Ainsi, un coureur de marathon qui n’avait "que" 69,7mL/min/kg de VO2max, arrivait néanmoins à en utiliser 86% sur la durée de l’épreuve pour réaliser 2h08’, et figurer en 1967 parmi les tous meilleurs. (la VO2max des marathoniens de ce niveau se situe généralement autour des 80mL/min/kg !). Voilà donc qu’il est possible d’aller vite longtemps, sans avoir une "cylindrée" hors norme.
La notion de seuil
L’un des tous premiers scientifiques à s’être penché sur le sujet au début des années 80 est le professeur italien Conconi. Pour lui le réel facteur limitant de la performance dans la pratique des sports d’endurance n’est pas la consommation d’oxygène mais bien l’accumulation d’acide lactique qui petit à petit empêche de poursuivre un effort soutenu.
Les tests en laboratoire révèlent effectivement que la production d’acide lactique reste stable jusqu'à une certaine intensité, intensité "critique" au delà de laquelle les lactates ne sont plus recyclés et s’accumulent dans l’organisme. Les progrès scientifiques dans ce domaine ont progressivement permis d’introduire les notions de seuil anaérobie, de seuil ventilatoire, de seuil cardiaque et plus récemment de seuil acido-basique.
Vive les tests de terrain !
Si cette
notion de seuil fait l’unanimité il n’en est pas de même en ce
qui concerne les moyens mis en œuvre pour le déterminer. L’étude
du taux d’acide lactique dans le sang avait permis de déterminer
une valeur critique plus connue sous le nom de seuil à 4 mmol/L.
Cependant, en plus d’être très approximative pour certains
athlètes, cette méthode est également très délicate à mettre en
œuvre en dehors des laboratoires, rendant très compliqué le
suivit des athlètes sur le terrain. L’étude de l’évolution des
gaz respiratoires et plus particulièrement du quotient volume de
CO2 rejeté/ volume d’O2 consommé (R=VCO2/VO2) permet également de
déterminé un seuil critique. Mais là encore, l’utilisation de cet
indicateur sur le terrain est délicate parce que très coûteuse.
(FC) a elle aussi été mise à contribution ; paramètre très
facilement appréhendable, il eût été fort pratique de pouvoir
l’utiliser comme repère du seuil anaérobie. Malheureusement la FC
évolue avec bien trop de facteurs pour être fiable.
Si vous n’avez pas la chance de pouvoir faire de tests en laboratoire et ainsi avoir accès à votre vitesse au seuil anaérobie, il vous reste les tests de terrain. Parmi les plus connus ont en distingue trois qui nous donnent la possibilité d’appréhender un indice de performance concernant notre aptitude à courir vite longtemps.
Le premier consiste à courir, pédaler ou nager le plus longtemps
possible à 100% de votre VMA.
Le deuxième consiste à courir le plus vite possible pendant un
temps assez long (de 12’-test de Cooper- à 30’ voire parfois plus
!). Ensuite reste à calculer le pourcentage de VMA maintenu...
(18,2/20)x100=91% pour un athlète courant 10km en 33’ (18,2km/h)
avec 20km/h de VMA.
Enfin, le test qui consiste à fixer un pourcentage de VMA qu’il
conviendra de maintenir le plus longtemps possible. Pourcentage
proche de 95% pour les courtes distances, proche de 85% pour les
distances plus longues. Cette approche nécessite une définition
claire des objectifs de la saison ; il est évidemment
déraisonnable de vouloir être performant sur un Ironman et une
épreuve courte distance le même mois.
Quelles séances ?
Le travail du temps de
soutien vise à reculer dans le temps l’apparition d’un taux
"critique" d’acide lactique dans le sang, synonyme de frein voire
d’interruption de l’effort soutenu. C’est chronologiquement après
avoir développé la capacité aérobie (VO2max/VMA) que doit se
situer ce type de travail; si nous décidons de travailler à un
pourcentage de VMA optimum autant que la VMA soit
réellement...maximale !
Les séances font appel à du fractionné dont l’intensité, la durée et la répétition sont propres à chacun.
Il est fort possible de faire ce genre de travail en nature (c’est même plus agréable) en faisant appel à nos sensations et à notre " ressenti " . L’effort doit alors être réalisé à une allure légèrement supérieure à celle à laquelle on se sent bien ; il s’agit de terminer ‘dans le dur’ la répétition en cours mais de pouvoir repartir à la même vitesse sur la répétition suivante... pas si simple !
La progressivité est évidemment de mise pour ce genre de séances
; comme pour le travail de la VMA vous pouvez consacrer un
microcycle de trois semaine (avec une semaine de repos en fin de
cycle) au travail de cette filière. Commencez par des fractionnés
de type 3x5’ en course à pied pour finir par 2x20’ ou 4x10’.(même
genre de travail en vélo) Sur la piste, selon votre niveau, vous
pourrez courir des séries de 1500 voire 3000 mètres, toujours en
respectant une certaine progressivité ! L’idéal pour les coureurs
type ‘courte distance’ est d’arriver petit à petit à fractionner
la distance de course. (4x2000, 3x3000 !). En natation, des
séries de 400m semblent être un bon début. (3-5x400) La distance
peut ensuite évoluer. Il arrive que des nageurs de haut niveau
réalisent des 4x1500 ou 6x1000...mais nous n’en sommes pas là ,
c’est déjà dur à pied alors dans l’eau !


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