Publié le: 24 Aout 2004
Par: Eric Monnet

EmbrunMan 2004, après Embrun 2003…

Photo par SudChrono/D.Berrus

Après une 26ème place décevante lors de l'Ironman de Gérardmer, le Valentinois Eric Monnet avait décidé de ne pas participer à Embrun. L'annonce de l'annulation de la compétition l'arrangeait… oui mais
Après l’enchaînement en 2003 des 3 Ironman de Gérardmer, Embrun et Hawaii, je voulais, en 2004 alléger le programme, notamment en ne participant pas à Embrun. Début 2004, lors de l’annonce de l’annulation de l’épreuve, je pense que c’est un signe pour moi, et que je n’aurai pas la question à me poser !!!
Ensuite, l’épreuve réapparaît au calendrier…

Le début de saison est difficile : une blessure au mollet me perturbe, je ne peux participer ni au Multriman, ni à Saint-Raphaël, et la préparation pour Gérardmer est perturbée

Après les difficultés rencontrées à Gérardmer, je suis épuisé physiquement mais surtout psychologiquement. D’autant que je participe, 2 semaines après, au demi Ironman du Valais (Suisse), sur la fatigue, ce qui a pour conséquences de finir d’entamer mes réserves.
4 jours après le Valais, je suis à Codolet pour la course permettant à mon club de se qualifier pour la Division 2. Avec un niveau énergétique au plus bas, je n’avance plus, je suis « mort ».

A ce moment là, je suis presque certain de ne pas participer à l’EmbrunMan…

Je prend 3 jours de repos, puis reprend doucement l’entraînement…

En juillet 2004…

Arrive le stage, le 22 juillet, que j’organise pour les athlètes préparant Embrun. Je vais de toute façon être obligé de m’entraîner avec les athlètes, et me dis que si vraiment les sensations reviennent, que je me sens très costaud, j’envisagerai de participer.

Les premiers jours, je me laisse distancer dans tous les cols, je suis pas du tout dans le rythme. Puis, au fil des jours, cela va de mieux en mieux.
Pascal Dumonceau se montre très impressionnant, tous les jours. Son niveau de performance et de motivation me laissent admiratif ! Pascal Brisseau est très bien aussi, et par équipe, nous avons une carte à jouer…
Le 29 juillet, j’effectue la reconnaissance du parcours vélo en 6h30… Là, le bulletin d’inscription est dans l’enveloppe..

Les jours qui précèdent :

Plus que les autres années, les jours d’attente qui précèdent paraissent interminables… Les sensations, comme d’habitude, sont très mauvaises : pas de tonus, la fatigue omniprésente, une certaine « nonchalance », et aucune sensations lors des entraînements. Même avec l’expérience, ce genre de sensation emmène avec lui le doute avant la course !! Je me pose beaucoup de questions, ais-je bien fait de m’inscrire à nouveau ? N’aurais-je pas dû écouter les contre-indications du médecin, ou celles de ma conjointe ?
Mais il est trop tard, et j’avais décidé que si je participais à nouveau, c’était pour prendre des risques, et finir dans le top 5.
En consultant la liste des engagés, je me rends compte qu’il y a quelque chose à faire, si les sensations sont au rendez vous.
Parmi les favoris, il y a Martinez, déjà double vainqueur ici, Reboul, 2ème en 2002 qui a à charge de revanche, Bringer, 3ème en 2003, Le, polonais Czglizinski, de multiples fois dans le top 10 et 2 podiums sur l’Embrun man, le canadien Mac Fayden, déjà vainqueur de l'Ironman du Canada (mais c’est un rouleur, le parcours lui conviendra t’il ?), Chabaud, le récent champion de France et déjà victorieux à Embrun. Je ne prête aucune attention au belge Claes qui terminera pourtant 3ème…

Le jour J :

