EmbrunMan 2004, après Embrun 2003…
Photo par SudChrono/D.Berrus
Ensuite, l’épreuve réapparaît au calendrier…
Le début de saison est difficile : une blessure au mollet me perturbe, je ne peux participer ni au Multriman, ni à Saint-Raphaël, et la préparation pour Gérardmer est perturbée
Après les difficultés rencontrées à Gérardmer, je suis épuisé
physiquement mais surtout psychologiquement. D’autant que je
participe, 2 semaines après, au demi Ironman du Valais (Suisse),
sur la fatigue, ce qui a pour conséquences de finir d’entamer mes
réserves.
4 jours après le Valais, je suis à Codolet pour la course
permettant à mon club de se qualifier pour la Division 2. Avec un
niveau énergétique au plus bas, je n’avance plus, je suis « mort
».
A ce moment là, je suis presque certain de ne pas participer à l’EmbrunMan…
Je prend 3 jours de repos, puis reprend doucement l’entraînement…
En juillet 2004…
Arrive le stage, le 22 juillet, que j’organise pour les athlètes préparant Embrun. Je vais de toute façon être obligé de m’entraîner avec les athlètes, et me dis que si vraiment les sensations reviennent, que je me sens très costaud, j’envisagerai de participer.
Les premiers jours, je me laisse distancer dans tous les cols, je
suis pas du tout dans le rythme. Puis, au fil des jours, cela va
de mieux en mieux.
Pascal Dumonceau se montre très impressionnant, tous les jours.
Son niveau de performance et de motivation me laissent admiratif
! Pascal Brisseau est très bien aussi, et par équipe, nous avons
une carte à jouer…
Le 29 juillet, j’effectue la reconnaissance du parcours vélo en
6h30… Là, le bulletin d’inscription est dans l’enveloppe..
Les jours qui précèdent :
Plus que les autres années, les jours d’attente qui précèdent
paraissent interminables… Les sensations, comme d’habitude, sont
très mauvaises : pas de tonus, la fatigue omniprésente, une
certaine « nonchalance », et aucune sensations lors des
entraînements. Même avec l’expérience, ce genre de sensation
emmène avec lui le doute avant la course !! Je me pose beaucoup
de questions, ais-je bien fait de m’inscrire à nouveau ?
N’aurais-je pas dû écouter les contre-indications du médecin, ou
celles de ma conjointe ?
Mais il est trop tard, et j’avais décidé que si je participais à
nouveau, c’était pour prendre des risques, et finir dans le top
5.
En consultant la liste des engagés, je me rends compte qu’il y a
quelque chose à faire, si les sensations sont au rendez
vous.
Parmi les favoris, il y a Martinez, déjà double vainqueur ici,
Reboul, 2ème en 2002 qui a à charge de revanche, Bringer, 3ème en
2003, Le, polonais Czglizinski, de multiples fois dans le top 10
et 2 podiums sur l’Embrun man, le canadien Mac Fayden, déjà
vainqueur de l'Ironman du Canada (mais c’est un rouleur, le
parcours lui conviendra t’il ?), Chabaud, le récent champion de
France et déjà victorieux à Embrun. Je ne prête aucune attention
au belge Claes qui terminera pourtant 3ème…
Le jour J :
Réveil prévu à 4h15. Sur les 2 ou 3 montres programmées, aucune
ne se fait entendre le matin ! C’est Jean Louis, dans la tente
voisine, qui vent secouer la notre avec un « vous êtes réveillés
? ». Je demande l’heure, il est 4h36… Ca commence bien, nous nous
empressons de nous habiller, et à 4h48, il faut y aller. Le
gâteau énergétique est avalé sans faim, durant le (court) trajet
en voiture. Il y a toujours ces images irréalistes de convergence
vers le plan d’eau en pleine nuit, des athlètes et
accompagnateurs, qui croisent d’autres types d’athlètes qui
rentrent de boite de nuit… Dans le parc, il règne une ambiance
très détendue, aucune attente, comme cela était le cas les autres
années au marquage. L’entrée du parc à vélo se fait sans
encombres.
5h35, j’enfile la combinaison et approche de l’aire de
départ.
5h55 : les féminines et handisports s’élancent.
Ensuite, c’est le compte à rebours qui commence pour nous. Je
reste fixé sur le panneau d’affichage digital.
