Publié le: 06 Décembre 2004
Par: Belinda Halloran
Lien: http://www.belindahalloran.com/

De retour à la course, mais en étant maman

Photo par Belinda Halloran

Notre australienne de maman, Belinda Halloran, après un épisode maternel où elle a mis au monde une petite Audrey, est de retour dans les parcs à vélo. Impressions ?
Etre triathlète professionnelle et jeune maman est un challenge quelque peu intéressant. Cela apporte une nouvelle dimension à la compétition – vous pourriez dire que ça apporte une autre discipline aux trois que nous avons déjà. Une dimension que j'ai évidemment voulue et que maintenant je dois accepter pour continuer à courir au plus haut niveau, celui des élites.
Voilà quelques semaines je suis retournée courir au Noosa Triathlon. Après seulement cinq mois et demi depuis la naissance de mon premier enfant, je n'avais pas d'espérances réelles sur la manière dont ça allait se passer et pour être honnête j'étais terrorisée à l'idée de ne pas être à la hauteur et de ne pas être capable de courir correctement.
Mes entraînements en vue de la course étaient malgré tout solides mais à certains moments inconsistants, car il faut bien que je m'occupe de ma fille; cela je l'avais prévu et ne m'en suis donc pas inquiétée. Mon résultat de course de 2h10' n'était pas finalement si mauvais que ça (NDLR : Il s'agissait d'un CD et c'est la jeune australienne de 23 ans Emma Snowsill qui l'emporte en 1:54:55). Ca m'a donné beaucoup de courage pour revenir au plus haut niveau, car après cette interruption je sais que je peux revenir et être à nouveau rapide. Je suis maintenant réellement motivée et attend avec impatience la prochaine course !

Le matin de la course mon mari Grant et moi avions échafaudé comme d'habitude un plan. Pas celui que nous faisions d'habitude, gestion de course etc… Non ce plan était pour Grant de faire attention à Audrey, pendant que je me préparais pour l'événement. Nous étions arrivés à Noosa la semaine précédant la course pour laisser à Audrey le temps de s'acclimater et à ses parents le fait de prendre quelques vacances aussi ! La semaine s'est passée comme dans un rêve et Grant et moi nous nous disions que c'était fantastique d'être parents et comment notre vie s'était bonifiée avec un bébé ! Le matin de la course nous ramena sur terre.
J'étais levée aux alentours de 5 heures en attendant l'heure du départ à 7h30. J'étais nerveuse, aussi je n'ai jamais su en quelle forme réelle j'étais par rapport aux autres filles, courant pour la première fois depuis 15 mois. Je savais qu'Audrey ressentait que j'étais nerveuse et que quelque chose allait arriver, aussi elle n'appréciait guère ce qui se passait. Pour aller au départ nous avions été obligés de la réveiller quelques heures auparavant son heure à elle de réveil, et elle n'était pas contente ! Grant a essayé de lui donner le biberon mais pour marquer son mécontentement elle s'est "débarrassée" du petit déjeuner qu'on lui avait donné et a refusé ensuite de manger. Aussi, au lieu de m'échauffer afin d'être prête, j'ai aidé Grant à lui redonner à manger et à préparer ensuite les affaires d'Audrey pour une sortie sous la pluie (encore un truc que nous n'avions pas prévu !).
Finalement alimentée et heureuse, se sentant contente d'avoir arrêté sa maman à la porte de l'appartement, j'ai remis Audrey à Grant et fonçais au parc pour vérifier rapidement mon équipement et faire un petit échauffement de 10 minutes. Heureusement que notre hôtel n'était qu'à 5 minutes de là…
Audrey dormit durant toute la course et Grant a pu apprécier celle-ci avec nos amis. C'était un sentiment unique de terminer et de voir Grant et mon bébé m'attendre sur la ligne. Grant me tendit Audrey mais je me suis inquiétée, étant en sueur, qu'elle ne reconnaisse pas mon odeur. Mais pas de problème pour cela, les parents sauront de quoi je parle, Audrey non plus ne sentais pas très bon… Sans penser à autre chose, je la posais sur l'herbe derrière l'aire d'arrivée (quelque chose que je ne me serais jamais imaginée faire à cet endroit il n'y a pas si longtemps) et la changeais. Je devine qu'on fait ce genre de truc sans y penser… Etre maman me paraît tellement normal maintenant que je ne peux même pas imaginer ne pas la savoir là. J'ai eu une brève conversation avec Nicole Hackett après la course et tandis que nous marchions vers nos hôtels respectifs, je ne pouvais lui avouer à quel point nous sommes comblés : avoir de beaux bébés, des maris compréhensifs (et supporters) et surtout d'être capables de continuer de nous dépasser pour cet incroyable sport.

> fin de l'article

commentaires


07 Décembre 2004, par : laurenttout à fait d'accord avec toi, la venue d'un enfant dans une vie change beaucoup de chose et tous les partenaires sont pas tous aussi compréhensif mais le sport est un équilibre que l'autre doit pouvoir comprendre. Car si non on est en manque...et on est mal, voir insuportable.


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