Publié le: 29 Mars 2004
Par: Michael Lecuivre
Lien: mailto:lecuivre.michael@voila.fr

L’alimentation pendant un Ironman

Photo par ITU

Après les explications précises de l'article précédent concernant les règles alimentaires, voyons maintenant comment et quand les appliquer dans nos entraînements ou nos compétitions
Vaste sujet que celui abordé cette semaine : autant vous dire que les réactions vont être nombreuses, et ce sera normal. Je ne prétends pas, encore une fois, détendre la sacro-sainte vérité, mais j’aimerais simplement vous mettre sur les voies qui vous conduiront à la réussite.

Le secret d’une bonne alimentation réside dans plusieurs facteurs :
1. Sa régularité, car il ne sert à rien de "faire attention" une semaine avant l’épreuve, mais il s’agit bien de se tester sur toute la saison;
2. Son homogénéité , car vu les dépenses énergétiques engendrées par l'entraînement sur longue distance, il ne faut négliger aucun apport, que ce soit en fibres, en minéraux, en vitamines etc…
3. Sa simplicité , car il suffit de faire simple pour faire efficace.
4. Sa logique, car notre corps ne réagit que par logique, donc suivons son sens et apportons-lui ce dont il a besoin, il nous le rendra au centuple…

Ceci étant dit, rentrons un peu plus dans le vif du sujet.

Avant les entraînements :
Hé oui, c’est bien là que tout commence. Tout comme lors de vos compétitions, le repas de la veille d’une grosse séance est capital pour pouvoir tirer pleinement partie de cette séance. Faites donc le plein lors de ce repas, d’hydrates de carbone (dits "sucres lents") en mangeant prioritairement des pâtes, du riz, de la semoule et/ou des pommes de terre. N’abusez pas trop non plus, la digestion risquerait de diminuer la qualité de votre sommeil. De même, ne négligez pas l’hydratation, car pour stocker le glycogène, le corps a besoin d’eau, donc si vous mangez mais que vous ne buvez pas, l’efficacité en sera diminuée.
Pour les plus pointus, vous pouvez également utiliser les boissons à base de maltodextrine tout au long de la journée, par petites quantités : cela vous permettra de stocker encore plus de sucres lents.

Pendant les entraînements :
Profitez de vos séances dures pour tester l’alimentation que vous utiliserez en course, cela vous permettra de connaître les doses que vous aurez besoin d’utiliser et de voir comment vous réagissez selon les efforts. Par exemple, utilisez les barres et boissons à divers intervalles de temps et à divers niveaux de concentration, et recentrez-vous sur la façon dont votre corps réagit. Vous saurez ainsi mieux préparer vos ravitaillements. Petits conseils : lors de vos séances très longues, n’hésitez pas à inclure un ravito salé pour deux raisons. Primo, vous vous couperez du goût du sucré, ceci afin d’éviter le phénomène du "trop sucré". Deusio, cela vous permettra d’assimiler du sel (sodium), ce qui diminuera le risque de crampes et facilitera l’absorption de votre alimentation liquide.

Dosage :
Parlons maintenant de la délicate question du dosage de l'alimentation en course. Ce n'est un secret pour personne, chacun réagit différemment grâce à son organisme, mais tout le monde obéit aux mêmes règles :

Pour l’hydratation : buvez de préférence par petites quantités (une grande bouchée par exemple) à intervalle le plus régulier possible ( de 6 à 8 minutes environ). Alternez boissons "sucrées" et le mélange "eau + alimentation", lorsque vous prenez vos barres et gels.
Pour l’alimentation : c’est à ce sujet que les réactions personnelles seront les plus importantes. Selon les athlètes, les besoins peuvent aller du simple au double ! Je vous conseille :

  • Un gel rapide pour le départ natation
  • Dès la sortie de l’eau, début de l’hydratation sucrée, + de 1 à 2 barres par heure de selle, selon vos besoins (et selon la taille des barres bien sûr !). Si je vous ai convaincu (c’est ce que je souhaite) n’hésitez pas à inclure dans vos boissons les fameux apports de maltodextrine, cela vous évitera bien des soucis !!!
  • N’oubliez pas un ravitaillement salé si vous l’avez testé à l’entraînement. Sinon, n’hésitez pas à prendre des pastilles de sodium (toujours en les testant au préalable !). Une recette d’un ami rémois : les pommes de terre en robe des champs, c’est à dire cuites dans de l’alu, avec du gruyère au cœur… A voir comme il cours, cela fonctionne très bien (n’est ce pas, Titof !).
  • Pour le marathon : encore une fois, ne sortez pas des habitudes prises à l’entraînement, mais un petit conseil, essayez de privilégier l’apport d’énergie sous forme de liquide ou de gels, dans le souci de faciliter l’assimilation. En effet, le volume sanguin mobilisé pour digérer peut doubler en cas de difficultés digestives. Or vous avez besoin de ce volume sanguin pour transporter l’oxygène jusqu’à vos muscles qui commence à être endoloris. D’où l’importance de bien connaître les réactions de votre corps à l’alimentation en course, et donc de tester tout ceci en conditions réelles, soit lors d’un entraînement dur, soit lors d’un LD de préparation.

Mais je vous fais confiance, les premières courses pointant le bout de leur nez, vous allez avoir le loisir de tester tout ceci à maintes reprises !!! Faites attention tout de même, l’alimentation sur le court et sur le long ne sont pas les mêmes !

Bon appétit !

> fin de l'article
 

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