Publié le: 13 Janvier 2004
Par: Jean-Cyrille Lecoq
Lien: http://www.dopage.com

La psychologie du sport : un remède contre le dopage

Photo par XTriathlon

Comment combattre le fléau qu'est le dopage? La psychologie du sport semble être une discipline pertinente pour traiter les questions du dopage
On le sait chaque jour un peu plus : les affaires de dopage sont nombreuses. Elles alimentent un esprit de suspicion sur la crédibilité des performances sportives dans leur ensemble.
Pire encore ! Elles ne font que renforcer l'idée selon laquelle l'athlète est un homme machine, sorte de cyborg auquel il suffit d'administrer des substances chimiques pour améliorer ses performances.
Cette pratique, organisée à l'échelle internationale par des "Dr Frankenstein" en herbe, ne connaissant pas tous les effets des substances utilisées, a pour seul but de rassurer les entraîneurs, les sponsors, les familles et les athlètes eux-mêmes lors d'enjeux importants.

Un tel contexte nous montre que ces stimulants se substituent à la nécessité d'instaurer un cadre où peut s'exprimer librement le psychisme de l'athlète. Bâillonné de la sorte, le sportif tait le manque de communication tant verbale que non verbale auquel il est confronté. Le dopage devient par-là même un moyen efficace, l'équivalent d'un anesthésique de contact, pour masquer, gommer ce manque et répondre avant tout aux enjeux des compétitions. Par contre, en considérant l'athlète comme un être humain qui, pour se réaliser, prend la pratique sportive comme mode d'expression, d'accomplissement d'un désir, le psychologue du sport le suit dans son projet de vie au cœur d'une réalité sociale dont les contradictions sont nombreuses. Nous désignons cet accompagnement par le terme d'"être-athlète" dont l'aboutissement est l'autonomie du sportif.
Au même titre que d'autres plans comme le médical, la diététique et le physique, l'aspect psychologique sert de fondement pour l'écoute de l'athlète. Dès lors la blessure, la contre-performance sont interprétées comme un message qui, ne trouvant pas d'espace pour s'exprimer, le fait de cette façon. Dans ce domaine, notre psychologue dispose d'outils (tests, entretiens, questionnaires, etc.) et de techniques (la relaxation, l'imagerie mentale, l'hypnose, la bioénergie, etc.) afin de devenir un médiateur, un décrypteur du langage du psychisme de l'athlète.

Il doit être présent sur le terrain au moment des entraînements et des compétitions, afin de mieux cerner avec le sportif ses faiblesses et ses forces. Ce suivi prend de la valeur grâce à une programmation individuelle. C'est à dire dans le choix pertinent de la technique à utiliser pour un athlète donné. Cette adaptabilité évite de tomber dans le travers de l'application d'une même technique pour tous.

Ainsi, par la mobilisation des ressources dont tout athlète dispose et dont il n'a pas toujours conscience, nous remarquons qu'une amélioration sur le terrain s'accompagne d'une amélioration dans son quotidien et réciproquement.

Finalement, le passage de l'athlète à l'être-athlète permet de contrer le dopage en dominant la malhonnêteté, la tricherie, parce que " la joie est un sentiment qui naît lorsque l'on est vrai avec soi-même " (A. Lowen, La joie retrouvée, 1995).

> fin de l'article
 

commentaires


Pas de commentaires pour le moment

Ajouter un commentaire :

Vous devez posséder un compte et être authentifié pour déposer un commentaire.