6h00 : c’est la bousculade pour partir en courant sur la plage de
galets. Je cours en sprint le plus loin possible en écartant avec
les bras les athlètes qui m’entourent, plonge et nage en sprint
durant environ 100m. Quelle n’est pas ma surprise de constater
qu’au bout de 200m, moi, le piètre nageur, suis en tête de
l’Embrun man, seul derrière le bateau ouvreur !!
Je pense même, un instant, au faux-départ, car je ne vois
personne me doubler !!! Enfin, les nageurs (les vrais)
reviennent. 4 d’entre eux me passent très vite (il s’agit de
Domingo, Reboul, Czglisinsi et Chabaud) Un peu plus loin se situe
Zieger.
Puis nous nous regroupons derrière (nous sommes une quinzaine)
avec entres autres Bringer, Martinez, Massaud, Dumonceau…Nous
sortons de l’eau en un peu plus de 53’, à 6’ de la tête, et 4’ de
Reboul/ Chabaud.
1ère transition :
Dès la sortie d’eau, je ne pense qu’à une chose : gagner du temps
et partir vite en vélo. J’effectue le meilleur temps à la
transition, et me situe en 7ème position.
Vélo :
Je pars, sans me poser de questions, à fond, comme sur un sprint
et comme je l’avais prévu et double rapidement Zieger,
Czglizinski et me retrouve 4ème au bout de 2 km derrière Domingo,
Reboul et Chabaud. Mais l’espagnol Martinez revient… Equipé d’un
guidon de contre la montre ( !!???), et roule très fort. Etant
donné que l’an dernier, j’ai effectué tout le vélo à seulement 1
ou 2’ de lui, je me dis que cette année, je ne vais pas le
lâcher, et quitte à exploser, tenter de suivre. Au bout d’un
kilomètre, je dois me résoudre à le laisser partir, il va trop
vite pour moi !! Je suis dans le rouge. Je vais d’ailleurs payer
cet effort, car les kilomètres suivant sont très pénibles, je
suis asphyxié.
En haut de la première difficulté, première surprise : Reboul est
arrêté au bord de la route, visage décomposé, il vient de casser
son dérailleur. Je repasse donc 4ème… Reviennent le Polonais et
Bringer. Nous restons ensemble jusqu’à Savines.
Vers le km 40, un peu à notre surprise, reviennent d’autres
athlètes : Lepers, Zieger, Dumonceau, et 2 autres que je ne
connais pas…Dans les contreforts de Saint Clément, j’accélère
l’allure ne voulant pas « faire le train » et emmener tout le
monde jusqu’au pied de l’Isoard…. Cela a pour effet de faire
exploser le groupe. Bringer, Zieger et Lepers s’accrochent et
nous resterons tous les 4 jusqu’au pied du col. Vient se joindre
à nous Richard Massaud qui nous passe comme un avion (et comme à
son habitude sur Embrun). Au pied du col, le belge Claes (que je
n’avais pas repéré du tout sur le listing des engagés) me double.
Je suis alors en 7ème place.
J’effectue la montée en accélérant progressivement, et revient
sur le belge, sur Zieger, puis sur Massaud et l’incroyable
Domingo juste avant le sommet ! Bringer est lâché et ne semble,
cette année, pas au mieux. Sont passés au sommet Chabaud et
Martinez avec une confortable avance de 10’ sur nous. Avec Zieger
et Massaud, nous roulons 30 kms, dont les 20 de descente, à
distance et en vue. Je reste derrière eux, et cherche à récupérer
et à temporiser un peu, en vue d’accélérer sur les 50 derniers
kilomètres afin de prendre de l’avance pour la course à
pied…
Après la côte de Pallon, que je monte assez « tranquille »,
j’accélère le rythme, et les jambes suivent !!! Les sensations
sont très bonnes. Je double Zieger et Massaud à 40 km de
l’arrivée, et ne relâche pas l’effort jusqu’à la fin du parcours
vélo. Mais les écarts sur la tête se sont creusés !!
J’arrive au parc à vélo à 17’( !!) de Martinez, qui a effectué un
vélo incroyable, en 6h03 !! Chabaud arrive 3’ après un vélo en
6h10. J’ai, pour ma part, roulé en 6h20… Je n’ai aucune idée des
écarts avec les poursuivants.
