Publié le: 26 Octobre 2004
Par: Michael Lecuivre

Manger pour performer part #2

Photo par Getty Images

Si ,comme vous l’avez lu précédemment, une nourriture équilibrée tant en quantité qu’en qualité est nécessaire, elle doit, tout comme vos plans d’entraînement, s’adapter à la saison et au type d’efforts que vous fournissez
Il est courant d’écouter dire qu’il faut « manger les fruits et légumes de saison » : cela est vrai pour la répartition des nutriments « Glucides/protides/lipides ».

Je m’explique : les besoins du corps et les exigences des conditions climatiques ne sont pas les mêmes selon les périodes de l’année. Or, selon les saisons, le type d’effort que nous fournissons diffère également. L’équilibre mentionné dans la première partie sur la diététique mettait en avant les proportions généralement utilisées par une population sportive. On parle souvent du 421 GPL, car cela reprend l’équilibre des proportions généralement admises : pour 4 portions de Glucides, on prendra l’équivalent de 2 portions de Protides et 1 portion de Lipides, ce qui revient aux pourcentages mentionnés, soit 55% de Glucides, 30% de Protides, et 15% de Lipides. Suivre ce type de régime tout au long de la saison sera suffisant pour faire face aux contraintes liées à la pratique de notre discipline. Mais pourquoi devrait-on suivre des « phases » lors de la programmation de notre entraînement, et pas au niveau de notre alimentation ?
Par exemple, en hiver, les conditions climatiques ne sont pas faciles (souvent froides et humides), et c’est pourtant à cette période qu’il nous faut constituer notre « base aérobie » (selon les objectifs, bien sûr !). Donc les efforts fournis seront majoritairement de nature aérobie, filière énergétique où les substrats énergétiques sont Glucides ET Lipides. Pourquoi, au vu de ces contraintes, ne pas « augmenter » la part des lipides pour diminuer légèrement la part des glucides ? On conditionnerait ainsi notre corps à utiliser de manière privilégiée les lipides, et on obligerait celui-ci à avoir un meilleur rendement ! De plus, certains lipides interviennent dans notre système immunitaire (de manière indirecte), ce qui permettrait à notre corps de mieux se protéger de ses conditions climatiques défavorables…

Voici une proposition de régime qui s’adapte aux saisons et aux types d’efforts fournis.

Période Entraînement Glucides Protides Lipides
Novembre Janvier Foncier 40 30 30
Février Avril Pré-compétition 55 30 15
Mai Septembre Compétition 60 30 10
    les semaines de compétition
      50 35 15
    les autres semaines


ATTENTION, ce tableau ne concerne que la répartition des nutriments, l’aspect quantitatif sera la seconde clé de la réussite de ce type d’alimentation.

En période foncière, la part des lipides est importante, mais elle est en rapport avec le niveau d’activité pour les raisons citées ci-dessus.
En période pré-compétitive, les glucides refont leur apparition « en masse », afin de subvenir aux besoins énergétiques plus importants, dus à l’augmentation de l’intensité des efforts fournis. De plus, le changement de saison aidant, l’alimentation doit devenir moins « riche » en lipides, et commencer à s’orienter vers une alimentation dite « de saison » (pour les apports en fibres et vitamines d’origine naturelle, et moins importante au niveau calorique).
En période compétitive, les semaines de compétitions sont différentes des semaines sans course : les besoins énergétiques seront différents, donc l’alimentation devra suivre. La part des protéines augmente les semaines sans compétition, dans l’objectif de favoriser la reconstruction de la masse musculaire « traumatisée » pendant les compétitions. De même, les semaines « à compétitions » seront tournées vers un apport plus important de glucides, dans l’objectif d’améliorer le stockage des hydrates de carbone.

Ceci représente une façon d’envisager la diététique sportive applicable au triathlon, mais elle ne fait que suivre les grands principes de base d’une alimentation dite « équilibrée ». Seul le côté qualitatif a été envisagé dans ce sujet. Il est bien sûr logique que l’aspect quantitatif s’adaptera également au même titre au fil de la saison. Ne perdons pas de vue que chacun réagit à sa façon à tel ou tel type de régime, et que le plus important est d’écouter son corps et ainsi développer ses sensations et l’harmonie avec son corps…

Bon appétit !

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