Laurent Chopin : le triathlon sur le bout des doigts
Photo par Xtriathlon
Xtriathlon : Salut Laurent, et enchanté de te compter parmi les personnalités interviewées sur Xtriathlon. Ma première question sera : que penses-tu de l'évolution du tri à l'heure actuelle, LD et CD confondus (sans parler du dopage) ?
Laurent Chopin : J’ai le sentiment que comme tout processus évolutif, sur certains plans nous faisons des progrès alors que dans le même temps nous reculons sur d’autres.
Le nombre de licenciés vient de dépasser les 20000, ce qui est un
chiffre qui sonne bien, mais qui fait suite à plusieurs années de
relative stagnation.
Nous sommes beaucoup au niveau des clubs à ressentir un
changement de population.
Les gens qui fréquentent les sites d’entraînement se positionnent
comme des consommateurs plus que comme des compétiteurs. Leur
approche du triathlon tient plus dans le fait de pouvoir aller
nager un peu, éventuellement rouler un peu et/ou courir un peu.
Le moteur n’est pas, en tout cas pas pour tous, la passion qui
nous animait il y a quelques années.
Attention, je ne suis pas en train de dire que c’était mieux
avant (ma bonne dame), je suis seulement en train de constater la
différence et ce n’est en aucune façon un jugement de
valeur.
Ces nouveaux adeptes doivent être conscients que la spécificité
du triathlon réside dans l’enchaînement des épreuves.
Si l’on veut développer notre discipline et attirer plus de
monde, il faut diversifier nos niveaux et nos formes de
pratiques, travailler en collaboration avec les clubs de natation
et de course à pied et surtout, c’est un peu mon cheval de
bataille depuis longtemps, mettre sur pied un vrai circuit
d’Aquathlon. C’est une discipline qui demande peu au niveau
organisationnel, que tout club peut mettre en place.
En adaptant les distances et en mettant en place un système de
séries, ½ finales, finales, on peut créer un vrai challenge entre
les nageurs, les coureurs et les triathlètes, afin que chacun s’y
retrouve.
Et ainsi, on ouvre en grand les portes du triathlon.
Au niveau des courses, on s’aperçoit qu’il est de plus en plus
délicat d’organiser, tant d’un point de vue autorisation que dans
le simple fait de trouver des bénévoles.
Pour s’en convaincre, il suffit de voir le nombre de « classiques
» qui ont disparu.
Il est vrai que beaucoup de courses ne reposent que sur peu de
personnes, alors quand elles décident d’arrêter, il n’y a que peu
de repreneur.
Sur le haut niveau, il est toujours aussi difficile de trouver
des organisations pour les grands prix, les France et la coupe de
France.
La FFTRI vient de prendre conscience que les contraintes et les
droits d’agrément doivent être revus à la baisse.
Il y a beaucoup moins, et loin s’en faut, d’argent qui circule
sur le grand prix qu’il y a 5 ou 6 ans (voire même 15) et
certains parcours sont soit dangereux soit inintéressants, les
athlètes s’y déplacent en traînant des pieds.
Les différentes réunions que nous avons eues depuis de nombreuses
années avec la FFTRI commencent seulement à payer, ce qui est une
bonne chose.
Depuis peu la collaboration semble plus efficace.
Sans faire de polémique, on peut légitimement s’interroger sur la
politique de communication de la FFTRI.
Sport + diffuse beaucoup de triathlon et cela va se développer
(je suis bien informé…), mais nous avons du mal à voir les
retombées et les dividendes.
Dans ce domaine nous progressons à pas de fourmis, ce qui est
sans doute normal, mais le principal n’est-il pas d’avancer ?
Xtriathlon : Les cas de dopage sont navrants et ternissent l'image de notre sport. Que faut-il faire à ton avis pour enrayer le problème ?
Laurent Chopin : Je crois qu’espérer l’enrayer
est très problématique. A notre échelle, nous ne pouvons
qu’éduquer, informer, faire passer les bons messages. Il faut
travailler sur les contextes favorisants, sur les situations à
risques. Nous devons rester vigilants, mais malheureusement celui
qui veut tricher pourra toujours tricher.
Tant que le dopage ne sera géré qu’au niveau sportif, il n’y aura
pas de changement.
Le gros avantage du triathlon, c’est l’association de 3 disciplines. Il y a toujours, même pour un athlète de haut niveau, la possibilité de progresser dans au moins une des 3 disciplines. C’est un garde fou, car l’athlète peut rester motivé et se définir un objectif atteignable.