Réveil prévu à 4h15. Sur les 2 ou 3 montres programmées, aucune ne se fait entendre le matin ! C’est Jean Louis, dans la tente voisine, qui vent secouer la notre avec un « vous êtes réveillés ? ». Je demande l’heure, il est 4h36… Ca commence bien, nous nous empressons de nous habiller, et à 4h48, il faut y aller. Le gâteau énergétique est avalé sans faim, durant le (court) trajet en voiture. Il y a toujours ces images irréalistes de convergence vers le plan d’eau en pleine nuit, des athlètes et accompagnateurs, qui croisent d’autres types d’athlètes qui rentrent de boite de nuit… Dans le parc, il règne une ambiance très détendue, aucune attente, comme cela était le cas les autres années au marquage. L’entrée du parc à vélo se fait sans encombres.
5h35, j’enfile la combinaison et approche de l’aire de départ.
5h55 : les féminines et handisports s’élancent.
Ensuite, c’est le compte à rebours qui commence pour nous. Je reste fixé sur le panneau d’affichage digital.
6h00 : c’est la bousculade pour partir en courant sur la plage de galets. Je cours en sprint le plus loin possible en écartant avec les bras les athlètes qui m’entourent, plonge et nage en sprint durant environ 100m. Quelle n’est pas ma surprise de constater qu’au bout de 200m, moi, le piètre nageur, suis en tête de l’Embrun man, seul derrière le bateau ouvreur !!
Je pense même, un instant, au faux-départ, car je ne vois personne me doubler !!! Enfin, les nageurs (les vrais) reviennent. 4 d’entre eux me passent très vite (il s’agit de Domingo, Reboul, Czglisinsi et Chabaud) Un peu plus loin se situe Zieger.
Puis nous nous regroupons derrière (nous sommes une quinzaine) avec entres autres Bringer, Martinez, Massaud, Dumonceau…Nous sortons de l’eau en un peu plus de 53’, à 6’ de la tête, et 4’ de Reboul/ Chabaud.

1ère transition :
Dès la sortie d’eau, je ne pense qu’à une chose : gagner du temps et partir vite en vélo. J’effectue le meilleur temps à la transition, et me situe en 7ème position.
Vélo :
Je pars, sans me poser de questions, à fond, comme sur un sprint et comme je l’avais prévu et double rapidement Zieger, Czglizinski et me retrouve 4ème au bout de 2 km derrière Domingo, Reboul et Chabaud. Mais l’espagnol Martinez revient… Equipé d’un guidon de contre la montre ( !!???), et roule très fort. Etant donné que l’an dernier, j’ai effectué tout le vélo à seulement 1 ou 2’ de lui, je me dis que cette année, je ne vais pas le lâcher, et quitte à exploser, tenter de suivre. Au bout d’un kilomètre, je dois me résoudre à le laisser partir, il va trop vite pour moi !! Je suis dans le rouge. Je vais d’ailleurs payer cet effort, car les kilomètres suivant sont très pénibles, je suis asphyxié.
En haut de la première difficulté, première surprise : Reboul est arrêté au bord de la route, visage décomposé, il vient de casser son dérailleur. Je repasse donc 4ème… Reviennent le Polonais et Bringer. Nous restons ensemble jusqu’à Savines.
Vers le km 40, un peu à notre surprise, reviennent d’autres athlètes : Lepers, Zieger, Dumonceau, et 2 autres que je ne connais pas…Dans les contreforts de Saint Clément, j’accélère l’allure ne voulant pas « faire le train » et emmener tout le monde jusqu’au pied de l’Isoard…. Cela a pour effet de faire exploser le groupe. Bringer, Zieger et Lepers s’accrochent et nous resterons tous les 4 jusqu’au pied du col. Vient se joindre à nous Richard Massaud qui nous passe comme un avion (et comme à son habitude sur Embrun). Au pied du col, le belge Claes (que je n’avais pas repéré du tout sur le listing des engagés) me double. Je suis alors en 7ème place.
J’effectue la montée en accélérant progressivement, et revient sur le belge, sur Zieger, puis sur Massaud et l’incroyable Domingo juste avant le sommet ! Bringer est lâché et ne semble, cette année, pas au mieux. Sont passés au sommet Chabaud et Martinez avec une confortable avance de 10’ sur nous. Avec Zieger et Massaud, nous roulons 30 kms, dont les 20 de descente, à distance et en vue. Je reste derrière eux, et cherche à récupérer et à temporiser un peu, en vue d’accélérer sur les 50 derniers kilomètres afin de prendre de l’avance pour la course à pied…
Après la côte de Pallon, que je monte assez « tranquille », j’accélère le rythme, et les jambes suivent !!! Les sensations sont très bonnes. Je double Zieger et Massaud à 40 km de l’arrivée, et ne relâche pas l’effort jusqu’à la fin du parcours vélo. Mais les écarts sur la tête se sont creusés !!
J’arrive au parc à vélo à 17’( !!) de Martinez, qui a effectué un vélo incroyable, en 6h03 !! Chabaud arrive 3’ après un vélo en 6h10. J’ai, pour ma part, roulé en 6h20… Je n’ai aucune idée des écarts avec les poursuivants.
Course à pied :
Dès le début du marathon, les sensations sont bonnes. J’assure un tempo un peu plus élevé que les autres années. Je reste en 3ème position 12 kms durant.
Au 10ème km, nous effectuons un aller retour sur 4 kms qui permet de mesurer les écarts. Les 2 premières places sont inaccessibles, et cela va être difficile de conserver la 3ème car le belge Claes revient à un rythme de folie !! Il me reprend 15’’ au km. Au 12ème km, il me passe et je n’ai aucune intention d’essayer de m’accrocher, se serait du suicide ! Lors du demi tour, je vois Zieger à 4’, et derrière, c’est assez loin. Je craignais un éventuel retour de Urban (très bon marathonien), mais il est à plus de 15’. Il n’y a donc plus que Zieger qui peut devenir dangereux…
Tout le marathon se déroule sans encombre, sans baisse de régime, ni moment vraiment difficile. Avec Zieger, l’écart, vers le 30ème km est d’un peu moins de 3’. J’accélère donc l’allure et l’écart remonte pour repasser les 4’ à 4 km de l’arrivée.
L’arrivée…
Je garde donc la 4ème place avec un marathon régulier en 3h13. Le meilleur temps sera signé Claes en… 2h56 (cela faisait 11 ans qu’un athlète n’était pas descendu sous les 3h sur Embrun !!), devant Martinez en 3h02. Chabaud a assuré sa 2ème place après avoir couru en 3h08.
Je termine en 10h30, à 28’ de Martinez. Chabaud franchit la ligne en 10h10, suivi de Claes en 10h18.
Zieger qui réalise une super performance maintient sa 5ème place, et Urban effectue un retour impressionnant, prenant la 6ème place, après un marathon en 3h08.
Suivent l’étonnant Lepers 7ème lors de sa première participation, puis Domingo, lui aussi novice, qui surprend tout le monde en ayant assuré un marathon en 3h18 et réalise un incroyable performance !!!
J’attend l’arrivée de mes camarades de club :
Pascal Dumonceau confirme son niveau de performances des semaines qui ont précédé en terminant au pied du top 10, en 11ème position et moins de 11h.
Notre 3ème athlète Pascal Brisseau ayant abandonné, c’est Philippe Agier, le vétéran, qui réalise une nouvelle fois une performance surprenante, et permet à l’équipe de se classer, à notre grande surprise, en 3ème position !
Philippe se classe, parmi un niveau très élevé de vétérans, 5ème et 33ème au général !!
Une satisfaction de plus pour le club…

