Publié le: 12 Octobre 2004
Par: Beaubois Roland
Lien: http://www.kiwami.fr/

Hélène Salomon-Watson : une reconversion réussie

Photo par Hélène Salomon-Watson

A l'heure où l'on parle de finale et de compétition à gogo, d'autres se reposent sur des lauriers bien mérités. Hélène Salomon-Watson est de ceux-là, heureuse d'avoir raccroché et passionnée par sa nouvelle vie

Bonjour à tous,

 

Roland m’a demandé il y a presque un mois d’écrire quelque chose sur la reconversion des sportives de haut niveau et de raconter la mienne. Et bien je dois dire qu’un un mois, je n’ai pas trouvé 5 minutes pour lui répondre car voici ce qui s’est passé : la rentrée des classes le 2 septembre, s’occuper de Juliet ma petite fille de 3 mois, un week-end à Sartrouville pour un stand KiWAMi, s’occuper de Juliet, tapisser 3 chambres de notre nouvelle maison, s’occuper de Juliet, un week-end à Vendôme pour la Coupe de France des clubs, répondre aux courriers KiWAMi, s’occuper de Juliet, voir 2 ou 3 amis, ne pas oublier Craig, mon mari, et en plus préparer le diplôme du BF4 (entraîneur fédéral), etc, etc….
Et après tout ça, les gens me demandent encore si le triathlon ne me manque pas et si j’ai le temps de m’entraîner !!!!

Et bien, je cours 30 minutes par semaine et je fais 1 heure de VTT avec mes élèves de la section sportive. C’est tout ! Seule la compétition me manque un peu, mais pas trop quand même…

Après ma dernière course à Gérardmer en 2003, j’avais décidé de tout arrêter. La motivation à l’entraînement n’était plus là et je trouvais pénible de « faire les 3 » tous les jours. J’avais besoin d’autre chose. Ma reconversion professionnelle était assurée car je suis prof d’EPS dans un lycée de Pau et il me suffisait de réintégrer mon poste. Je me suis donc mise en tête de créer la première section sportive de triathlon du Sud-Ouest. Je m’éclate avec mes élèves.

Mon mari et moi-même avons en même temps créé KiWAMi, une marque de vêtements de triathlon pour la compétition et ce n’est pas une chose facile que de créer une entreprise !!!
Craig a de son côté arrêté sa carrière de haut niveau après les championnats du monde de Queenstown en 2003 pour rester auprès de moi et de notre petit bébé qui allait naître. Juliet est née le 2 juin dernier et depuis, nous essayons de concilier nos rythmes avec le sien.

Il n’est pas difficile d’arrêter une carrière sportive si on a atteint la plupart de ses objectifs et si on n’est pas frustré par rapport à ses performances. Je pense qu’il faut s’arrêter au sommet et ne pas faire la course de trop, celle qui vous laisse des regrets pour toute une vie. Il n’est pas difficile non plus d’arrêter si on a préparé sa reconversion en gardant toujours un contact avec le monde du travail: formation, emploi aménagé, etc… Il faut savoir tourner la page et ne pas vivre dans le passé, s’accrocher à un mode de vie que l’on ne peut plus suivre.
Savoir se fixer de nouveaux challenges est à mon avis essentiel pour une reconversion heureuse. Craig a créé KiWAMi et ne s’ennuie pas une minute non plus !
Enfin, la vie de famille et le soutien des proches reste une condition essentielle pour bien « arrêter » et vivre pleinement son « après-carrière » : n’est-il pas tout autant enrichissant de passer un dimanche matin à jouer avec ses enfants que dans un parc à vélo ?
Il y a un temps pour tout, et tout a un temps : le triathlon m’a beaucoup apporté mais il ne me manque pas, d’autant plus que je garde toujours un petit contact avec le milieu.
A bientôt donc !

 

> fin de l'article

commentaires


12 Octobre 2004, par : fasquelle arnaudTémoignage touchant qui pourra aider les athlètes dans leur reconversion. Bon courage à tous les trois et encore bravo.


13 Octobre 2004, par : Yv78Adorable, touchant! une reconversion réussie après une carrière sportive des plus brillantes, tout cela dénote un parfait équilibre. Des propos empreint de bon sens, il est clair que le sport nous apporte beaucoup à condition de lui donner sa juste place dans notre vie d'homme ou de femme.
Merci pour ton témoignage, il restera une référence.
Je vous souhaite plein de bonheur avec vos êtres chers!
Cordialement, Yv


13 Octobre 2004, par : Germain GHORBALChapeau Hélène pour cette bonne leçon que vous donnez à tout le monde et aux sportifs en particulier.
C'est un vrai message de professeur aux "pros" du triathlon en passe de se reconvertir ou "de songer" à le faire un jour.
La ou les courses de trop, je les observe par le bon bout de ma lorgnette.Pour en connaître un paquet, j'observe que des grandes championnes ne savent pas s'arréter.
Je pense en particulier à Paula Newby Fraser, 8 fois gagnante à Hawaii, qui a accroché à son palmarès plus de 25 "Ironman" qui court toujours dans l'écurie des pros à 43 ans et qui à Kona peut maintenant arriver 10 eme ou 25 eme, cela lui important peu.
Mais pour elle, adieu la vraie famille alors que son "boyfriend" Paul H la couve comme il y a 15 ans!
Paula, qui a époustouflé le monde en 1988 en fracassant le record de l'épreuve à Kona vgit sa vie d'athlète sans penser à la course de trop.Elle assure sa reconversion en courant pour valoriser ses camps d'entrainement. Africaine du Sud,banlieusarde du Zymbabwe, elle court après la joie de vivre qui est celle de "morfler"et de côtoyer "son peuple du triathlon", plutot que celle d'avoir amassé un magot de dollars beaucoup plus que Mark ALLEN.
Est-ce vraiment un épanouissement de femme?
Helene nous donne une autre joie: celle de reconnaitre que la vie doit "fleurir" autrement et être partagée à plusieurs en préparant la descendance.
Voilà au moins une française qui mérite le podium de l'intelligence du sport.Chapeau!


Ajouter un commentaire :

Vous devez posséder un compte et être authentifié pour déposer un commentaire.