Course à pied :
Dès le début du marathon, les sensations sont bonnes. J’assure un
tempo un peu plus élevé que les autres années. Je reste en 3ème
position 12 kms durant.
Au 10ème km, nous effectuons un aller retour sur 4 kms qui permet
de mesurer les écarts. Les 2 premières places sont inaccessibles,
et cela va être difficile de conserver la 3ème car le belge Claes
revient à un rythme de folie !! Il me reprend 15’’ au km. Au
12ème km, il me passe et je n’ai aucune intention d’essayer de
m’accrocher, se serait du suicide ! Lors du demi tour, je vois
Zieger à 4’, et derrière, c’est assez loin. Je craignais un
éventuel retour de Urban (très bon marathonien), mais il est à
plus de 15’. Il n’y a donc plus que Zieger qui peut devenir
dangereux…
Tout le marathon se déroule sans encombre, sans baisse de régime,
ni moment vraiment difficile. Avec Zieger, l’écart, vers le 30ème
km est d’un peu moins de 3’. J’accélère donc l’allure et l’écart
remonte pour repasser les 4’ à 4 km de l’arrivée.
L’arrivée…
Je garde donc la 4ème place avec un marathon régulier en 3h13. Le
meilleur temps sera signé Claes en… 2h56 (cela faisait 11 ans
qu’un athlète n’était pas descendu sous les 3h sur Embrun !!),
devant Martinez en 3h02. Chabaud a assuré sa 2ème place après
avoir couru en 3h08.
Je termine en 10h30, à 28’ de Martinez. Chabaud franchit la ligne
en 10h10, suivi de Claes en 10h18.
Zieger qui réalise une super performance maintient sa 5ème place,
et Urban effectue un retour impressionnant, prenant la 6ème
place, après un marathon en 3h08.
Suivent l’étonnant Lepers 7ème lors de sa première participation,
puis Domingo, lui aussi novice, qui surprend tout le monde en
ayant assuré un marathon en 3h18 et réalise un incroyable
performance !!!
J’attend l’arrivée de mes camarades de club :
Pascal Dumonceau confirme son niveau de performances des semaines
qui ont précédé en terminant au pied du top 10, en 11ème position
et moins de 11h.
Notre 3ème athlète Pascal Brisseau ayant abandonné, c’est
Philippe Agier, le vétéran, qui réalise une nouvelle fois une
performance surprenante, et permet à l’équipe de se classer, à
notre grande surprise, en 3ème position !
Philippe se classe, parmi un niveau très élevé de vétérans, 5ème
et 33ème au général !!
Une satisfaction de plus pour le club…
Puis termine très courageusement Bernard Cini qui, malgré une
blessure au genou qui l’a handicapé durant tout le marathon,
vient à bout de l’EmbrunMan en 13h. Manu Chabannes termine son
3ème EmbrunMan en 15h47.
Puis, ayant relevé leur défi personnel, coup de chapeau à Denis
Hilaire, Jlouis Brun et E.Charlet. Denis réalise moins de 16h,
suivi de près de Jlouis et Eric en un peu plus de 16h…
Remerciements…
Je remercie une nouvelle fois sur cette édition tout ceux qui
m’ont soutenu, ma famille, Nicole, ma conjointe, mon frère David
fidèle au poste de « suiveur moto », les camarades de club, l’OSV
qui m’a cette année fait confiance, les sponsors, mais aussi tous
ceux que j’a pu apercevoir au bord de la route : les
accompagnateurs d’athlètes, Marie Cini, Evelyne Charlet, les
enfants d’athlètes.
Merci aussi à Tony Moulay, Gael Veysseire, Audrey Cléau, Arnaud
François, Alain Carmouze, Marc Casanova, et tous les autres…












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commentaires
24 Aout 2004, par : manubravo
24 Aout 2004, par : Copetti brunobravo pour ta perf d'embrun
a+
24 Aout 2004, par : LionelC'est tres sympa de voir qu'en tête de course, ils vivent les mêmes aventures que nous. Merci pour ce CR.
25 Aout 2004, par : Fuentesfélicitations Eric, comme quoi on ne doit jamais écouter les ondes négatives, bonnes continuations
Michaël finisher embrunman oui mais en... 15 h 58, mais c'était le premier. a+