Publié le: 07 Septembre 2004
Par: Mickael Lecuivre
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L'hypoxie : pourquoi ne pas en profiter ?

Photo par XTriathlon

Très rares sont ceux qui utilisent l'hypoxie dans d’autres disciplines que la natation. Pourquoi ne pas l'appliquer à d'autres disciplines comme le triathlon ?
Si l’introduction de la science médicale dans la recherche sportive est assez récente, les progrès effectués ont depuis pris une ampleur phénoménale. Ainsi, tous les sportifs, quels que soient leur sport d’origine, pratiquent l’entraînement par intervalle (ou « Fractionné »).
Une des conséquences de ce mélange des genres est que chaque sport a développé ses techniques propres : les sports de force ont leur méthodes d’entraînement, les sports d’endurance en ont une autre, les sports de précision ont encore un système différent. Et ce qui fait la richesse du triathlon est que nous « associons » trois disciplines.
« Mais où veut il en venir ? » êtes vous en train de vous dire…
Eh bien, certes, nous nous entraînons dans les trois disciplines, mais pourquoi ne mélangerions nous pas les techniques ? Pas toutes, évidemment, mais il y en a une tout particulièrement qui me paraît intéressante à développer : l’hypoxie.

Pourquoi celle-ci en particulier ? Tout simplement parce qu’elle n’est, pour l’instant, utilisée qu’en natation : très rares sont ceux qui l’utilisent dans d’autres disciplines… Alors pourquoi ne pas en faire profiter d’autres disciplines ? Pour répondre à cette question, penchons-nous un peu sur le fonctionnement de l’hypoxie.

En quoi consiste l’hypoxie ?
En natation, de manière générale, la respiration se fait tous les 3 temps (plus rarement, les nageurs de long utilisent la respiration tous les 2 temps). Pendant les trois (ou deux) mouvements de bras, le nageur expire et l’oxygène n’est plus apporté aux muscles.. Ensuite, pendant la phase d’inspiration, les poumons se remplissent d’air, donc d’oxygène, et on recommence… L’hypoxie consiste à prolonger la durée d’absence d’apport d’oxygène, ceci afin d’optimiser la capture de ce dernier par les cellules qui sont susceptibles de l’utiliser : les mitochondries.
Les mitochondries (je m’excuse d’avance auprès des grands scientifiques, je vais faire des raccourcis pour que tout le monde suive…) sont de véritables unités de production d’énergie. Elles utilisent l’oxygène afin de brûler les substrats énergétiques et ainsi nous fournir l’énergie nécessaire, entre autre, à la contraction musculaire. Or, lors d’un apport d’oxygène diminué, ces « usines à énergie » continuent à fonctionner : elles « apprennent » alors à optimiser l’oxygène présent, ce qui a pour conséquence de mieux utiliser celui-ci lorsqu’il devient à nouveau disponible en quantité.
Un exemple concret : lors d’une nage en 5 ou 7 temps (pour les meilleurs d’entre nous…), le système fonctionne en « sous-régime », ce qui nous donne une impression de faiblesse, puis lors de l’inspiration, l’oxygène abonde à nouveau pour les premiers mouvements, mais très vite réapparaît cette sensation d’étouffement, donc de sous-régime. En fait, l’oxygène est présent au niveau sanguin en grande quantité, mais le corps renouvelle ce stock en permanence, ce qui résulte de la respiration (petite et grande circulation sanguine font voyager le sang des poumons vers les muscles et le cœur pour apporter cet oxygène, puis ramène le sang vers les poumons pour recharger celui-ci en oxygène). Donc, en « privant » notre corps d’un apport régulier (en augmentant le temps entre notre inspiration et notre expiration), nous obligeons notre corps à utiliser l’oxygène présent, donc nous « musclons » nos mitochondries. Or, chacun d’entre nous l’a déjà expérimenté à l'entraînement en bassin, mais très peu d’entre nous l’a déjà expérimenté sur un home-trainer ou lors d’un retour au calme en course à pied…

Et pourtant, ce système équivaut à celui des entraînements en altitude, qui revient à produire des efforts en présence d’un faible taux d’oxygène. Attention, je n’ai pas dit de faire une séance de home-trainer de 20 minutes en apnée, cela risquerait d’être dangereux… pour ceux qui en douteraient !
A tester donc d’abord à l’entraînement, puis à utiliser efficacement lors des séances ou des échauffements, et de manière bien structurée. Aujourd’hui, la méthode la plus efficace connue consiste à faire de petites apnées (de 10 à 15 secondes… et c’est déjà énorme !) en fin de séance de home-trainer ou de course à pied, lors des phases de retour au calme (c’est à dire avec une intensité d’effort très basse : 110-120 pulsations maximum), par séries de 2 à 5 avec 1’ ou 1’30 entre chaque répétition.
Les effets se feront alors sentir entre 48 et 72 heures plus tard.

> fin de l'article

commentaires


08 Septembre 2004, par : fific cool pour améliorer mes performances en chasse sous-marine mais bon en vélo ou en cap, bof


16 Septembre 2004, par : Perrin BertrandTrés intéressant à essayer maintenant


02 Mai 2005, par : benjaminoups re moi (benjamin)
pour répondre a fifi
c'est interessant dans toutes les disciplines aerobie.
C'est l'hypoxie qui provoque la synthése de L'EPO, ce qui conduit a une amellioration du transport de l'oxigéne par le sang.... donc c'est bon aussi pour le vélo, la course a pied et tout ce qui utilise la filière aerobie.
d'un autre coté au moment de l'apnée le muscle doit trouver "d'autre source d'énergie" il se produit alors la fameuse fermentation lactique, je suppose que dans une certaine mesure on doit aussi amelliorer cette filière energetique : c'est pourquoi c'et aussi intérewssant dans la chasse sous marine!!!!!


27 Janvier 2006, par : J'ai vu une émission sur le champion du monde d'apnée vivant en belgique, il s'entraîner en marchant sur tapis en se forçant à expirer l'air.


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