ce fléau ?

Le dopage peut exister à l’INSEP, je l’ai d’ailleurs rencontré. Sur le millier de sportifs de haut niveau fréquentant l’établissement, il est difficile d’empêcher que certains se dopent. Les quelques cas que l’on a rencontré depuis 1990 avaient un suivi médical personnel en dehors de l’INSEP.

Depuis 1989, l’INSEP et le ministère ont mené une politique ferme contre le dopage. Pour 2 raisons essentielles : l’éthique sportive et l’éthique médicale. Le dopage nuit à la santé du sportif et le rôle du médecin est justement de veiller à cette santé. Il n’intervient pas directement sur la performance, mais il doit s’assurer que l’organisme du sportif supporte bien les contraintes de l’entraînement. Le médecin doit également limiter la prise de produits exogènes comme les vitamines, les acides aminés, qui peuvent présenter les prémices d’une conduite dopante. Il ne faut pas systématiser ces aides ponctuelles.

Enfin la règle du jeu est claire, le dopage, est une tricherie. Très peu de pays ont des lois contre le dopage et, heureusement, la France est particulièrement impliquée dans cette lutte. (loi du 23 mars 1999)

A l’INSEP, les médecins, les kinésithérapeutes et les sportifs entretiennent des relations suivies et on connaît bien les athlètes. On vit avec eux pendant les stages et les compétitions et il s’établit des relations de confiance, même s’il faut rester attentif aux questions détournées. De nombreux contrôles inopinés, réalisés par des médecins assermentés de la direction régionale de la jeunesse et des sports, sont effectués à l’INSEP. Lors de ces contrôles inopinés, les sportifs de l’INSEP n’ont aucun problème. Pour réduire le dopage, nous mettons toujours l’accent sur la prévention : elle s’appuie sur de l’affichage, des réunions, des cours dans les formations qui se déroulent à l’INSEP. L’expérience prouve que la meilleure prévention du dopage est la présence régulière des médecins, des kinésithérapeutes, et infirmières à côté des sportifs.

Comment jugez-vous le département médical de l’INSEP ?
Parmi les points positifs, l’amplitude horaire permet de contacter un médecin à tout moment et trouver sur place de nombreuses spécialités; c’est un petit hôpital comme l’a évoqué un sportif. De plus, pour une meilleure prise en charge dans l’urgence, l’INSEP a établi un réseau de correspondance avec certains hôpitaux. Par exemple, dans des cas précis, on peut obtenir une IRM (image à résonance magnétique) ou opérer une luxation dans les plus brefs délais. Il y a un réel travail d’équipe, aussi bien au sein même du département qu’avec l’extérieur.

Par ailleurs, de nombreux médecins et kinésithérapeutes encadrent les équipes de France, ce qui facilite le suivi médical.. Pour améliorer encore le service, il faudrait plus de médecins et kinésithérapeutes véritablement à plein temps sur qui reposerait le fonctionnement du département.

Comment imaginez-vous l’avenir du département médical de l’INSEP ?
Nous souhaitons développer l’exploitation des données médicales recueillies, grâce au logiciel 'consult ', mis au point à l’INSEP. Cette étude épidémiologique met en évidence des pathologies qui surviennent à certaines périodes d’entraînement ou à certains moments de l’année. On peut ainsi favoriser la prévention et modifier les programmes d’entraînement pour préserver au mieux la santé des sportifs. Selon moi, l’utilisation de ces statistiques est un pas énorme dans la connaissance de l’entraînement et sa programmation."


> fin de l'article

commentaires


08 Décembre 2004, par : Hemmerlin GuyBonjour,

Kraft a commis une grosse erreur. Malheureusement le dicton faute avouée, faute à demi pardonné ne doit pas s'appliquer dans ce cas précis.

Si j’ai bien saisit les arguments avancés par Steve, ils sont aberrants. Si un athlète a assez d’argent, il a donc le droit de se faire attraper …. Au moins une fois car après il lui suffit de mettre de l’argent sur la table pour se voir laver de tout soupçon et se faire ’’suivre’’.

Kraft a joué, elle a perdu. Elle doit quitter la scène sportive. Je suis pour une exclusion à vie.

Diagana a eu lors de l’émission stade 2 une réflexion juste et intéressante, toute exclusion temporaire ou définitive doit s’accompagner d’une forte amende. ‘’l’argent il n’y a que cela qui peut punir efficacement les athlètes’’ En effet soignons le mal par le mal, le dopage en grosse partie (mais pas uniquement) existe en raison de l’argent soignons le par l’argent. Dans le cas de Kraft, exclusion définitive et 200 000 euros d’amende….. pour subventionner la mise en place de contrôle plus poussés, plus nombreux et surtout inopinés…….

Je partage à 200% la conclusion de Roland.


