Nina Kraft : le pavé dans la marre
Photo par Steve Handwerker
Qu'est-ce qui est passé par la tête de Nina Kraft ? Cette question revient sur toutes les lèvres…
Dans un entretien qu'elle a eue en compagnie de son coach Martin Malleier avec le président de la WTC Ben Fertic, elle a avoué avoir eu recours à de l'EPO, et se repent de son "erreur" dans un article que nous publierons demain.
En effet comment une athlète de si haut niveau, qui se permet de gagner la plus importante compétition de triathlon au monde, a t'elle pu à ce point croire que sa tricherie allait passer inaperçue ? Comment, aux yeux de ses adversaires, de ses sponsors et du public qui l'a "crue" championne du Monde, parce qu'elle avait prouvé de bien belles choses (de trop belles choses), comment une athlète de sa valeur a t'elle pu se moquer de tout ce monde, en prenant des produits qui allaient la faire égaler la performance de certains pros masculins (elle termine sa course à quelques encablures du néo-zélandais Cameron Brown) ? En reprenant le live de la course, on peut s'apercevoir qu'au bout de 5 heures de course elle est à moins d'une demi-heure de Normann Stadler, futur vainqueur masculin. Elle finira sa course avec près de 16 minutes d'avance sur la suissesse Natasha Badmann qui est maintenant sur la plus haute marche du podium, la seconde place allant à la canadienne Heather Fuhr tandis que la troisième revient à l'australienne Kate Major…
Mais ces chiffres sont sans importance devant l'ampleur du
problème.
Car ce cas de dopage dans le triathlon n'est hélas pas le seul.
Il est pourtant le plus "énorme" de ces derniers mois, mais après
Beke, Schumacher, Guest, Bour, Braun, et peut-être d'autres dont
les instances n'ont pas dévoilé les noms, il faut se rendre à
l'évidence : le triathlon est maintenant touché de plein fouet
par ce phénomène qui gangrène depuis longtemps les sportifs de
haut-niveau des trois disciplines du triple-effort : la natation,
le vélo, et la course à pied.
On était donc en droit d'imaginer le pire, hélas…
Et on l'a eu…
Heureusement le militantisme de certains sportifs, des instances,
ainsi que l'évolution des techniques de contrôle et de répression
concernant les athlètes dopés évolue tant bien que mal. Comme le
souligne Normann Stadler sur son site, l'intéressé fait partie
d'un groupe nommé "Trainingcontroll Group", regroupant des
athlètes allemands, tandis qu'en France une action menée par le
stéphanois Christophe Bastie et nommée "Doping Contrôle" attire
de plus ne plus d'athlètes professionnels tricolores, désireux de
montrer au public et à leurs adversaires qu'eux sont "propres",
et que lorsqu'ils se présentent au départ d'une compétition,
c'est dans le but de courir d'égal à égal, et de ne pas tricher,
tout simplement.
On pourra bien sûr, pour conclure, dire que les pros ne sont
qu'une minorité, et que dans la masse d'une compétition ils ne
représentent qu'un dixième, voire moins, du peloton… Pourtant ce
sont eux qui véhiculent nos valeurs, qui sont les garants de la
beauté et de la propreté de notre sport. De cela ils doivent être
responsables, et ne jamais être tentés de passer une barrière
sans possibilité de faire demi-tour.
Les brebis galeuses doivent donc être montrées du doigt, et
surtout jamais réhabilitées dans ce même peloton. Nous
n'entendrons, après un tel acte, jamais plus parler de Nina Kraft
et de sa première place à l'Ironman d'Hawaii 2004. Que ce
souvenir ne soit qu'une erreur, qu'un sale moment passé en
compagnie d'une tricheuse.
Et que ceux qui s'entraînent dur, pros et groupes d'âge
confondus, soient remerciés au passage de la ligne de toutes les
compétitions du monde. Ce sont eux qui font que le triathlon est
un sport fabuleux. Qu'ils en soient fiers.
Liens associés :
http://www.ironloire.com/news/i_news.htm
http://www.normann-stadler.info/index.php
http://www.dopage.com/
http://www.xtriathlon.com/forum.php?topic=38







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commentaires
13 Novembre 2004, par : JérémieIl était peut-être temps d'ouvrir les yeux ou peut-être tout simplement temps de se rendre compte qu'il est impossible de réussir des performances aussi impressionnante en triathlon sans dopage.
Je doute que le dopage soit un problème nouveau en triathlon comme dans n'importe quel autre sport, et je ne vise surtout pas un autre belge que beke et certains autres allemands, tout en sachant que certains français gangne avec tout sauf avec leur honneur.
Désormais, on saura qu'on ne peut pas enchaîner au gatorade plusieurs victoires sur ironman dans une année.
Vive le sport, vive l'argent !!?
13 Novembre 2004, par : Said MoulaiRéaction
On pourra dire et répéter tout ce qu'on voudra, nous n'arriverons jamais à endiguer, la volonté des tricheurs qui se dopent pour gagner trois sous six francs. Par contre, les citer comme cela est fait aujourd'hui est un bienfait pour notre sport; seulement je trouve que ce n'est pas suffisant, à mon avis tous ceux qui se font prendre devraient être suspendus à vie, il n'est pas normal que des petits triathlètes comme nous; qui nous entrainons dur, (environ 12h par semaine), en plus de notre travail soyons mélangés à ces chasseurs de primes, qui en plus, d'avoir le temps de préparer les compètes, se chargent comme des mules pour ramasser les primes!!!!! Il est temps d'ouvrir les yeux et de prendre des mesures pour ne plus revoir ces gens sur une ligne de départ.
