Mon expérience du ROTOR par Cyrille Mazure
Photo par Rotor Bike
Cyrille fait partie de l'équipe pro de Beauvais. En fin d'année dernière, nous lui avons proposé, en partenariat avec la société Rotor Systems, d'essayer le nouveau pédalier haut de gamme de la marque espagnole
D'abord les réactions de Cyrille :
"J’ai repris l’entraînement vélo au 01 janvier 2004 avec comme
nouveau pédalier : le ROTOR system. Son principe est d'optimiser
le pédalage grâce à un décalage d’alignement des manivelles qui
n’est pas le même tout au long de la rotation. Son montage n’est
pas très difficile mais il faut quand même si pencher
sérieusement car la notice n’est, à mon avis, pas très explicite
(NDLR : Précision du constructeur : le montage n'est pas si
difficile, la notice est explicite mais ce montage demande d'être
soigneux et concentré).
Comme vous vous en doutez, la première impression est celle d’un
pédalage ovale. Ce qui est d’ailleurs la sensation que procurait
le pédalier Harmonic développé dans les années 90 par Cyril
Guimard. Cette sensation persiste au début des 2 ou 3 premières
sorties vélo mais s’estompe rapidement et surtout aux faibles
cadences, celles qui demande une coordination musculaire moins
pointue (en terme de timing).
Le deuxième effet kiss-pas cool de ce système est d’entraîner un
mal de jambes persistant. J’ai très rapidement eu l’impression de
forcer sur les 360° du cycle de rotation, c’est-à -dire que
j’avais mal aux jambes tout le temps !!!! Cela laisse donc penser
que le système remplit entièrement son rôle. Je dois dire que
j’ai eu besoin d’environ 1500 à 2000kms pour que mon corps et
surtout mes jambes s’adaptent et s’habituent au nouveau pattern
de contraction musculaire qu’impose le ROTOR. Cela peut être
décourageant mais pour la plupart des personnes ce délai est plus
court (environ 1000kms). A ce moment là , on retrouve des
sensations normales mais avec une fluidité de pédalage très
agréable.
Côté performances en course, j’ai dû par obligation (contrat
sponsors), rééquiper mon vélo d’un système classique pour mes
premières compétitions. Après 3 semaines, j’ai participé à mon
premier objectif important, Ã savoir la coupe du monde Ã
Ishigaki. Sur un parcours légèrement vallonné, j’ai réalisé le
meilleur temps vélo. Le raccourci consistant à attribuer tout le
bénéfice de cette performance au ROTOR me paraît un peu
présomptueux et rapide mais il n’y est certainement pas
étranger.
Cette expérience reste la mienne, je vous invite à vous faire
votre propre opinion en le testant vous-même.
Sachez pour finir que certain professionnels l’utilisent lors des
contre-la-montre, et pour beaucoup d'entre nous, le cyclisme en
triathlon reste encore un effort solitaire".
... et une petite interview du champion :
Xtriathlon : Tu es connu pour tes aptitudes à vélo dans ton club de Beauvais. Lorsque Xtriathlon t'a proposé l'essai du nouveau pédalier ROTOR, qu'en as-tu pensé ?
Cyrille Mazure : J'ai d'abord voulu en connaître un peu plus sur le système, son principe, ses atouts et son fonctionnement. D'abord pour être certain qu'il n'engendre pas de blessure et ensuite pour savoir si le projet était intéressant. J'avais déjà tester le système harmonic que j'ai finalement abandonné. Mais là , cela me paraissaient intéressant d'essayer.
Xtriathlon : Différent d'un pédalier classique,
penses-tu qu'il puisse être adapté à chacun d'entre nous ?
Cyrille Mazure : C'est difficile de répondre car
je ne peux me fier qu'à mon expérience
elle-même liée à mes caractéristiques de pédalage, mon passé, mon
niveau au moment de l'essai...En reflechissant un peu au principe
du ROTOR, je pense qu'éventuellement les cyclistes qui "écrasent"
les pédales auraient peut-être plus de difficultés car leur
pédalage est initialement moins fluide. Mais ce n'est qu'un "a
priori".
Xtriathlon : D'un look ravageur, il peut sans
doute séduire les esthètes que sont certains triathlètes. Mais y
trouveront-ils leur compte dans le rendement look/optimisation
des performances ?
Cyrille Mazure : C'est vrai que son look est
atypique et très en phase avec son appellation. L'argument du
look est toujours un peu subjectif. Un look ravageur ne séduit
forcement pas tout le monde, comme on dit "les goût et les
couleurs....". Dans tous les cas, si l'optimisation du pédalage
par le ROTOR se voyait confirmée, je ne comprendrais pas que son
look puisse en freiner son utilisation : personnellement je ne
choisis pas mes
running pour leur look mais pour leur intérêt et leur efficacité
!!!!
Xtriathlon : Un nombre croissant d'athlètes (cyclistes, triathlètes) utilise ce système. Penses-tu qu'il soit l'avenir des pédaliers ?
Cyrille Mazure : C'est un peu tôt pour le dire. Je pense qu'il faudra d'abord que son efficacité soit établie scientifiquement et unanimement avant qu'il convainque les triathlètes et surtout les cyclistes qu'on sait souvent ancrés dans des habitudes culturellement établies (et pas toujours justifiées).
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Une dernière précision : des études scientifiques existent et montrent l'avantage du ROTOR. Pour plus d'infos, veuillez consulter le site du constructeur : http://www.rotorbike.com/


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