08 Décembre 2004, par : haudegond bertrandnon seulement l'athlete dope doit etre banni a vie mais en plus il doit rembourser tous ces gains honteusement gagnés. de plus, une amende indexé sur les gains feraient reflechir les eventuels tricheurs


08 Décembre 2004, par : marcobonjour à tous:nous sommes tous d'accord pour dire qu'elle a fauté,seulement doit on lui couper la tète!!
les délinquants ne sont pas tous emprisonnés à vie,ils purgent une peine et sont réinsérés...
le tribunal compétent doit apprécier les données et infliger à l'athlète l'interdiction de licence ainsi qu'une sanction financière,pourquoi ne pas ajouter un travail d'intérét général (rappelez vous cantona)au service du sport.
sportivement marco


08 Décembre 2004, par : Llobell philippeJe suis bien d'accord avec guy et roland.elle doit écoper d'une forte amende et de ce fait participer a la lutte contre le dopage,chez les pros mais aussi chez les groupes d'ages !


09 Décembre 2004, par : LionelNina kraft a quand même de suite reconnu les faits, et pour cela, on doit lui laisser une chance de se réhabiliter (tout en étant punie bien sur) Elle aurait pu tout nier, invoquer une erreur de procédure ou autre, et prendre Me collard comme avocat ...


09 Décembre 2004, par : Alex, triathlète amateurJe pense pour ma part qu'il est facile de reconnaître s'être dopé, lorsque l'on s'est fait prendre! Pour moi, la sanction doit être plus liée à une période d'inderdiction de courrir de plusieurs années plus qu'un aspect financier. Il faut que ceux qui se dopent sachent que s'ils se font prendre, ils risquent de ne pas pouvoir pratiquer pendant 4 ou 5 ans; et 4 ou 5 ans lorsque l'on fait du haut niveau, cela équivaut à une retraite anticipée! Si le respect de sa propre santé n'empêche pas certains de se doper, il faut leur faire peur sur autre chose : une fin prématurée de carrière doit faire réfléchir à 2 fois. Le problème est que le triathlon est un sport sous-médiatisé, et que lorsque l'on en parle, ce n'est pas pour des performances, mais pour des affaires de dopage. Qu'est ce que le grand public retiendra de cette année de triathlon? seulement ce qu'il lit à travers les journaux; et ce qu'il a lu cette année c'est un article affligeant dans Libération sur le triathlon et le dopage à qques jours des JO, et le fait que le vainqueur femme de la plus grande course du monde est dopée!! Belle image en vérité !


09 Décembre 2004, par : laurentmoi je pense qu'elle doit payer une amende mais qu'elle doit pouvoir avoir un deuxieme chance de se réabiliter dans le Triathlon et dans la compétition. Qui peut dire, qu'il n'a jamais commis d'erreur dans sa vie, quelque soit la nature de cette erreur, donnons lui une chance et si elle n'est pas bête, elle ne recommencera plus jamais. soyons indulgent. Il exciste tant de produit dopant indetectable...alors méditer sur cela, car des pros tricheurs, il en a, même certain que l'on respecte et il ne le mérite pas...


09 Décembre 2004, par : JérémieJe ne vois pas ce que viens faire l'argent dans ce problème. On parle de sport merde ! Qu'on lui donne une sanction sportive. Elle a triché pour l'argent, c'est la seule des raisons valables pour se doper, parce que sinon si c'est pour la gloire faut vraiment rien avoir dans la tête. Si elle aime faire du triathlon qu'elle fasse du triathlon après sa suspension mais par contre on devrait tout simplement lui interdire la licence pro et on verra si elle aime le triathlon au point d'en faire en amateur. Moi j'ai déjà une idée de la réponse.
C'est vrai qu'on réhabilite les délinquants mais qui embaucherait un braqueur de banque à la Brink's.
Une erreur est acceptable quand on ne le fait pas exprès, pour s'injecter de l'epo on peut y voir une certaine volonté. Mais c'est vrai qu'on ne parle pas beaucoup de dopage depuis un certains temps et que certains ne savent pas que l'epo est un prduit dopant. Enfin bon !!
Vive le triathlon et les triathlètes quand même.


10 Décembre 2004, par : oliv\' sharkyLes athlètes dopés n'ont rien à faire dans le sport, surtout de haut niveau qui reste la vitrine médiatique d'une discipline ! Nina Kraft a triché, elle s'est fait prendre, seule une exclusion à vie assortie d'une grosse amende peut faire prendre conscience aux sportifs du risque qu'il y a à se doper (autre que celui portant sur sa propre santé). S'il suffisait d'avouer sa faute, une fois pris, pour pouvoir repartir sur de "nouvelles" bases, je me demande où cela nous mènerait.... Malheureusement, je crois qu'il y aura toujours des dopés plus riches que d'autres qui ne se feront jamais prendre car eux auront les produits dernière génération, indétectables ... regarder le cyclisme de haut niveau ou l'athlé de ces dernières années !
No drafting, No doping ! Sportivement.
Oliv'


