Cécile Clastrier : première non pro à Lanzarote
Photo par Cécile Clastrier
A 30 ans Cécile réalise un de ses rêves : partir à Hawaii. Pour
cela elle a choisi Lanzarote, et s'est qualifiée d'une superbe
manière, en terminant 11ème femme derrière 10 élites !
Age : 30 ans
Profession : Enseignante
Expérience en longue distance : Nice en 2002 et 2003 en 8 h 17, Ibiza en 2003, Ironman de Zurich en 2003, 3ème en groupe d'âge en 10 h 53, Lanzarote le 22 mai 2004 1ère tous groupes d'âge et 11ème au scratch, qualifiée pour Hawaii 2004.
Lanzarote : on a décidé de le faire à l'automne dernier, parce que le dépaysement est total et que c'est la course la plus dure du circuit, un vrai challenge.
Après un premier Ironman à Zurich la saison dernière, inoubliable, je voulais du soleil et du vent. Alain l'avait déjà fait en 1999 et souhaitait y retourner. On est donc deux à le préparer au Club, les copains intéressés au début se sont tournés vers d'autres objectifs.
Lanzarote, c'est bien sûr l'aboutissement de longs mois d'entraînement : plus de six mille kms à vélo, des centaines d'heures à pied et d'innombrables longueurs de piscine.
Aujourd'hui, le rêve va enfin se réaliser et l'on se sent fin prêts.
MERCREDI : J–3
Alain et moi-même posons le pied sur l'île dans l'après-midi, un peu fourbus par le voyage et là, à l'aéroport, gros stress : nos vélos, eux, sont restés à Nice !! On nous dit qu'ils arriveront le lendemain sur le même vol - et, heureusement, c'est ce qu'il est advenu - mais les premières 24 heures s'annoncent tendues. On se voit déjà, avec angoisse, privés de la Course.
Nous logeons à Puerto dei Carmen - où auront lieu le départ et l'arrivée - petite ville pittoresque et touristique, avec ses maisons blanches et ses terrasses aux plantes exotiques, beaucoup de restos de poissons. Notre hôtel propose des studios indépendants avec terrasse au soleil, vue sur la mer, et piscine : impeccable.
JEUDI : J-2
Le matin, je me mets à l'eau pour la 1ère fois de la saison (il était temps !). Le parcours natation est parfaitement balisé par une ligne d'eau continue. Nous ne sommes pas seuls : d'autres « pingouins» s'agitent et reconnaissent le « terrain ».
Le soir, au club La Santa, c'est la pasta-party : le buffet est copieux et je fais des réserves pour la course.
VENDREDI : J-1
Petit footing à jeun pour vérifier que je sais encore courir, puis essai des vélos, et enfin, direction le parc où nous laissons nos affaires. Voilà, les dés sont jetés et la pression monte.
SAMEDI : THE BIG DAY
La nuit a été sereine. Après le rituel du gatosport, nous voici en route dans le jour qui se lève". Ultimes préparatifs sur le vélo. C'est calme, ce matin, ça manque un peu d'ambiance et de musique. Nous, les féminines, sommes parquées tout devant avec les élites hommes. Derrière nous, il y a 650 mecs prêts à en découdre...
Au départ, donc, grosse frayeur pour moi ! Pendant 20 bonnes minutes, c'est« opération survie». Je cherche de l'espace dans l'eau pour respirer. Après cela se décante un peu mais j'ai hâte d'en finir. On fait deux boucles de 2kms et au milieu, on sort de l'eau. L'eau est claire, il y a plein de poissons (notamment des soles, en 1h15, j'ai le temps de les contempler !).
A la sortie de l'eau, je suis en légère hypothermie, et je pars à vélo avec les manchons ! Pendant 5 heures, ça me tiendra vachement chaud aux poignets ! Sur le vélo, enfin, je me régale. On s'en prend plein les yeux tellement le paysage est beau. On traverse le parc national de Timanfaya avec ses volcans, ses champs de lave, ses collines sans végétation et même des caravanes de chameaux. On passe dans des villages où les gens nous encouragent. Surtout, ne jamais rater un ravito car il fait chaud et il faut se méfier de la déshydratation. Je mange aussi régulièrement tous mes morceaux de Powerbar, collés partout sur le cadre. Les 50 kms à la fin sont durs car il fait chaud. On a eu du vent mais pas trop finalement.
Dernier acte : le marathon. Quatre boucles en aller retour le long des plages de Puerto del Carmen. Je me dis que dans 4 heures j'aurai fini et je serai contente. En course à pied je me sens drôlement bien et je m'aperçois que je passe la boucle en 50 minutes. Je revois mes prévisions avec beaucoup plus d'optimisme.
Surtout, je ne suis pas blessée au genou comme à Zurich, juste des douleurs musculaires qui sont « normales ». Alors, je déroule. Je double Alain au 2ème tour, lui se sent mal, en revanche. Je croise aussi René que j'encourage.
Bon, finalement, je passe la ligne à 11h02. J'aurais bien voulu la passer sous les 11 heures.
Je me dis qu'avec ce temps, je peux être bien placée mais c'est difficile de savoir. Dans la soirée, je vois d'abord le début des résultats affichés, qui concernent uniquement la natation. La première de mon groupe d'âge sort en moins de 55 minutes, alors je me dis qu'il vaut mieux ne pas trop se faire d'illusions.
Enfin, on va voir les résultats définitifs à la tente « renseignements ». Et alors là… j'ai relu la liste 3 fois pour être bien sûre de ce que je voyais.
Cela a été la grosse, grosse, grosse émotion !!
Nuit blanche… fatigue, excitation.
Dimanche, lever aux aurores, direction.. le distributeur automatique pour alléger le compte en banque de 390 euros.
Alain est 2ème, devant il y a l'extra-terrestre Tabarant qui prend la qualif "hélas". Son fils aussi s'est qualifié.
Le soir, on fait tout de même un podium tous les deux, c'est le pied ! On a explosé le forfait en appelant les copains du club et le retour est triomphal.
Le premier gros objectif de la saison est atteint et même un peu plus puisqu'il chamboule les plans pour la suite : car j'avais l'intention de m'attaquer à la « montagne Embrun» et ensuite de faire Nice.
L'épisode 2 va se jouer dans 8 semaines: à Zurich. Alain va retenter la qualif, pour partir avec moi à Hawaii.
D'ici juillet, donc, gérer la récup et se remotiver pour une longue journée, le 25 juillet.
Et l'épisode 3 sera, bien sûr, en terre hawaïenne...
Alors, à bientôt pour une nouvelle aventure ?
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commentaires
29 Septembre 2004, par : Bernard HofmannFélicitations pour cette prestation. En 2003, j'ai eu l'occasion de "prendre ta roue" durant les 180 km à vélo. Je n'avais alors pas pû te suivre sur le parcours à pied. Cette année, j'ai eu une participation à Zürich plus difficile mais j'ai été stupéfait de ta progression lors des 12 derniers mois! Félicitations Bernard