Xtriathlon : On te connaît comme étant coach des élites de Beauvais; tu t'occupes entre autres d'athlètes comme Delphine, Marion ou Stéphane. Que penses-tu de leurs performances à l'heure actuelle, et de l'émergence de certains autres en World Cup ?
Laurent Chopin : Je pense que le niveau général
de nos athlètes élites (pas seulement les Beauvaisiens) est
plutôt en progrès. Les résultats des dernières coupes du monde
auraient tendance à le démontrer. Il faudra voir en 2005, car
2004 étant une année olympique, les données sont un peu biaisées.
En effet, tous les athlètes ne se sont pas préparés de la même
façon, certains ont été invisibles sur les coupes du monde et ont
brillé aux J.O. et inversement.
Certains ont carrément coupé après les Jeux.
Quoi qu’il en soit, plus il y aura de Français vainqueurs plus
cela sera intéressant et crédibilisera notre sport, et ce à tous
les niveaux.
Xtriathlon : En 2005 pour tes athlètes, ça se passe comment ?
Laurent Chopin : Pour Delphine, ce sera l’année
d’un événement important (NDLR : Elle attend un bébé !). Nous
verrons avec elle comment gérer la fin de saison, si fin de
saison il y a.
Marion aura à cœur de revenir à son meilleur niveau. La
connaissant, je ne me fais pas de souci.
Stéphane, comme il l’a dit dans une interview, n’a pas dit son
dernier mot.
J’ai la chance d’avoir deux équipes solides et motivées, car je n’oublie pas les autres membres de Beauvais, même si la question ne concernait que les 3 précédemment cités.
Xtriathlon : Les athlètes français, dont a fait partie le toujours Beauvaisien Patrick Vernay, ont fait encore plus fort à Hawaii cette année qu'en 2003. Que penses-tu de cette progression ?
Laurent Chopin : C’est logique et normal. Le
groupe France de longue distance est soudé, chacun respecte
l’autre, chacun connaît l’investissement qu’il faut pour être
performant.
Il y a une belle émulation.
Philippe Fattori, qui était en charge de ce groupe (NDLR :
Philippe Fattori passe du long à la préparation Olympique, c'est
Pierre Houseaux qui prend les rennes du long), a su mettre en
place un système de grande qualité, malgré le peu de moyens
alloués par la FFTRI.
Le LD ça rend humble.
Un jour tout va bien le lendemain ça peut te lâcher.
La hiérarchie est beaucoup plus mouvante sur le LD que sur le CD.
Xtriathlon : Parlons de toi : coach, commentateur, y a t'il la place pour autre chose dans la vie de Laurent Chopin ?
Laurent Chopin : Il est vrai que toutes ces
activités me prennent pas mal de temps.
J’ai la chance d’avoir une compagne compréhensive. Il faut juste
ne pas se laisser déborder et être un chouia organisé.
J’ai un emploi du temps à géométrie variable, et ce grâce à
l’accord de ma présidente de club (Agnès Mahey), ce qui me permet
de gérer du mieux possible.
Xtriathlon : Que penses-tu de l'annulation du triathlon de Nice ?
Laurent Chopin : Je ne maîtrise pas assez les
données du problème pour vraiment avoir un avis.
Je pense que la FFTRI a beaucoup trop investi et que si
l’organisation lui échappe, c’est qu’il y a dû avoir de réels
problèmes de communication avec la mairie de Nice.
Les intérêts des 2 parties devaient être différents et elles
n’ont pas su les faire coïncider.
Le relationnel a dû jouer pour beaucoup.
Xtriathlon : Merci à toi et à très bientôt !
Laurent Chopin : Mais c’est moi mon cher Roland et bon courage pour le développement de ton site.
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Les activités de l'intéressé… en résumé :
Coach de Beauvais triathlon :
Entraîneur perso / conseiller de :
Directeur de course des 3 organisations Beauvaisiennes
:
Directeur de course des Eco-games :
Conseiller technique du festival de sports : Consultant triathlon pour Sport+ Rédacteur pour Sportium |



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commentaires
08 Décembre 2004, par : eric champouxJ'ai eu la chance et le bonheur de cotoyer Laurent durant deux années sur les différentes étapes des grands prix nationaux, j'étais à l'époque coach d'une équipe de première division. Laurent, je tiens à saluer la pertinence de tes propos que je partage en grande partie, ils sont à ton image, empreint de l'expertise d'analyse qui te caracterise. Mais ceux qui ont, ou ont eu la chance de te cotoyer n'en seront pas surpris, car ils savent depuis longtemps à quoi s'en tenir...
Salut l'artiste!