10 Décembre 2004, par : Serge OliveroJe pense que Nina Kraft doit être bien triste si elle possède une conscience .En effet comment peut-on se regarder dans une glace lorsque l'on a commis une faute professionnelle de cette ampleur ?....Après un tel acte les "pros" qui trichent sont souvent les seuls (pas toujours )à le savoir.Leur problème est qu'il est plus facile de mentir à ses admirateurs qu'à soi même !....Quelle valeur donner à une victoire qui ne reflète pas de longues années de travail effectuées pour améliorer son potentiel.
Sans compter qu'il doit être particulièrement difficile,lorsque l'organisme s'est habitué à fonctionner avec des drogues,de recouvrer sa motivation pour ne pratiquer que du sport!!!,
qui plus est,lorsque l'on est l'artisan de comportements jetant l'opprobe sur son "propre"
sport.
Peu importe le sport ou le niveau de l'athlète , toute tricherie par dopage est une véritable infamie car elle est avant tout un non respect de son propre corps , sans compter celui de ses adversaires .L'utilisation de ces subterfuges nécessite des moyens financiers conséquents qui pénalisent la crédibilité du bien fondé des sponsors intervenant.Nina Kraft a-t-elle seulement réalisé que quelque part elle pouvait être un exemple pour des jeunes triathlètes ???
Qu'en pensent-ils aujourd'hui ?


13 Décembre 2004, par : Pierre BESLINEn lisant l’article de Steve Handwerker, les bras m’en tombent ! (mais merci à Xtriathlon.com de diffuser l’article !). A le lire : « Nina Kraft est une athlète brillante quand elle court "proprement", et elle apporte beaucoup à notre sport. » .
Etre un(e) athlète brillant(e), M. Handwerker, c’est justement savoir ne jamais courir autrement que « proprement » ; c’est constamment garder à l’esprit que la chance d’accéder au rang de triathlète professionnel et de prendre le départ de la plus mythique des courses se paye en retour d’un comportement exemplaire, propre (décidément !) à mettre notre sport en valeur, non pas à le discréditer.
Comparaison n’est pas raison, certes. Et pourtant : quand un professionnel de la politique pique dans la caisse, on le condamne à une peine d’amende, assorti le plus souvent d’inéligibilité (en gros, on lui interdit d’exercer son métier de politicien). Pour une raison simple : c’est interdit. Et c’est très bien comme ça. Dans le sport professionnel, c’est le dopage qui est interdit : dès lors, en vertu de quoi Nina Kraft, en tant que professionnelle du sport bénéficierait-elle d’une quelconque immunité et d’un droit à recourir dès 2005 ? Elle a triché : elle en paye le prix. C’est à dire l’interdiction d’exercer son métier.


08 Février 2005, par : François ApicellaIl n'y a pas d'autre solution aujourd'hui pour Nina Kraft que son exclusion à vie.
Le dopage a toujours été un fléau pour le sport pro (certains excés, mort de Tom Simpson sur le Tour en 1967, ont provoqué une prise de conscience et la création de lois anti-dopages). Ces derniéres années, la tendance s'est malheureusement fortement accentuée avec l'apparition de l'EPO et force est de constater que les résultats des grandes compétitions sont de plus en plus faussés. Depuis les années 90 (arrivée de l'EPO dans le peloton cycliste), aucune grande victoire internationale n'a été obtenue sans l'apport de l'EPO. Les champions, vénérés et adulés en d'autres temps, sont devenus des cobayes de la médecine et des champions de la langue de bois, tant que le ridicule ne tue pas (à l'exception peut-être du pauvre Pantani) et qu'ils ont été dopés à l'insu de leur plein gré. Que valent en effet les 56,375km dans l'heure de Chris Boardman établis en 1996 ? C'est ce que j'appelle une "victoire" de la médecine, mais une défaite écrasante du sport pro qui devient sport spectacle et dominé par les enjeux financiers. Le triathlon est un sport jeune, peu lucratif et pratiqué, souvent, par de vrais amateurs de sport. Il ne faut pas qu’il soit gangrené à son tour par la préparation médicale et pourtant il y a alerte rouge : qui peut croire à certaines performances des triathlétes aux JO d’Athénes ? Qui peut croire aux performances exceptionnelles réalisées par les meilleurs à Hawai ? Pour mettre fin à la suspicion, et ranimer la flamme née du spectacle offert par tous ces grands champions, il faut être complétement inflexible : suspension à vie pour les fautifs, peine sévére pour les pourvoyeurs. Et renforcement des mesures anti-dopage. Ce n’est qu’à ce prix que l’on aura – peut-être ? – une chance dans l’avenir de regarder à nouveau une étape du Tour de France avec passion, et que l’on pourra considérer les vainqueurs d’Hawai à leur juste valeur.


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