15 Novembre 2004, par : anthony PHILIPPECe qui vient d'arriver est tout à fait lamentable et incompréhensible... Comment une athlète qui gagne la plus grande course du monde peut-elle encore pleurer de joie à la remise des prix, alors qu'elle sait pertinament qu'elle est arrivée sur cette plus haute marche du podium en trichant et en trahissant tout le monde ? Je suis écoeuré (et peut être trop naïf ?)
15 Novembre 2004, par : Laurent SchmutzJe crois qu'il faut surtout se réjouir que des contrôles se fassent, et que des athlètes qui trichent se fassent prendre. La question n'était pas "y a-t-il du dopage dans le tri", mais plutôt est-ce qu'on fait tout pour lutter contre. Cela donne un message à ceux qui voudraient aussi tricher (ou qui le font déjà), mieux vaut lutter dès le début plutôt que de risquer que ça devienne une habitude (la norme) comme dans le cyclisme.
17 Novembre 2004, par : RivoireA y'est ! Un gros scandale de dopage dans le triathlon a enfin éclaté au grand jour. Je dis ENFIN éclaté car, entre nous, pensiez-vous réellement que notre sport était épargné par cette pratique ? Moi, je n'en doutais pas. Si je m'appuie sur l'article paru dans "Le parisien" début septembre, je suis tenté de dire que les journalistes non plus n'en doutent pas. Pour moi, le dopage est présent dans le triathlon depuis longtemps et à tous les niveaux, y compris sur les C.D. où le premier prix est un filet garnis. Il est clair que les triathlètes ne sont pas différents des autres athlètes face à l'esprit de compétition. Dans cette affaire, ce qui au fond me chagrine le plus c'est que j'espérais sans doute un peu que l'esprit du longue distance était toujours présent. Que des gens modeste et humble entourraient cet état d'esprit. Que l'envie de terminer un Ironman primait sur celui de le remporter. Et bien non, je me suis trompé. L'image renvoyée au grand public par ces courses mythiques qui ont fait le triathlon est celle d'athlètes dopés. Ceux-ci l'on choisit, a priori, il le vive même bien (puisqu'il sont près à le reconnaitre en public), ce qui me dérange le plus, c'est que nous, triathlète amateur qui comme le dit bien Said, nous entrainons en plus de notre travail, sommes également catalogués comme dopés faisant un sport de dopés ! L'amalgame est simple et il est trop souvent enervant.
20 Novembre 2004, par : thierry pratvielPeut-être est-il naïf de parler de brebis galeuse, laissant croire qu'une infime minorité de triathlètes se dope. J'en ai connu qui se dopaient tout en étant amateurs et tous les cyclistes que je connais qui ont fait de la compétition à un niveau régional ou local racontent ce qu'ils prenaient pour gagner les courses locales. Je sais, il ne faut pas mélanger l'esprit cycliste et l'esprit triathlétique, quoique... combien de fois, sur sprint, CD ou ironman j'ai vu des tricheurs qui couraient au lieu de nager, qui coupaient les parcours, qui draftaient, etc. C'est comme dans la vraie vie, il y a les gens honnêtes et il y a les autres, très nombreux. Le dopage est une forme comme une autre de tricherie, à part que les produits les plus efficaces sont réservés à une élite qui a l'argent pour les acheter et les relations pour les trouver. Les amateurs se contentent de produits plus courants, trop facilement disponibles avec des certificats médicaux détournés. Malheureusement, à cause de ces tricheurs, pros ou amateurs locaux, la suspicion repose sur tous les autres. Il ne faut pas tomber dans l'excès de croire que tous sont dopés (sauf moi) ou qu'il n'y a que quelques rares "brebis galeuses", expression également utilisée par Luc Leblanc lorsqu'on attrape un cycliste imprudent.
21 Novembre 2004, par : PascalOn peut comprendre que les pros se dopent c'est leur boulot et ils en vivent, et encore. Par contre chez les amateurs IL FAUT qu'il aie aussi des contrôles et chez tout le monde, pas seulement chez les 1ers. Au vu des conditions (surtout vélo) de cette année, que penser de tous les concurrents descendus au dessus des 10 heures :?: Bref, la santé de chacun est sous sa propre responsabilité. Terminer en 9 ou en 12h28 comme moi n'est-il pas plus beau quand on a pas triché ????? A bon entendeur.
21 Novembre 2004, par : MichelKonntest du deines Telefon Numer geben,bitte!? Danke schön! Michel
23 Novembre 2004, par : koala64Ami(e)s triathlètes bonjour;-)
Comme vs, je ne peux que m'indigner devant cet état de fait... moi qui rêve depuis tt petit à ce triathlon mythique qu'est Hawaï... Voir cette épreuve ainsi bafouée m'attriste énormément... ns qui souhaitons que notre sport soit reconnu, merci pr les valeurs... qq part, le dopage fait parti des tentations auxquelles on doit ts échapper ms l'erreur est humaine... je ne peux être aussi radical que certains car les athlètes dopé(e)s (telle que Nina Kraft) ont malgré tt un entrainement lourd et subissent eux aussi de gros entrainements... les radier à vie serait injuste... les disqualifier avec une amende à l'appui est à mon avis honorable... je pense seulement que pr avoir un sport aussi propre que possible, le test antidopage devrait faire parti des conditions d'admission... tant pis pr les frais!