Publié le: 07 Aout 2002
Par: Roland Beaubois

Le développement de votre VO2MAX

Photo par XTriathlon

Nous savons combien il est important de développer sa VO2max (consommation maximale d'oxygène) et par là sa vitesse maximale aérobie (VMA) à des fins de performance
Cependant, si une VO2max élevée peut être une donnée nécessaire pour accéder à des résultats de haut niveau, en aucun cas elle ne peut être suffisante. Le réel indicateur de performance est en fait le pourcentage de la VO2max que l’athlète est capable de maintenir pendant une durée donnée.

Ainsi, un coureur de marathon qui n’avait "que" 69,7mL/min/kg de VO2max, arrivait néanmoins à en utiliser 86% sur la durée de l’épreuve pour réaliser 2h08’, et figurer en 1967 parmi les tous meilleurs. (la VO2max des marathoniens de ce niveau se situe généralement autour des 80mL/min/kg !). Voilà donc qu’il est possible d’aller vite longtemps, sans avoir une "cylindrée" hors norme.

La notion de seuil

L’un des tous premiers scientifiques à s’être penché sur le sujet au début des années 80 est le professeur italien Conconi. Pour lui le réel facteur limitant de la performance dans la pratique des sports d’endurance n’est pas la consommation d’oxygène mais bien l’accumulation d’acide lactique qui petit à petit empêche de poursuivre un effort soutenu.

Les tests en laboratoire révèlent effectivement que la production d’acide lactique reste stable jusqu'à une certaine intensité, intensité "critique" au delà de laquelle les lactates ne sont plus recyclés et s’accumulent dans l’organisme. Les progrès scientifiques dans ce domaine ont progressivement permis d’introduire les notions de seuil anaérobie, de seuil ventilatoire, de seuil cardiaque et plus récemment de seuil acido-basique.

Vive les tests de terrain !
Si cette notion de seuil fait l’unanimité il n’en est pas de même en ce qui concerne les moyens mis en œuvre pour le déterminer. L’étude du taux d’acide lactique dans le sang avait permis de déterminer une valeur critique plus connue sous le nom de seuil à 4 mmol/L. Cependant, en plus d’être très approximative pour certains athlètes, cette méthode est également très délicate à mettre en œuvre en dehors des laboratoires, rendant très compliqué le suivit des athlètes sur le terrain. L’étude de l’évolution des gaz respiratoires et plus particulièrement du quotient volume de CO2 rejeté/ volume d’O2 consommé (R=VCO2/VO2) permet également de déterminé un seuil critique. Mais là encore, l’utilisation de cet indicateur sur le terrain est délicate parce que très coûteuse. (FC) a elle aussi été mise à contribution ; paramètre très facilement appréhendable, il eût été fort pratique de pouvoir l’utiliser comme repère du seuil anaérobie. Malheureusement la FC évolue avec bien trop de facteurs pour être fiable.

Si vous n’avez pas la chance de pouvoir faire de tests en laboratoire et ainsi avoir accès à votre vitesse au seuil anaérobie, il vous reste les tests de terrain. Parmi les plus connus ont en distingue trois qui nous donnent la possibilité d’appréhender un indice de performance concernant notre aptitude à courir vite longtemps.

Le premier consiste à courir, pédaler ou nager le plus longtemps possible à 100% de votre VMA.
Le deuxième consiste à courir le plus vite possible pendant un temps assez long (de 12’-test de Cooper- à 30’ voire parfois plus !). Ensuite reste à calculer le pourcentage de VMA maintenu... (18,2/20)x100=91% pour un athlète courant 10km en 33’ (18,2km/h) avec 20km/h de VMA.
Enfin, le test qui consiste à fixer un pourcentage de VMA qu’il conviendra de maintenir le plus longtemps possible. Pourcentage proche de 95% pour les courtes distances, proche de 85% pour les distances plus longues. Cette approche nécessite une définition claire des objectifs de la saison ; il est évidemment déraisonnable de vouloir être performant sur un Ironman et une épreuve courte distance le même mois.

Quelles séances ?
Le travail du temps de soutien vise à reculer dans le temps l’apparition d’un taux "critique" d’acide lactique dans le sang, synonyme de frein voire d’interruption de l’effort soutenu. C’est chronologiquement après avoir développé la capacité aérobie (VO2max/VMA) que doit se situer ce type de travail; si nous décidons de travailler à un pourcentage de VMA optimum autant que la VMA soit réellement...maximale !

Les séances font appel à du fractionné dont l’intensité, la durée et la répétition sont propres à chacun.

Il est fort possible de faire ce genre de travail en nature (c’est même plus agréable) en faisant appel à nos sensations et à notre " ressenti " . L’effort doit alors être réalisé à une allure légèrement supérieure à celle à laquelle on se sent bien ; il s’agit de terminer ‘dans le dur’ la répétition en cours mais de pouvoir repartir à la même vitesse sur la répétition suivante... pas si simple !

La progressivité est évidemment de mise pour ce genre de séances ; comme pour le travail de la VMA vous pouvez consacrer un microcycle de trois semaine (avec une semaine de repos en fin de cycle) au travail de cette filière. Commencez par des fractionnés de type 3x5’ en course à pied pour finir par 2x20’ ou 4x10’.(même genre de travail en vélo) Sur la piste, selon votre niveau, vous pourrez courir des séries de 1500 voire 3000 mètres, toujours en respectant une certaine progressivité ! L’idéal pour les coureurs type ‘courte distance’ est d’arriver petit à petit à fractionner la distance de course. (4x2000, 3x3000 !). En natation, des séries de 400m semblent être un bon début. (3-5x400) La distance peut ensuite évoluer. Il arrive que des nageurs de haut niveau réalisent des 4x1500 ou 6x1000...mais nous n’en sommes pas là, c’est déjà dur à pied alors dans l’eau !

> fin de l'article
 

commentaires


Pas de commentaires pour le moment

Ajouter un commentaire :

Vous devez posséder un compte et être authentifié pour déposer un commentaire.