Puis termine très courageusement Bernard Cini qui, malgré une blessure au genou qui l’a handicapé durant tout le marathon, vient à bout de l’EmbrunMan en 13h. Manu Chabannes termine son 3ème EmbrunMan en 15h47.
Puis, ayant relevé leur défi personnel, coup de chapeau à Denis Hilaire, Jlouis Brun et E.Charlet. Denis réalise moins de 16h, suivi de près de Jlouis et Eric en un peu plus de 16h…

Remerciements…
Je remercie une nouvelle fois sur cette édition tout ceux qui m’ont soutenu, ma famille, Nicole, ma conjointe, mon frère David fidèle au poste de « suiveur moto », les camarades de club, l’OSV qui m’a cette année fait confiance, les sponsors, mais aussi tous ceux que j’a pu apercevoir au bord de la route : les accompagnateurs d’athlètes, Marie Cini, Evelyne Charlet, les enfants d’athlètes.
Merci aussi à Tony Moulay, Gael Veysseire, Audrey Cléau, Arnaud François, Alain Carmouze, Marc Casanova, et tous les autres…

> fin de l'article

commentaires


24 Aout 2004, par : manubravo


24 Aout 2004, par : Copetti brunobravo pour ta perf d'embrun
a+


24 Aout 2004, par : LionelC'est tres sympa de voir qu'en tête de course, ils vivent les mêmes aventures que nous. Merci pour ce CR.


25 Aout 2004, par : Fuentesfélicitations Eric, comme quoi on ne doit jamais écouter les ondes négatives, bonnes continuations
Michaël finisher embrunman oui mais en... 15 h 58, mais c'était le premier. a+


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